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Fin de parcours pour Tavola
Économie 3 min. 04.10.2018

Fin de parcours pour Tavola

Tavola opère à Capellen sous le sigle de Cookup solutions, autrefois Comigel.

Fin de parcours pour Tavola

Tavola opère à Capellen sous le sigle de Cookup solutions, autrefois Comigel.
Guy Jallay
Économie 3 min. 04.10.2018

Fin de parcours pour Tavola

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
La société productrice de surgelés de Capellen succombe à la crise de la viande de cheval.

«On ressent de la frustration et une impression d'abandon», témoigne ce mercredi Frédéric Villain, directeur de Tavola, société de l'alimentaire basée à Capellen. La filiale du groupe messin Cookup Solutions a été placée en liquidation par le Tribunal de grande instance de Strasbourg, comme le rapportait hier le journal L'essentiel. Le greffe de la Chambre de commerce spécialisée confirme que le redressement judiciaire décidé le 2 juillet a été converti vendredi en liquidation faute de repreneur pour cette entreprise victime de la crise de la viande de cheval.

Entre 2012 et 2013, Tavola avait fabriqué et commercialisé, par l'intermédiaire de sa maison-mère alors baptisée Comigel, des plats surgelés à partir de viande de cheval (500 tonnes) vendue par son fournisseur Spanghero comme étant de la viande de bœuf. L'affaire avait fait les gros titres des médias européens en janvier 2013. «Bien que victime d’une tromperie (…) la société Tavola a été fortement touchée par cette crise », lit-on dans le jugement rendu cet été.

Fuite des clients

«Les principaux clients de Cookup Solutions ont réduit leurs relations commerciales au point que la société a vu son chiffre d’affaires mensuel diminuer de près de la moitié entre janvier et mai 2013, détaille encore le magistrat français. Les représentants du groupe ont réagi au moyen de restructurations, du personnel et de la dette. La crise est intervenue deux ans après un lourd investissement dans une ligne de production qui permettait de doubler les quantité produites.

Frédéric Villain, arrivé à la tête de l'entreprise en septembre 2013, explique avoir frôlé le succès en 2016 avec un bénéfice opérationnel. Les rapports transmis au registre de commerce (déposé en février 2016 pour les exercices 2011, 2012, 2013 et 2014) révèlent eux une réalité comptable moins rose. Le dernier résultat positif remonte à 2011. Le pire du pire est enregistré en 2012 avec une perte de quasiment 5 millions d'euros.

La facture de Comigel

Le groupe provisionnait alors 7,2 millions en vue d'une «facture à recevoir de la société Comigel relative à la refacturation des coûts encourus suite à la crise de la viande de cheval», lit-on dans le rapport annuel. Des dédommagements étaient alors attendus dans le cadre des procédures engagées contre ses fournisseurs. «Nous avons été mis hors de cause (en termes de responsabilité, ndlr), mais nous n'avons pas reçu d'indemnités», témoigne aujourd'hui M. Villain.

En 2017, une augmentation du prix des matières premières (saumon et viande), «impossible à répercuter sur le client», et une baisse généralisée de la consommation de produits surgelés ont précipité l'ensemble du groupe dans la procédure de redressement. Faute de repreneur et devant une situation financière inextricable, le tribunal de commerce de Strasbourg a demandé la liquidation de l'entité d'ici au 10 octobre. Elle interviendra officiellement quand la direction fera aveu de faillite et que celle-ci sera déclarée. 

Des emplois retrouvés

Frédéric Villain tente de se rassurer. «Plusieurs dizaines de personnes ont retrouvé du travail. Dans une période très compliquée, c'est une petite satisfaction.» Il salue au passage l'ouverture des groupes alimentaires qui comme La Provençale, Luxlait, Panelux ou Grosbusch, «se sont montrés très ouverts».  

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