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Des syndicats de la Place en pleine «manœuvre politique»
Économie 3 min. 26.11.2020 Cet article est archivé

Des syndicats de la Place en pleine «manœuvre politique»

Pour Roberto Mendolia, président de l'Aleba, la crise sanitaire constitue «une bombe à retardement» pour la Place.

Des syndicats de la Place en pleine «manœuvre politique»

Pour Roberto Mendolia, président de l'Aleba, la crise sanitaire constitue «une bombe à retardement» pour la Place.
photo:Chris Karaba/archive
Économie 3 min. 26.11.2020 Cet article est archivé

Des syndicats de la Place en pleine «manœuvre politique»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Une semaine après la charge de l'OGBL et du LCGB sur l'accord de principe trouvé avec le patronat sur le renouvellement des conventions collectives sur la Place, le président de l'Aleba dénonce la «désinformation» de ses homologues. Avec en toile de fond la représentativité sectorielle.

Loin d'être apaisée, la passe d'arme inédite entre les syndicats de la Place financière se poursuit, de manière larvée. Quelques jours après s'être fendu d'un communiqué qui se voulait conciliant, le président de l'Aleba revient à la charge ce jeudi. Si Roberto Mendolia, dans une interview accordée au Luxemburger Wort, reprend le ton policé utilisé jusqu'à présent, certains mots ne laissent pas planer le doute quant aux tensions en cours entre les trois syndicats.


Le front syndical sur la Place vole en éclats
Dix jours après l'annonce d'un accord de principe entre l'Aleba et les représentants patronaux des banques et des assurances, l'OGBL et le LCGB dénoncent «un cavalier seul» inédit. Le tout, sur fond de remise en question de la représentativité sectorielle.

Accusé par l'OGBL et le LCGB de «faire cavalier seul» suite à un accord de principe avec l'ABBL et l'ACA sur le renouvellement des conventions collectives du secteur bancaire et des assurances, l'Aleba évoque «une désinformation des syndicats nationaux». Pour Roberto Mendolia, «la communication (entreprise par l'Aleba, ndlr) n'a pas été comprise» par ses alliés traditionnels. Et notamment de la part de l'OGBL qui aurait imposé «un no go» sur l'idée même de reconduire le cadre en vigueur actuellement pour les quelque 50.000 salariés de la Place. 

Cette attitude, associée au silence du LCGB, pousse ainsi le président de l'Aleba à estimer «qu'il s'agit tout simplement d'une manœuvre politique». Comprenez la volonté des deux syndicats dotés de la représentativité nationale, à vouloir remettre en cause les décisions du syndicat ayant maintenu sa représentativité sectorielle suite aux élections sociales de mars 2019. Et donc de mettre à mal sa capacité à signer seul une future convention collective. 


Au tour de l'Aleba de monter au créneau
La sortie commune de l'OGBL et du LCGB remettant en cause l'accord de principe trouvé sur le renouvellement des conventions collectives de secteur des banques et des assurances n'est pas du goût du principal syndicat de la Place. Qui dénonce, vendredi, «un déballage médiatique».

Si Roberto Mendolia assure vouloir «envoyer un message de paix» pour «rallier tout le monde autour d'une cause qui est celle du bon sens», il «salue le ministre du Travail qui ne répond pas à [la] question rapidement». En clair, le choix de conserver le statut quo qui bénéficie à l'Aleba dont le score n'avait pas franchi la barre des 50%. Pour mémoire, le syndicat avait obtenu 49,22% des suffrages, contre 31,58% pour l'OGBL et 19,20% pour le LCGB dans le groupe 4.

Une bataille sur fond de tensions sociales liées aux conséquences de la crise sanitaire, définie comme une «bombe à retardement» pour le secteur financier. «Ces derniers jours nous avons reçu des confirmations indiquant que les grands groupes vont licencier encore et que des plans sociaux vont arriver dans les prochains trois à quatre mois», assure le président de l'Aleba. Un discours pourtant en contradiction avec les propos tenus en fin de semaine dernière aussi bien par l'Aleba que l'OGBL qui assurait «ne pas avoir eu vent de quoi que ce soit». 


A Businessman is silhouetted as he stands under the Arche de la Defense, in the financial district west of Paris, November 20, 2012. France said its economy was sound and reforms were on track after credit ratings agency Moody's stripped it of the prized triple-A badge due to an uncertain fiscal and economic outlook. Monday's downgrade, which follows a cut by Standard & Poor's in January, was expected but is a blow to Socialist President Francois Hollande as he tries to fix France's finances and revive the euro zone's second largest economy.    REUTERS/Christian Hartmann (FRANCE - Tags: POLITICS BUSINESS) - RTR3ANMI
Les baisses d'effectifs reprennent dans les banques
Si 2020 apparaît comme une parenthèse, 2021 s'annonce comme une année mouvementée dans le secteur bancaire. Preuve en est les mouvements entamés au niveau mondial et européen des principaux acteurs. Le Luxembourg ne devrait pas échapper à la tendance.

Entre-temps, l'annonce de nouvelles suppressions de postes chez RBC est tombée, dans un contexte marqué par la reprise des réductions d'effectifs au niveau mondial. Raison pour laquelle Roberto Mendolia plaide pour «voir comment sécuriser la Place financière, les conditions et les acquis des salariés». Et selon lui, cela devrait passer par la reconduite de «ce que tous les syndicats ont accepté en 2018». Sauf que ce dernier oublie que la signature des actuelles conventions s'est faite après 18 mois d'intenses négociations et qu'OGBL et LCGB avaient signé à contrecoeur. Un aspect qui semble ressortir aujourd'hui.

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