Emploi

48% de travailleurs frontaliers en plus d'ici 2030

«Les hausses projetées de l'emploi et de la population seront seulement possibles si les infrastructures nécessaires sont mises en place»
«Les hausses projetées de l'emploi et de la population seront seulement possibles si les infrastructures nécessaires sont mises en place»
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(pso) - Le nombre de frontaliers pourrait augmenter de moitié (48% exactement) dans les 12 prochaines années selon les projections présentées par le Statec ce vendredi. L'emploi frontalier passerait de 181.000 unités aujourd'hui à 268.000 en 2030.

Ces chiffres tiennent compte de la croissance du produit intérieur brut et de celle de la productivité conformément à la nouvelle méthodologie utilisée par les économistes de l'institut national de la statistique.

Dans ses perspectives démographiques, Eurostat «prend seulement en compte les mouvements naturels», a détaillé Serge Allegrezza, directeur général du Statec, lors de la présentation des perspectives dans les bureaux du Conseil économique et social au Kirchberg.

L'emploi intérieur devrait atteindre 570.000 unités

Selon le statisticien en chef, «une population évolue aussi avec l'immigration liée à son attractivité et à sa productivité. Il convient d'associer les approches économiques et démographiques.»

Tablant sur une croissance moyenne annuelle de 3% d'ici 2030, les économistes du Statec prévoient une augmentation de l'emploi intérieur de 36% sur la même période. Il bondirait de 419.000 à 570.000 unités avec un scénario privilégiant une répartition équitable entre emploi intérieur résident et emploi frontalier.

"Pas possible sans les infrastructures nécessaires"

L'attirance des travailleurs étrangers tend toutefois vers une réduction substantielle après 2021. L'afflux annuel passerait d'une quinzaine de milliers de personnes entre 2017 et 2019 à une dizaine de milliers entre 2021 et 2030.

Les travailleurs étrangers sont attirés par des facteurs non économiques, un chômage élevé à l'étranger, une conjoncture favorable au Luxembourg et le revenu disponible par rapport aux pays voisins.

L'attractivité du revenu disponible net dépend de la politique fiscale et sociale, des salaires relatifs (par rapport aux pays voisins). Or, ces tendances économiques ont été modélisées, les contraintes physiques comme les embouteillages et la disponibilité des terrains n'ont pas été prises en compte.

«Les hausses projetées de l'emploi et de la population seront seulement possibles si les infrastructures nécessaires sont mises en place», a nuancé Tom Haas, économiste du Statec.

Vers le million d'habitants en 2060

La population totale passerait, elle, de 576.000 habitants aujourd'hui à 759.000 en 2030. Elle évoluerait entre 996.000 et 1,16 million de résidents en 2060 avec respectivement une croissance du PIB de 0 ou 4,5%. Selon les hypothèses d'une croissance de 1,5 et 3%, la population atteindrait 1,035 ou 1,09 million d'habitants.

Malgré l'immigration, facteur de rajeunissement de la population, le Statec révèle un vieillissement démographique dans le futur. L'âge moyen atteindra entre 44 et 46 ans soit 5 à 7 ans d'augmentation selon les scénarios par rapport à aujourd'hui.

«2060, c'est loin et beaucoup d'incertitudes demeurent» a tempéré M. Haas. Les projections ont par ailleurs «clairement » un caractère «Business As Usual» et à  «politique inchangée», fait valoir le Statec

 Elles reposent sur un modèle de croissance traditionnel dans lequel la stratégie Rifkin, en cours de discussion, n'est pas prise en compte. Celle-ci privilégie notamment une hausse de la productivité par rapport à une croissance par l'emploi.