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«Environ 200 emplois seront bien touchés»
Économie 4 min. 18.08.2020 Cet article est archivé

«Environ 200 emplois seront bien touchés»

Pour Guus Boekhoudt, la production de verre au Luxembourg n'est pas déplacée en Pologne

«Environ 200 emplois seront bien touchés»

Pour Guus Boekhoudt, la production de verre au Luxembourg n'est pas déplacée en Pologne
Photo: Gerry Huberty
Économie 4 min. 18.08.2020 Cet article est archivé

«Environ 200 emplois seront bien touchés»

Guus Boekhoudt, le directeur général de Guardian Europe S.à r.l. confirme que la fusion des usines de Bascharage et de Dudelange devrait entraîner des suppressions de postes. Il explique cependant que cette restructuration n'est pas liée à la construction d'un nouveau site en Pologne.

(JFC, avec Marco Meng) - La semaine dernière, le syndicat OGBL indiquait que la société Guardian Industries pourrait se séparer de 201 salariés sur 453 collaborateurs. Une conséquence de la fusion rapide des unités de production luxembourgeoises de Dudelange et de Bascharage, entraînant la fermeture d'un four vétuste dans la Forge du Sud. Guus Boekhoudt, le vice-président exécutif de Guardian Industries et directeur général de Guardian Europe S.à r.l apporte toute la lumière sur ces remaniements.

Confirmez-vous les craintes de l'OGBL?

Guus Boekhoudt - «En effet, je confirme qu'environ 200 emplois seront touchés par la fusion de la production et la fermeture du four à verre flotté à Dudelange. Les négociations sur un plan social s'amorceront en septembre. Mais le four n'est d'ores et déjà plus en activité. Il est important de souligner que nous ne fermerons pas complètement notre usine de Dudelange: son unité de laminage continuera à fonctionner. Nous pensons qu'à l'avenir, il sera nécessaire de disposer d'une usine de traitement du verre flotté au Luxembourg comprenant un four de fusion et une unité de laminage.


illustration  hight tech hightech guardian ,   arbeit, industrie, arbeiter, , photo: Marc Wilwert
201 emplois suspendus au sort de Guardian
Des coupes sombres parmi les personnels des deux sites luxembourgeois seraient envisagées. Le syndicat OGBL vient de tirer la sonnette d'alarme alors que des négociations devraient débuter le 2 septembre.

Le four à verre flotté de Bascharage sera lui aussi bientôt en fin de vie. La production sera-t-elle alors intégralement transférée en Pologne, où vous construisez actuellement une usine?

«Non. Le four de Bascharage n'atteindra la fin de sa durée de vie utile qu'en toute fin 2022. Nous travaillons actuellement sur des plans d'entreprise visant à remplacer l'un des deux fours par un nouvel équipement flambant neuf, soit à Dudelange, soit à Bascharage.

Un tel investissement est donc prévu dans les unités de production au Luxembourg?

«C'est l'idée, en effet. Pour l'instant, je ne peux pas le garantir, car le plan d'entreprise n'est pas basé sur une prévision du marché du verre pour les six prochains mois, mais nous prenons nos décisions en tenant compte des besoins des 15 à 18 prochaines années. Cependant, il n'est pas non plus prévu de fermer complètement l'un des deux sites luxembourgeois. 

En aucun cas, l'usine polonaise n'est appelée à remplacer celle de Dudelange. Croire cela serait une interprétation totalement erronée, car le site de production doit impérativement être situé dans un rayon de 300 à 400 kilomètres autour du client. Il s'agit de la distance maximale à respecter afin de pouvoir transporter le verre de manière économique.


Wirtschaft, Guardian, Luxgard Bartringen, Foto: Lex Kleren/Luxemburger Wort
L'avenir de Guardian au Luxembourg entre parenthèses?
Alors que la période d'utilisation du four de Bascharage arrivera à terme dans deux ans, le producteur américain de verre flotté a indiqué qu'aucun plan d'investissement n'était prévu. De quoi inquiéter les salariés qui tendent déjà le dos depuis l’annonce de la fusion avec le site de Dudelange.

Produire du verre en Pologne pour le livrer ensuite à un client au Luxembourg, à 1.200 kilomètres, n'aurait donc aucun sens, économiquement parlant. L'usine que nous construisons actuellement en Pologne est strictement destinée au marché polonais. 

Cette réduction de l'outil luxembourgeois est-elle due à une surproduction de verre ou aux salaires élevés du Grand-Duché?

«C'est tout simplement dû au fait qu'il existe une surcapacité de production de verre plat en Europe centrale depuis quelques années. C'est la raison pour laquelle il n'est plus nécessaire de conserver deux fours au Luxembourg. Et si, en effet, les coûts de production au Luxembourg sont élevés, il n'en demeure pas moins primordial que le verre soit produit là où se trouvent les clients, car les coûts de transport sont encore plus élevés.

Nous constatons une meilleure reprise en Europe de l'Est qu'à l'Ouest

La situation au Luxembourg est donc intimement liée à l'expansion du marché du verre en Europe centrale...

«Tout à fait. Le marché du verre comporte des segments très spécifiques. Ils peuvent dépendre soit du boom de la construction de grands immeubles de bureaux et commerciaux, soit de la construction de biens résidentiels ou bien encore du secteur automobile. Par exemple, en ce qui concerne le secteur de l'immobilier résidentiel, nous constatons une légère reprise, car les appartements sont de plus en plus souvent rénovés et équipés de vitres modernes. Il existe des tendances positives dans ce domaine.

Quelle est l'influence de la crise du coronavirus sur l'industrie du verre?

«La crise sanitaire change beaucoup de choses. Par exemple, la question se pose de savoir si plus d'espace de bureaux sera nécessaire à l'avenir pour permettre une distanciation sociale entre les employés, ou si les salariés travailleront moins au bureau et plus depuis leur domicile. En ce moment, nos clients sont plongés dans l'incertitude. Ce qui est sûr cependant, c'est que la volonté d'investir dans de nouveaux grands bâtiments est en baisse, ce qui nous inquiète quelque peu. 

Mais nous constatons aussi des différences géographiques, comme une meilleure reprise en Europe de l'Est qu'à l'Ouest. Bref, je dirais donc que mon sentiment est plutôt mitigé pour le moment.»

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20.9. Wi / Guardian Bascharage / Luxguard Bascharage foto: Guy Jallay