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Évasion fiscale: Eva Joly alimente le matraquage sur le Luxembourg
Économie 2 min. 21.04.2015

Évasion fiscale: Eva Joly alimente le matraquage sur le Luxembourg

Eva Joly, fer de lance du Parlement européen de la traque aux paradis fiscaux.

Évasion fiscale: Eva Joly alimente le matraquage sur le Luxembourg

Eva Joly, fer de lance du Parlement européen de la traque aux paradis fiscaux.
AFP
Économie 2 min. 21.04.2015

Évasion fiscale: Eva Joly alimente le matraquage sur le Luxembourg

L'eurodéputée écologiste présente ce mardi un rapport sur l'évasion fiscale, rédigé par Christian Chavagneux, dans lequel le Grand-Duché fait figure de mauvais élève.

L'eurodéputée Eva Joly présente ce mardi officiellement «son» rapport sur l'évasion fiscale. Pour «démêler le vrai du faux» à ce sujet, la députée écologiste a sollicité à la rédaction Christian Chavagneux, éditorialiste pour le magazine Alternatives économiques. «Depuis trop longtemps, nous menons une guerre fiscale alimentée par le Luxembourg, la City de Londres, les Pays-Bas ou encore l'Irlande», dit-elle avant de souligner l'ironie de la nomination de Jean-Claude Juncker, «longtemps lobbyiste en chef des paradis fiscaux», à la présidence de la Commission européenne, institution censée représenter l'intérêt de l'union régionale. 

Le rapport fait en somme l'état des lieux de l'évasion fiscale, souligne les menaces qu'elle représente, présente les progrès effectués depuis 2008 et introduit la mise en œuvre d'un nouveau cadre avant de proposer des solutions alternatives. Dans ses dix «propositions pour aller plus loin», Christian Chavagneux propose ainsi notamment d'agir contre «les professionnels du droit et du chiffre».

Le pays le plus cité

Dans ces pages, le Luxembourg est le pays le plus souvent cité. Il l'est 16 fois, contre 10 occurrences pour l'Irlande, 9 pour la Grande-Bretagne ou encore 7 pour les îles Caïmans. D'une manière générale, Christian Chavagneux manque rarement une occasion d'égratigner le Grand-Duché, même quand cela ne s'y prête pas vraiment. Le week-end dernier, il twittait ainsi en oubliant que les multiples fonds d'investissement basés au Grand-Duché (lesquels représentent quelque 3.000 milliards d'euros d'actifs) pourraient investir dans des sociétés françaises.

L'ancienne magistrate et toute récente avocate ne se montre pas plus tendre avec le Luxembourg, juridiction qu'elle stigmatise souvent dans ses prises de parole liées à sa nouvelle activité de traqueuse de l'évasion fiscale. Voyant certainement là un sujet politiquement porteur, l'ancienne candidate des écologistes à la présidentielle française (2,31% des suffrages en 2012), prévoit, en tant qu'avocate, d'user des outils juridiques existants pour mener sa lutte contre les multinationales évitant l'impôt. Eva Joly figurait ainsi parmi les plus fervents partisans de la commission d'enquête LuxLeaks au Parlement européen.

Pierre Sorlut