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Et si Uber finissait par gagner?
Économie 5 min. 19.12.2014 Cet article est archivé
Voitures avec chauffeur

Et si Uber finissait par gagner?

Uber a déjà annoncé qu'il continuerait son développement et réagirait à chaque plainte...
Voitures avec chauffeur

Et si Uber finissait par gagner?

Uber a déjà annoncé qu'il continuerait son développement et réagirait à chaque plainte...
AFP
Économie 5 min. 19.12.2014 Cet article est archivé
Voitures avec chauffeur

Et si Uber finissait par gagner?

Il faut, au moins une fois dans sa vie, avoir été confronté à un chauffeur de taxi très désagréable pour comprendre l'intérêt pour la start-up californienne Uber. Cinq ans après son lancement, elle est au coeur de nombreuses polémiques liées à la résistance... des taxis. Au Luxembourg, pas question de la voir débarquer.

Il est six heures, ce matin d'octobre pluvieux, à Paris. Le taxi en tête de station est occupé à discuter, dit-il. Il refuse de bouger. Le suivant attend déjà un client. Le troisième estime que le déplacement ne vaut pas le coup... qu'il se déplace. Dix minutes plus tard, un chauffeur de VTC – de «véhicule de tourisme avec chauffeur» – , façon Uber, appelé à la rescousse, embarque le client. Tous ceux qui ont régulièrement recours à des taxis pourraient alimenter une encyclopédie en vingt volumes d'anecdotes de ce type.

L'idée d'Uber naît aussi à Paris. En 2008, après la conférence sur le numérique Le Web: Garrett Camp imagine un service qui permettrait à partir de son portable de trouver une limousine dans les parages plutôt qu'un improbable taxi. Aujourd'hui, Uber, qui se décline en trois versions, Uber pour les limousines, UberPop pour les voitures ordinaires avec des chauffeurs «amateurs» et UberTaxi, est potentiellement disponible dans 200 villes de 53 pays. Potentiellement parce que les chauffeurs de taxi font de la résistance, jugent que c'est de la concurrence déloyale et que c'est faire prendre un risque aux clients de confier leur sécurité à des non-professionnels de la route.

Uber contre-attaque 
à Bruxelles

C'est le cas en Allemagne, en Espagne, aux Pays-Bas ou en Norvège. Qu'importe, la société a indiqué qu'elle continuerait à travailler en attendant les plaintes. L'Inde vient de l'interdire après qu'un chauffeur a été impliqué dans une histoire de viol. La Belgique a choisi d'attaquer la start-up sur une autre base: celle de son montage fiscal, assez compliqué.

Cette semaine, la France a annoncé qu'Uber serait interdite à partir du 1er janvier, après la grève pourtant peu suivie des taxis parisiens. Pariant sur la lenteur de la justice, la société a répliqué qu'elle attendait les plaintes pour dénoncer tous les problèmes que pose la loi. Mercredi, le Conseil d'Etat a annoncé avoir définitivement annulé un décret instituant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client, première victoire pour l'américaine... Uber a aussi saisi depuis novembre la Commission européenne contre l'interdiction française pour non-notification à l'UE des modifications des règles du jeu dans ce secteur des services. Dans sa contre-attaque, elle préparerait en outre un programme de formation de 250 heures des chauffeurs en les encourageants à prendre un statut d'autoentrepreneur jusqu'à 1.200 euros de revenus avant de basculer en EURL.

Car Uber, ce n'est pas seulement un concept général. Pour arriver là, ses concepteurs ont pris chaque pan de ce secteur d'activité et pensaient avoir répondu à chaque problème par une solution.

Le problème Uber ne se pose pas au Luxembourg. Outre la taille du marché, nettement plus réduite, les transports publics offrent de nombreuses solutions d'accès assez facile.

Les YellowCabs bousculent 
le marché

Le 9 juillet dernier, deux ans après leur création, les YellowCabs, taxis alternatifs de l'Automobile Club de Luxembourg pour ses membres, ont cessé leur activité avec la conviction d'avoir obligé le législateur à revoir les textes qui régissent l'activité de taxi. Car depuis 2004, les chauffeurs de taxi faisaient ce qu'ils voulaient avec les prix, en pratique, note l'Autorité de la concurrence et «les tarifs se situent entre 30 à 50% au-dessus du niveau de prix fixé à l'époque». Outre les YellowCabs, d'autres initiatives se sont engouffrées dans un flou artistique, comme MyTaxi, autre initiative de l'ACL mais avec la Ville de Luxembourg cette fois ou WebTaxi, joint-venture des Voyages Emile Weber et Benelux Taxi.

La particularité de toutes ces solutions est le respect de la loi: avoir une «autorisation d'établissement» en relation avec une activité de taxi. Selon le projet de loi de 2013, il y a au Luxembourg 480 taxis et 500 chauffeurs environs sous la responsabilité de 150 exploitants. Jusque-là, seules les communes pouvaient en délivrer sauf si l'Etat constatait un besoin manifeste non rempli comme ce fut le cas à Niederanven. Avec la nouvelle loi, c'est l'Etat qui délivrera les fameuses autorisations.

«La future législation tiendra davantage compte des besoins des clients, notamment en vue des tarifs plus avantageux qui en résulteront, et mettra la branche des taxis dans un cadre plus strict, justement afin de réduire le nombre de «moutons» noirs entre conducteurs de taxis (plus de possibilités de contrôle et une procédure de sanction moins compliquée)», avance la porte-parole du ministre des Transports, Danielle Frank. La loi demandera aussi de véritables compétences. De quoi en théorie ne pas avoir à partager le gâteau du transport de passagers en voiture avec de nouveaux acteurs ambitieux.

Uber s'en moque: hier, l'équivalent chinois de Google, Baidu, a annoncé lui apporter 600 millions de dollars pour développer la relation entre les deux sociétés. L'objectif de Baidu est clairement d'aller se frotter à deux géants du secteurs en Chine: Kuaidi Dache (soutenu par Ali Baba, l'Amazon chinois) et Didi Dache (derrière qui on retrouve le géant technologique Tencent). «Vous devez faire les choses différement ici en Chine», s'est amusé le p.-d.g. d'Uber, Travis Kalanick.

Thierry Labro


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