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FinTech, révolution très rapide
Économie 4 min. 14.01.2015 Cet article est archivé
Les banquiers traditionnels obligés d'anticiper le mouvement

FinTech, révolution très rapide

15.11.12 lancement officiel de "Digicash", solution de paiement mobile, photo : Marc Wilwert
Les banquiers traditionnels obligés d'anticiper le mouvement

FinTech, révolution très rapide

15.11.12 lancement officiel de "Digicash", solution de paiement mobile, photo : Marc Wilwert
Photo: Marc Wilwert
Économie 4 min. 14.01.2015 Cet article est archivé
Les banquiers traditionnels obligés d'anticiper le mouvement

FinTech, révolution très rapide

«FinTech». Il n'y a pas si longtemps, la contraction de «Finances» et «Technologie» pouvait effrayer dans un pays largement tiré par l'industrie bancaire et financière. La révolution va beaucoup plus vite que prévu et les banquiers traditionnels ont bien compris l'intérêt qu'ils pourraient avoir à ne pas se laisser déborder: les initiatives viennent de tous les côtés et les autres places financières ne chôment pas.

Le monde des technologies autour des finances va tellement vite que la vieille définition des FinTech a déjà été remplacée! Exit une «simple» révolution numérique pour tout ce qui concerne les paiements et les opérations de nos quotidiens individuels, bonjour la technologie qui permet non seulement d'opérer ces transactions mais aussi de mettre le nez dans l'industrie des fonds d'investissement.

Ce dernier sujet est largement tabou au Luxembourg, même si tous les directeurs des ressources humaines rêvent en secret d'une technologie qui permettrait d'effectuer tout le travail d'évaluation des fonds pour supprimer le coût humain de ce travail et ses erreurs potentielles. Au point qu'en dehors du Luxembourg, dans le secteur des fonds, on croit déjà détecter des recrutements de développeurs issus de la FinTech et de diplômés du secteur informatique plutôt que du secteur bancaire.

Premier événement 
«FinTech Luxembourg» mardi

Avec un secteur bancaire largement la locomotive de l'économie et probablement pour quelques années encore malgré les coups de boutoir amenés par l'émergence de la responsabilité fiscale et sociale, le Luxembourg ne peut pas échapper à ce mouvement planétaire. Mardi encore, en Corée,le ministre des Finances, Pierre Gramegna, est allé à la rencontre des sociétés du secteur pour les inviter à rejoindre les 150 sociétés déjà implantées au Luxembourg.

Le mot «FinTech Luxembourg» est peut-être prononcé pour la première fois publiquement par un représentant du gouvernement l'été dernier. A l'ICT Spring. En décembre, un compte Twitter @FinTechLux a vu le jour. Au Haut comité de la place 
financière, en charge d'évaluer et d'émettre des propositions sur toutes les questions financières, Nicolas Mackel est spécifiquement en charge de cette problématique. En décembre, on a assisté au lancement de la véritable première plate-forme d'envergure liée à l'échange de bitcoin, Yallet.

Et mardi prochain, à 21 heures, Digicash sera largement à la manette du premier événement estampillé «FinTech Luxembourg». Digicash est à la fois la société poussée par le gouvernement et une des plus anciennes, puisqu'elle a évolué depuis 2010 sur les bases de M-Pulse (2006). Même Restopolis, l'application du ministère de l'Education nationale l'utilise pour payer la cantine. Flashiz (racheté par Fexco) et PayCash ont aussi bénéficié des facilités liées à l'innovation pour se développer.

Mi-décembre, Worldline et sa solution Yoximo ont débarqué à leur tour, spécialisés autour des petits commerçants: ils peuvent ainsi obtenir le contrat le mieux adapté à leurs exigence avec des formules de vente ou de location des terminaux de paiement. Se plaçant en concurrence avec 
Yapital, dont la solution passe par des virements.

La Ville de Luxembourg utilise le P8BYSMS (payez par SMS), mis au point par les opérateurs de téléphonie (P&T, Tango et Orange) et P&T Consulting.

Il y a de très nombreux acteurs et les banques elles-mêmes ont pris la main sur des secteurs entiers 
qui leur semblaient stratégiques pour éviter une désintermédiation. Comme l'opération «MengBank» de la BCEE, qui permet, grâce au travail du Syndicat intercommunal de gestion informatique, de payer les factures émises par sa commune.

Les investissements 
ont triplé en cinq ans

La société suisse Six a ouvert une antenne au Luxembourg et elle est par exemple particulièrement intéressante pour son projet Six Terravis, autour du traitement des opérations hypothécaires.

Il y a de fortes chances de voir se développer des projets autour de l'encryptage et du stockage sécurisé de données, comme le 
coffre-fort SeeZam. Pour l'instant, les tentatives de crowdfunding, le financement participatif ou le 
lending, à destination du financement des entreprises, n'ont pas pris au Luxembourg, le marché étant trop limité, ce qui laisse 
entrevoir l'arrivée prochaine d'un cador européen...

Au niveau mondial, les investissements annuels dans les FinTech se sont envolés de 2008 à 2013, passant de 928 millions de dollars à 2,97 milliards de dollars, selon une étude publiée par Accenture. Ils devraient atteindre entre 6 milliards et 8 milliards d’ici à 2018. En Europe, il a été investi chez deux concurrentes de la place financière luxembourgeoise, Londres et Dublin, autant que dans le reste de l'Europe, selon Accenture. Signe que FinTech Luxembourg va devoir accélérer encore.

Le rapport d'Accenture:


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