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Goodyear s'apprête à redémarrer
Économie 3 min. 31.03.2020 Cet article est archivé

Goodyear s'apprête à redémarrer

Les producteurs de poids lourds sollicitent le fabricant de pneumatiques.

Goodyear s'apprête à redémarrer

Les producteurs de poids lourds sollicitent le fabricant de pneumatiques.
Photo : Shutterstock
Économie 3 min. 31.03.2020 Cet article est archivé

Goodyear s'apprête à redémarrer

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Au plus tôt, l'équipementier de Colmar-Berg reprendra sa production de pneus vendredi 3 avril. La décision se prendra à l'échelle européenne du groupe. En attendant, le site luxembourgeois met la gomme pour protéger les salariés de retour.

Goodyear, 7ème employeur privé du pays, avait annoncé stopper sa ligne de production le 13 mars dernier. Depuis, à Colmar-Berg, seuls quelques-uns des 3.400 salariés s'activaient. Des personnels occupés à la maintenance des machines ou à l'expédition des commandes mais aussi à mettre l'usine en mode covid-19. «Clairement, tant que nous n'étions pas certains que notre organisation avait pu s'adapter au risque de contamination, il était hors de question de rouvrir», indique Jean-Paul Bruck, porte-parole du manufacturier.

Ajoutez à cela un carnet de commandes qui recommence à gonfler, et voilà Goodyear prêt à refaire chauffer la gomme. «Reprendre le travail le 3 avril, au plus tôt, est effectivement un des scénarios à l'étude», indique ce mardi le fabricant de pneumatiques. «Il est vrai que la demande se fait chaque jour (un  peu) plus pressante du côté des clients, assure Jean-Paul Bruck. Les routiers sont toujours opérationnels et réclament des pneus de rechange, et les fabricants de poids lourds réclament de quoi assurer la première monte, alors...»

Mais, coronavirus oblige, l'entreprise doit revoir ses capacités en fonction des effectifs réellement mobilisables. A retirer donc des chiffres les bénéficiaires d'arrêt maladie, du congé pour raisons familiales ou devant rester en chômage partiel. «Mais quelle que soit la date de reprise validée à l'échelle européenne du groupe, nous ne tournerons pas à plein.» Le grand challenge à assurer n'étant pas le volume, mais bien la sécurité sanitaire au sein des diverses parties de l'usine.

A l'accueil, le contrôle de température (déjà en place les semaines passées) restera de rigueur. Même chose pour les entrées et sorties de personnels décalées afin d'éviter tout croisement pouvant faciliter une éventuelle propagation du virus redouté. De plus, la plupart des vestiaires ont été fermés, évitant toute promiscuité. Des marquages au sol ont aussi été posés pour que soient plus facilement respectées les distances de vigilance entre chacun. 


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«Nous envisageons aussi de procéder à des nettoyages au désinfectant des machines entre chaque pause, mais aussi à faire travailler toujours les mêmes personnes sur les mêmes machines», liste le porte-parole. Enfin, Goodyear distribuera aussi plus de masques de protection qu'habituellement, à certains opérateurs. «Il faudra que tout soit au point, de la chaîne de production aux réfectoires», insiste Stefano Araujo, représentant OGBL dans l'entreprise. «Nous ne pouvons pas nous opposer ni à l'arrêt ni au redémarrage de l'usine, mais si problème de santé il devait y avoir, il faut que l'employeur s'engage à tout bloquer immédiatement.» Question freinage brutal donc, comme démarrage sur les chapeaux de roue, Goodyear devra savoir gérer.

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