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Finance: Le Luxembourg lance la première Bourse "verte"
Économie 1 3 min. 27.09.2016

Finance: Le Luxembourg lance la première Bourse "verte"

Finance: Le Luxembourg lance la première Bourse "verte"

Guy Jallay
Économie 1 3 min. 27.09.2016

Finance: Le Luxembourg lance la première Bourse "verte"

Linda CORTEY
Linda CORTEY
Le Luxembourg Green Exchange est la première bourse au monde à ne proposer que des investissements certifiés verts. Avec cette nouvelle plate-forme, la Bourse de Luxembourg entend devenir le précurseur d’une finance au service de l’environnement.

Par Linda Cortey

Et si la lutte contre le changement climatique devenait un réel enjeu financier ? La Bourse de Luxembourg y croit fortement. Elle a été la première à lister une « obligation verte », un emprunt destiné à ne financer que des projets favorables à l’environnement. Aujourd’hui, elle crée la première bourse verte au monde. La Luxembourg Green Exchange.

Cette plateforme est la première au monde à certifier que les obligations et autres produits financiers qu’elle liste servent réellement à ne financer que des projets environnementaux, dits « verts ».

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Elle répond à une lacune de la finance verte : l’absence de garantie sur son placement. Une des craintes des investisseurs est le « green washing ». Ces investissements qui surfent sur la vague verte  mais qui ne respectent pas la philosophie. La Luxembourg Green Exchange soumet les produits financiers qui veulent être listés à des critères précis.

Les projets financés doivent être 100% verts et ils doivent faire l’objet d’une étude du projet avant le financement et d’un rapport sur les investissements réalisés après le financement.

Un « green advisory board » sera chargé de veiller au respect des critères et une équipe dédiée conseillera les émetteurs pour créer des instruments financiers verts.

La COP21 a changé les mentalités

Les investisseurs y trouveront l’assurance que leurs investissements sont bien réalisés en faveur de projets environnementaux. Les émetteurs y trouveront une vitrine pour mettre en évidence leurs produits verts. « Nous sommes la première Bourse au monde à ériger les meilleures pratiques du marché en critères obligatoires pour être certifié ’vert’. Nous avons placé la barre haut et nous serons stricts car la crédibilité de notre plateforme en dépend», déclare Julie Becker membre du comité de direction de la Bourse de Luxembourg.

Pourquoi lancer cette Bourse maintenant ? Parce que la lutte contre le changement climatique est en passe de passer du simple discours aux actions concrètes. C’est en tout cas ce que croit Robert Scharfe, CEO de la Bourse de Luxembourg (LuxSE). « La COP21 a tout changé », assure-t-il, « car les Etats qui représentent 85% de l’impact sur l’environnement se sont mis d’accord pour prendre des mesures afin que le réchauffement climatique puisse être contenu à 2°c ».

Cet accord est en passe d’entrer en vigueur puisqu’il a presque atteint le quota de ratifications nécessaires. « Il y a de bon espoirs que le quota soit atteint lors de la COP22 le mois prochain à Marrakech ».

Un potentiel de 1.000 milliards de dollars par an

Cet accord devrait donner un véritable coup de fouet aux projets « verts ». Déjà cette année, la Bourse de Luxembourg devrait atteindre un nouveau record avec 100 milliards de dollars d’émission d’obligations vertes. Un record appréciable mais le potentiel est bien plus grand. L’Agence internationale de l’énergie table sur des investissements de 1.000 milliards de dollars par an jusqu’en 2050 pour atteindre l’objectif d’une hausse maximale de 2°C de la température terrestre.

Pour l’instant néanmoins, les investissements verts restent un marché de niche. 10% des 3.500 milliards d’euros gérés par les fonds d’investissement luxembourgeois sont placés dans des instruments servant à financer le développement durable.

La Bourse de Luxembourg liste actuellement 110 obligations vertes issues de 25 émetteurs différents. Et toutes ne respectent pas les critères du Luxembourg Green Exchange.  « Nous lançons cette plateforme un peu tôt mais c’est un risque qui mérite d’être pris », estime Robert Scharfe. « C’est une nouvelle initiative où le Luxembourg peut se démarquer ».

Le patron de la Bourse souligne la tendance de fond qui se dessine depuis deux ans, avec les déclarations de fonds souverains et de grandes compagnies d’assurance sur leur intérêt à privilégier les critères environnementaux dans le choix de leurs investissements. « Une partie des liquidités va se réorienter vers la finance verte ».


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