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Des évaluations voulues «bienveillantes et empathiques»
Économie 3 min. 11.02.2021

Des évaluations voulues «bienveillantes et empathiques»

Appliquées aussi bien dans les banques que dans les cabinets de conseil, les évaluations 2020 devraient être marquées par une plus grande flexibilité et une attention accrue des managers envers les situations personnelles.

Des évaluations voulues «bienveillantes et empathiques»

Appliquées aussi bien dans les banques que dans les cabinets de conseil, les évaluations 2020 devraient être marquées par une plus grande flexibilité et une attention accrue des managers envers les situations personnelles.
Photo: Gerry Huberty
Économie 3 min. 11.02.2021

Des évaluations voulues «bienveillantes et empathiques»

Jean-Michel HENNEBERT
Jean-Michel HENNEBERT
Grande messe annuelle dans beaucoup d'entreprises, les évaluations du personnel s'annoncent plus délicates cette année en raison des effets de la crise sanitaire. Raison pour laquelle certains services RH recommandent une approche plus souple.

Comment évaluer les réussites et analyser les difficultés rencontrées par ses salariés alors qu'une grande partie de 2020 s'est déroulée en télétravail et dans des conditions hors normes? C'est à cette question que toutes les entreprises qui pratiquent l'évaluation de leur personnel devront répondre en ce début 2021. Bien que simple dans son énoncé, l'équation n'appelle pas forcément de réponse aisée, car elle interroge aussi bien les pratiques des salariés que celles de leurs responsables. 


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«Le rôle des managers aujourd’hui est d’accompagner et de guider les collaborateurs, et pas de contrôler comme c’était peut-être le cas dans le passé», reconnaît Veronika Stepanova, Head of Business Partnership au sein de la direction RH de la BIL. En clair, l'évaluation version 2020 ne pourra, de part et d'autre, se résumer à remplir les traditionnelles grilles préformatées, mais devra être une réelle prise en compte des vécus individuels dans une période marquée par de profonds changements professionnels, mais aussi personnels. Qu'il s'agisse du stress lié à la situation sanitaire, à la fatigue générée par une pandémie qui dure depuis près d'un an ou aux conséquences de la réduction des interactions sociales.


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Sans surprise, cette adaptation des critères d'évaluation peut prendre différentes formes. Si certaines entreprises telles que POST ont effectué «une, voire plusieurs révisions des objectifs car les collaborateurs ont eu des priorités qui ont changé et évolué au fur et à mesure de la crise sanitaire», d'autres ont opté pour une autre stratégie. «Pour ces évaluations, nous avons demandé à nos managers d'être personnels (...) mais aussi à ce qu'ils témoignent à leurs collaborateurs encore plus de reconnaissance pour le travail accompli», assure Valérie Frenoy, porte-parole d'ING Luxembourg.


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Et à en croire Susanne Habran-Jensen, psychologue du travail et coach en entreprise, ce type d'approche «bienveillante et empathique» est amené à se développer à l'avenir car «beaucoup de managers estiment que le retour sur 2020 mérite un vrai échange qui peut durer jusqu'à deux heures afin de vraiment analyser ce qu'il s'est passé». Une approche qui permettrait «de marquer les esprits de manière positive», selon la spécialiste qui estime par ailleurs que cette manière de faire «devrait se poursuivre au-delà de la période actuelle et amener à l'essor d'autres types d'évaluation, à l'image de ce qui se passe dans les pays nordiques ou en Amérique du Nord».


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Une référence à l'abandon progressif de la sacro-sainte évaluation annuelle au profit d'un échange plus fréquent et plus court, que ce soit sur un rythme bi-annuel ou trimestriel. Manière pour les services RH et les salariés de percevoir différemment les enjeux de ces entretiens pour éviter de devoir évoquer une seule fois par an les questions de performance, de formation et de rémunération. «Cette évaluation 2020 représente donc une opportunité d'aller plus vers un système plus centré sur les personnes, un peu plus ouvert», analyse Susanne Habran-Jensen en précisant que «le dialogue plus fréquent au sein des équipes ne peut être que bénéfique pour tout le monde, salariés comme managers.»

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