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ICT: Les patrons doivent payer plus
Économie 4 min. 21.02.2017 Cet article est archivé

ICT: Les patrons doivent payer plus

Jean Diederich, entre son vice-président à gauche et l'administrateur de l'APSI, a souhaité que naisse une plateforme bancaire estampillée Luxembourg

ICT: Les patrons doivent payer plus

Jean Diederich, entre son vice-président à gauche et l'administrateur de l'APSI, a souhaité que naisse une plateforme bancaire estampillée Luxembourg
Thierry Labro
Économie 4 min. 21.02.2017 Cet article est archivé

ICT: Les patrons doivent payer plus

Thierry LABRO
Thierry LABRO
Pour attirer les meilleurs talents d'informaticiens, les patrons doivent payer mieux. C'est ce qu'a dit l'APSI, hier, à l'occasion de sa conférence de presse annuelle au cours de laquelle elle a aussi souhaité une plateforme bancaire, labellisée "Luxembourg", pour faire face aux échéances internationales.

par Thierry Labro

"Les banques sont aujourd'hui dans la même situation que l'industrie de la musique au moment de l'arrivée d'iTunes et de la disparition du CD, ou de l'arrivée des plateformes comme Netflix pour l'industrie du cinéma." Pour contrer cela, l'idée de Jean Diederich est simple. Sa réalisation sera beaucoup plus compliquée. 

Le président de l'Association professionnelle de la société de l'information (APSI), organisation patronale de 82 entreprises dans le secteur de l'ICT, a plaidé mardi matin à la Chambre de commerce pour le lancement d'une plateforme bancaire labellisée "Luxembourg", aussi vite que possible.

Aujourd'hui, la banque change. Elle doit s'adapter à l'envie de facilité et de meilleurs services de ses clients. Soit elle a chargé son service informatique de préparer cette révolution, soit elle incube des start-ups dont elle espère une solution (les fameuses FinTech) ou elle finira par acheter un logiciel ou une solution développés à l'extérieur. Toutes ces solutions sont adossées à des API - des interfaces de programmation applicative.

L'an prochain, dans le cadre de la règlementation PSD II, la directive sur les paiements, les API devront être expliquées et rendues publiques, a expliqué M. Diederich.

Amazon et Paypal pourraient être intéressées

Le Luxembourg, deuxième centre mondial des fonds d'investissement et premier centre européen pour la banque privée, "titre souvent disputé par Francfort", aurait tout intérêt, selon lui, à créer une structure, comme un groupement d'intérêt économique, auquel participeraient les principales banques de la place, ou celles qui ont leur quartier général au Luxembourg, pour le développement d'une API qui bénéficie d'un label "Luxembourg" qui assure un haut niveau mondial.

Pour le président des patrons du secteur, même des sociétés comme Amazon ou PayPal pourraient être intéressées par cette plateforme destinée à ajouter de nouveaux services bancaires ou à la rendre plus facile pour le consommateur final. Ce marché des API, sur lequel d'autres économies sont très avancées, devrait peser 2,2 milliards d'euros en 2018.

Un salaire trois fois inférieur au Luxembourg

Derrière cette idée se cache un problème, toujours le même: comment attirer les meilleurs talents informatiques au Luxembourg quand l'université n'en produit encore que 35 par an, selon le président de l'APSI?

Peut-être faudra-t-il se dépêcher d'être créatif sur l'IP Box. L'IP Box, pour boîte sur la propriété intellectuelle, lancée fin 2007 et arrêtée depuis juillet 2016, permettait à des sociétés de créer une structure pour gérer leur propriété intellectuelle, comme les brevets, en bénéficiant d'un régime fiscal très avantageux. C'est à partir de là que le Luxembourg a attiré de nombreuses entreprises, qu'il va falloir garder maintenant que le système est stoppé, sauf pour les sociétés qui étaient établies avant 2016 et qui bénéficient du régime jusqu'en 2021. Tout le monde s'y met, même la Belgique qui a présenté de nouvelles mesures au début de ce mois.

Dans le nouveau dispositif, les sociétés devront démontrer qu'elles ont de la substance au Luxembourg - des bureaux, des ordinateurs et des employés - pour en tirer des bénéfices. Puisqu'on ne peut plus agir sur la fiscalité, pour respecter à la fois les standards européens et le cadre de l'OCDE, il faudra attirer les talents au Luxembourg. C'est là que le patron des patrons de l'ICT propose de mieux les payer. "Aujourd'hui, un développeur gagne 180.000 dollars par an dans la Silicon Valley, quelle que soit son origine, puisque les Chinois forment des milliers d'informaticiens chaque année."

Selon l'étude du cabinet Hays, parue lundi, en Belgique et au Luxembourg, le salaire d'un développeur s'échelonne de 30.000 à 55.000 euros annuels. Hors salaire, il faudra aussi prendre en compte le coût de la vie et notamment de l'immobilier pour rendre le pays attractif aux meilleurs.

Les flagships et quatre rendez-vous

  • La conférence de presse annuelle a aussi été l'occasion d'annoncer la dixième édition des Flagships Awards, remportés l'an dernier par Kneip et pa KYC3. Les candidats ont jusqu'au 21 avril pour se manifester à flagship@apsi.lu et la finale est prévue pour le 4 mai, à la Maison de la Science de Belval, en présence du Premier ministre. 
  • Dans les quatre séminaires qu'elle organisera cette année, l'association n'en a véritablement fixé qu'un, le 30 mars, autour de la plateforme bancaire. Les autres auront lieu le 29 juin, le 28 septembre et le 30 novembre.