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Diversification de l'économie: Le Fintech de plus en plus tangible au Luxembourg
Économie 3 min. 24.03.2015 Cet article est archivé

Diversification de l'économie: Le Fintech de plus en plus tangible au Luxembourg

L'avocat spécialisé dans l'ICT, Jean-Louis Schiltz, a mené le débat autour des Fintech lundi soir.

Diversification de l'économie: Le Fintech de plus en plus tangible au Luxembourg

L'avocat spécialisé dans l'ICT, Jean-Louis Schiltz, a mené le débat autour des Fintech lundi soir.
Pierre Matge
Économie 3 min. 24.03.2015 Cet article est archivé

Diversification de l'économie: Le Fintech de plus en plus tangible au Luxembourg

A force d'évocation sans réellement générer d'annonces spectaculaires, le Fintech semblait devenir un vain mot au Grand-Duché. Cependant, la réunion lundi soir de plusieurs ambassadeurs des technologies financières, locaux et internationaux, a laissé pressentir un certain frémissement.

A la conférence organisée lundi soir au siège de la BIL, un prestigieux panel d'invités s'est creusé la tête pour répondre à la question de savoir «ce que Fintech signifiait pour le Luxembourg». Pas facile, sachant que la définition même du concept souffre d'une absence de consensus.

Entendons-nous donc simplement sur son acception la plus large, laquelle rassemble toutes les technologies appliquées aux services financiers, du back au front office. Et le Luxembourg, comme d'autres pays en quête de leviers de croissance, lorgne sur ce vaste pan de marché régissant des coulisses de la banque jusqu'à ses relations avec les clients.

Étaient ainsi réunies route d'Esch différentes parties prenantes à ce secteur auquel on associe déjà 150 acteurs locaux, mais autour duquel on reconnaît aussi qu'il y a plus de bruit que de fruits. 

Un ancien ministre à la baguette

L'ancien ministre luxembourgeois, Jean-Louis Schiltz, l'un des initiateurs de la diversification de l'économie luxembourgeoise par les technologies de l'information et de la communication a ainsi guidé un débat sans représentant local de l'industrie, mais avec des intervenants internationaux parmi lesquels Patrick Griffin de Ripple Labs, une startup californienne envisageant le Grand-Duché pour y installer un bureau, et Tamaz Georgadze de SavingGlobal. 

Tamaz Georgadze, CEO, de SavingGlobal
Tamaz Georgadze, CEO, de SavingGlobal
Pierre Matge

Cette société berlinoise permettant des placements de dépôts internationaux suivant les rémunérations offertes à l'étranger semble allègrement marcher sur les plates-bandes des banques à qui elle pourrait potentiellement confisquer leurs liquidités. Hugues Delcourt, CEO de la BIL, hôte de l'événement et à l'initiative de l'invitation de M. Georgadze ne semble pourtant pas rancunier. Et pour cause. Il lui faut – à lui comme aux autres banquiers – opérer cette transition comme un groupe pétrolier bien informé gérerait celle des énergies renouvelables.

Ainsi, plutôt que de nager contre le courant, Hugues Delcourt envisage de travailler avec des sociétés comme SavingGlobal. De la sorte, il permettrait à ses clients de bénéficier de l'offre du prestataire. Puisque celui-ci met alternativement à disposition sa plateforme, son logiciel et/ou son portefeuille client. Les services de la société dite Fintech peuvent ainsi être inclus dans l'offre bancaire ou encore utilisés dans l'efficacité opérationnelle de la banque. «Ce serait suicidaire de ne pas y accorder d'attention», a ainsi relevé le CEO de la BIL.

Un marché semblable à celui de l'Internet à ses débuts

Pas si simple pour autant de se placer sur un marché semblable à celui de l'Internet au milieu des années 1990, c'est-à-dire peu mature et par conséquent radicalement évolutif. Il convient de miser sur les bons chevaux, les bons outils. Mais on sent un frémissement.

Mario Grotz, chargé de la direction générale Recherche, propriété intellectuelle et nouvelles technologies auprès du gouvernement évoque un projet de SeedFund de 15-20 millions d'euros, monté en collaboration avec l'Université, destiné à venir en complément des financements apportés par les Business Angels. Au Haut comité de la place financière, un groupe de professionnels des services financiers (présidé par Nicolas Mackel) travaille sur le dossier Fintech depuis quelques mois.

Un rapport indiquant la marche à suivre pour dynamiser ce vaste secteur (en fonction des forces en présence) devrait être présenté fin avril- début mai au plus tôt. Laurent Muller, administrateur délégué du groupe portant son patronyme et opérant dans le conseil aux entreprises, propose lui déjà de focaliser l'action sur l'exploitation des données, les paiements mobiles, l'industrie des fonds et les monnaies virtuelles. «Il nous faut construire un écosystème autour de ce que l'on a, avec notamment un incubateur, mais il nous le faut opérationnel rapidement» a-t-il martelé. Les infrastructures sont là. Les compétences, en partie. Si les talents continuent de manquer, la vocation résolument transfrontalière doit être assumée, comme l'a indiqué le représentant de SavingGlobal. Place à l'action donc.

Pierre Sorlut


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