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Il faut que ça continue à «supermarcher»
Économie 3 min. 16.03.2020

Il faut que ça continue à «supermarcher»

La grande distribution emploie à elle seule près de 12.000 salariés.

Il faut que ça continue à «supermarcher»

La grande distribution emploie à elle seule près de 12.000 salariés.
Photo : Guy Jallay
Économie 3 min. 16.03.2020

Il faut que ça continue à «supermarcher»

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les grandes surfaces sont en première ligne pour assurer le quotidien de plus de l'ensemble des résidents. Mais du responsable du magasin au salarié en passant par le client, chacun a un rôle à tenir pour passer la crise.

La Belgique l'a fait, la France a suivi, les Pays-Bas ont embrayé le mouvement. Le Luxembourg pouvait-il faire autre chose qu'à son tour restreindre l'activité commerciale? Reste que ce choix, annoncé dimanche par le Premier ministre Xavier Bettel (DP), a chamboulé la vie de l'ensemble du pays. «Et voilà les caissières et les personnes chargées de la mise en rayon devenues des héroïnes malgré elles», assume David Angel, secrétaire central OGBL pour la branche commerce. Pas faux.

Mais si les personnels de santé disposent de tout l'équipement nécessaire pour traverser la crise du covid-19 (qui a déjà contaminé 81 personnes et coûté la vie à une dame de 94 ans au Grand-Duché), les petites mains des grandes surfaces sont loin d'être parées de la sorte. Résultat, nombre d'employés travaillant dans la distribution alimentaire sont en panique. Pour eux-mêmes, et pour le virus qu'ils pourraient transmettre à leurs proches sitôt la journée de travail achevée.  «Il est urgent de penser aux caissières, alarment donc le syndicat OGBL et les représentants du personnel. Elles sont en première ligne de l'épidémie avec des centaines de clients à servir et une manipulation fréquente d'argent liquide, potentiellement porteur de l'infection.»

Pour elles d'abord, l'OGBL réclame donc des dosettes individuelles de gel hydroalcoolique, ou des gants. A défaut, un temps de pause régulier («chaque quart d'heure si possible») pourrait leur être accordé pour qu'elles puissent s'assurer un lavage de mains efficace. Et David Angel de rappeler que tout chef d'entreprise a la responsabilité de protéger la santé de ses salariés durant leur activité.

Si les supermarchés qui ont déjà vu nombre de leurs employés partir en congé pour raisons familiales du fait de la fermeture des écoles, ne veulent pas se retrouver avec des personnels absents pour cause de maladie, «il est préférable d'investir dans ces actions rapidement.»

Mais la revendication porte également sur la limitation du nombre d'acheteurs présents, au même moment, à l'intérieur des magasins encore ouverts. L'Italie a déjà pris pareille mesure, afin de limiter la contamination qui pourrait naître d'une grande densité de population en un même endroit. 

«Le gouvernement pourrait fixer une norme type "tant par m2"», estime l'OGBL. A revoir les images du rush des acheteurs, vendredi dernier, dans les grandes surfaces, pari peut être pris que certains d'entre eux sont repartis certes avec un caddie rempli mais avec un covid-19 en prime.

De plus, afin de pallier le manque de personnels qui se fait déjà ressentir dans la grande distribution, pourquoi ne pas limiter les horaires d'ouverture des magasins. De 9h à 18h, par exemple. Cela éviterait d'accueillir le public en sous-effectif ou de demander à des personnels administratifs d'assurer les mises en rayons.

«Il serait bon également que les employeurs se montrent respectueux de leurs personnels dits vulnérables (diabétiques, asthmatiques, en cours de chimiothérapie, etc) et les dispensent de travailler dans ce climat de haute contamination possible », note David Angel. Une humanité qui n'a pas l'air de faire écho dans l'esprit de certaines enseignes, regrette le secrétaire général OGBL.

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