Digitalisation des PME

Un chèque pour entamer une révolution

Les PME luxembourgeoises doivent entamer leur révolution numérique. Le chèque de 5.000 euros doit les y inciter
Les PME luxembourgeoises doivent entamer leur révolution numérique. Le chèque de 5.000 euros doit les y inciter
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par Thierry Labro

L’économie va trop bien. La tête dans le guidon, les 40.000 petites et moyennes entreprises négligent trop souvent la digitalisation de l’économie. Le ministère de l’Economie, via sa secrétaire d'Etat à l'Economie, Francine Closener, a présenté hier matin son nouveau dispositif de soutien à cette transformation de ces entrepreneurs.

Le ministère a réuni la Chambre de commerce, la Chambre des Métiers et Luxinnovation autour d’un plan en quatre axes: sensibiliser aux enjeux, informer des services et aides disponibles, amener ces PME à un diagnostic professionnel et les accompagner lors de la mise en œuvre de cette transformation.

Les deux Chambres, au contact quotidien avec leurs membres, vont se charger de la première partie. Puis – et c’est le cœur du dispositif – à partir de guichet.lu, les entreprises pourront obtenir un «voucher» de 5.000 euros sans perdre trop de temps en formalités administratives. L’entrepreneur pourra financer un diagnostic auprès de Fit4Digital, le programme mis en œuvre par Luxinnovation. La House of Entrepreneurship n'est pas loin pour répondre aux besoins de formation, assure son directeur général, Tom Baumert.

Treize sociétés d'«experts»mais pas les Big Four 

L’agence de promotion économique travaille avec 13 sociétés de consultants qui ont des compétences de terrain, mais pas les Big Four. Et une fois le diagnostic et le plan de bataille établis, en moins de six mois, l’entrepreneur pourra profiter des aides de l’Etat pour s’y mettre. Comme le remboursement de 50% des frais d’expertise liés à cette mise en œuvre ou 10 à 20% des investissements liés à cette transformation.

Les consultants, soumis à un processus de recrutement précis, s'engagent non seulement à rester dans l'enveloppe de 5.000 euros par projet, mais en facturant moins de 850 euros par jour, à rendre leur verdict en moins d'un an et à s'occuper d'au moins quatre dossiers par an.

Deux Chambres, deux séries d'événements 

Luxinnovation a testé son modèle avec dix PME et a déjà des demandes pour 18 supplémentaires et les deux Chambres sont dans les starting-blocks: depuis le début janvier, l’équipe spécifique de la Chambre des Métiers s’est déjà déplacée dans un certain nombre d’entreprises et a déjà pris plus de 300 rendez-vous; elle organisera un certain nombre d’ateliers à partir du 6 février, le premier sera consacré à l’utilisation de smartphones et tablettes au quotidien dans une entreprise. La Chambre de commerce a lancé hier son «Go Digital», qui proposera le 20 mars quatre ateliers en français et en allemand avec des témoignages d’entrepreneurs et des interventions d’experts.

La digitalisation des PME est extrêmement complexe parce que chacune de ces entreprises a ses spécificités, comme l'a rappelé le directeur de la Chambre des métiers, Tom Wirion: «Nos membres vont de celui qui a dix employés et pas de téléphone portable dans l'entreprise à celle qui peut mesurer les caractéristiques d'un toit avec un drone.» 

L'individualisation du conseil doit donc à la fois permettre à l'entrepreneur de frapper à la bonne porte et d'avoir une solution qui soit imaginée pour lui. Idéalement, Fit4Digital a été conçu pour des entreprises qui emploient moins de 250 personnes, qui ont un chiffre d'affaires annuel inférieur à 50 millions d'euros (ou un bilan inférieur à 43 millions), qui sont éligibles aux aides de l'Etat et ont une autorisation d'établissement. 

Pour se renseigner

Guichet.lu le site du ministère qui regroupe tous les dispositifs d'aide et d'accompagnement

Fit4Digital, le site de Luxinnovation qui détaille le programme

GoDigital, le programme de la Chambre de commerce avec les ateliers

eHandwierk, le site de la Chambre des métiers