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Deux poids, deux mesures dans les galeries commerciales
Économie 5 min. 17.06.2020

Deux poids, deux mesures dans les galeries commerciales

Au centre commercial Cloche d’Or, les commerçants ont créé leur association pour c'est peu dire défendre leurs intérêts.

Deux poids, deux mesures dans les galeries commerciales

Au centre commercial Cloche d’Or, les commerçants ont créé leur association pour c'est peu dire défendre leurs intérêts.
Photo : Chris Karaba
Économie 5 min. 17.06.2020

Deux poids, deux mesures dans les galeries commerciales

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Les uns ont réclamé le paiement des loyers, les autres ont préféré reporter quand certains ont définitivement renoncé à encaisser les factures d'avril et mai. Ainsi, chaque gestionnaire de centre commercial a géré à sa façon la relation avec ses enseignes locataires. Tour d'horizon.

L'histoire retiendra que le centre Belle Etoile aura réagi le plus tôt. Dès le 24 mars, alors que le confinement venait de débuter, choix était fait de suspendre le règlement des loyers pour l'ensemble des commerces de la galerie. Comme si le directeur du site avait pressenti les difficultés qui s'annonçaient pour ses 105 protégés. Mi-avril, après deux mois passés rideaux fermés, Manu Konsbruck signait le courrier annulant purement et simplement le paiement de la location des cellules commerciales pour avril et mai.

Une action partagée d'ailleurs par Cactus. Cette fois, c'est sous la signature de son administrateur Laurent Schonckert que les magasins installés dans les galeries du groupe ont appris qu'elles bénéficiaient de la même remise de dette. Un «beau geste» salué jusqu'au directeur de la Confédération luxembourgeoise du commerce, Nicolas Henckes : «Cela va tout à fait dans le sens que nous préconisons: une tolérance de la part des propriétaires. Que ce soient les privés, petits et grands, mais aussi les communes. Mais celles-ci, à l'image de Luxembourg ou Esch, ont vite annoncé qu'elles renonceraient à leurs loyers pour leurs baux commerciaux.»


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Mais, d'une galerie à l'autre, d'un centre à son concurrent, ce n'est pas forcément la même attitude que le gestionnaire des lieux a choisi d'adopter. Et c'est bien ce qui met en rogne la nouvelle association des commerçants du centre commercial Cloche d'Or. Et son président, Konstantin Kiermeier de tonner : «Nous étions déjà loin de l'euphorie des 11 millions de visiteurs attendus, mais cette crise du covid-19 a porté un coup sérieux à nos trésoreries. On s'attendait donc à un geste de la part du gérant. Une annulation qui, hélas, ne vient pas».

Et pour cause, Ceetrus a opté pour «un gel des loyers». Autant pour les 130 enseignes de la Cloche d'Or que les 70 de la galerie Kirchberg que la société administre aussi. Un «report de paiement» difficile à avaler pour nombre de franchisés ou de commerçants à leur compte qui, en tout et pour tout, ont fait zéro euro de recettes deux mois durant. «Une annulation de ces deux mois représente moins pour eux que pour nous, ils auraient pu faire le geste.»

Il va falloir accompagner certaines boutiques

Sébastien Mercier, directeur des opérations Galerie Kirchberg et Centre commercial Cloche d'Or

Pour Ceetrus, le directeur des opérations Sébastien Mercier se défend de mettre le couteau sous la gorge de ses locataires. «Déjà, ne pas exiger les loyers de suite pour la période covid, c'est un geste. Maintenant, nous avons conscience qu'il va falloir accompagner certaines boutiques, sans doute être plus attentifs à nos relations avec les très petites structures qu'avec les grands noms de la franchise. Ainsi, le gestionnaire d'actifs a-t-il prévu d'aller -un par un- rencontrer chaque commerçant pour prendre individuellement des mesures d'accompagnement. Une démarche qui, du côté de l'association des commerçants, est loin de satisfaire : «Au cas par cas, nous préférons une solution globale».

Des tensions liées à la crise, les boutiques du Belval Plaza en connaissent aussi avec la nouvelle société chargée de veiller sur le site d'Esch. Il est vrai que le nouveau gérant venait tout juste de prendre ses fonctions quand l'obligation de fermer les commerces a été décidée... Pas simple comme première décision que de faire une croix sur loyers et charges. Mercredi, une rencontre devrait permettre aux boutiques d'en savoir plus sur l'attitude adoptée au final.

Pour Infinity Kirchberg, le gestionnaire préfère garder le silence autour de la tolérance ou de la gratuité accordée à la vingtaine de boutiques. Cushmann & Wakefield ne serait «pas en mesure de communiquer sur le sujet». Mais sans doute que là aussi, les occupants qui n'ont pris place à l'entrée du plateau que depuis décembre, verraient d'un bon œil l'annulation des loyers et charges d'avril et mai 2020.

Réponse un peu plus polie du côté du Royal Hamilius. Visiblement, cela négocie dur entre Fnac, Delhaize, Galeries Lafayette, Tango et Vincent Beck. Le directeur général adjoint de Codic reconnaissant que des discussions sont engagées entre certains locataires et le bailleur pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire. Reste qu'au cœur même de la capitale, le centre commercial a dû revoir sa stratégie. Ainsi, le restaurant roof-top Manko qui devait s'installer avant l'été repousse son ouverture, tout comme Decathlon qui devrait déposer des affaires dans le building en fin d'année alors qu'un lancement en juin était espéré.

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