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Des entreprises luxembourgeoises représentées au Web Summit à Lisbonne
Environ 70.000 participants, dont 2.000 start-ups et 1.500 investisseurs à la recherche de partenaires – c'est l'affluence record de l'édition 2018 du Web Summit à Lisbonne.

Des entreprises luxembourgeoises représentées au Web Summit à Lisbonne

AFP
Environ 70.000 participants, dont 2.000 start-ups et 1.500 investisseurs à la recherche de partenaires – c'est l'affluence record de l'édition 2018 du Web Summit à Lisbonne.
Économie 5 min. 10.11.2018

Des entreprises luxembourgeoises représentées au Web Summit à Lisbonne

Environ 70.000 participants, dont 2.000 start-ups et 1.500 investisseurs à la recherche de partenaires – c'est l'affluence record de l'édition 2018 du Web Summit à Lisbonne. Parmi ces participants se trouvent quelques entreprises luxembourgeoises.

Par Marie-Line Darcy

La salle de spectacle où se déroule le Web Summit à Lisbonne a la forme d’une carapace de tortue. Et il est difficile de ne pas penser à une armée de fourmis parties à l’assaut de l’arène pour communier dans un même esprit autour de la haute technologie. Le salon de l’informatique et de la haute technologie rend patient : métro bondé pour se rendre à l’est de Lisbonne au Parc des Nations où se tient le Web Summit, et files d’attente pour accéder à l’enceinte.

Depuis le 6 novembre et jusqu’au 9, quelque 70.000 personnes vont se rendre au salon. Pour, entre autres, y écouter des personnalités du monde entier, de Tim Berns Lee, l’inventeur du WWW, au très attendu vice-président de la gestion de produit chez Google, Tamar Yhoshua, en passant par Suzy Menkes, éditrice de Vogue grande prêtresse de la mode, pour ne citer que ceux-là. Une conférence mondiale où on aborde les thématiques liées à l’univers de l’informatique, ses découvertes, ses applications concrètes et ses implications sociales et philosophiques. Ces conférences sont l’un des «must» du Web Summit. Mais l’attrait pour deux mille start-ups inscrites est ailleurs: au salon proprement dit où les jeunes pousses pourront se faire connaître, trouver des clients ou des investisseurs.

Le système fonctionne puisqu'il y a trois ans le premier Web Summit lisboète (créé en 2010 à Dublin) avait réuni 46.000 personnes. Face au succès, la mairie de Lisbonne a signé un contrat de prolongation de dix ans pour organiser le salon du web: un investissement de onze millions d’euros par an, mais un retour annuel de 300 millions d’euros, dont 30 millions en recettes fiscales.

Une affluence record

Dans les allées des pavillons de la FIL – la Foire internationale qui jouxte l’arène des conférences – l’affluence est à son comble. Les stands des start-ups sont alignés selon leurs catégories, de débutantes à consacrées. La différence réside dans le degré «marketing» atteint par la start-up. La luxembourgeoise Passbolt a créé un coffre-fort électronique pour y ranger tous les mots de passe. Rémy Bertot, cofondateur de la start-up, explique que l’on passe environ une heure par mois à chercher ses mots de passe, à les introduire dans les PC où à les partager. A l’échelle d’une entreprise de 2.000 personnes, c’est une grande perte de production. Rémy Bertot et les quatre autres membres de Passbolt proposent une solution efficace pour la gestion sécurisée des mots de passe. Le jeune ingénieur informaticien de 35 ans est serein: sa petite entreprise de cinq personnes est en bonne voie. Mais bien que classée au niveau «alpha» (start-up ayant déjà un business plan), le dirigeant de la start-up a préféré la ranger au niveau débutant. «Passbolt est sur le point de signer un contrat qui va la pérenniser les prochaines années. Et même si aujourd’hui nous ne sommes qu’au tiers des 25.000 euros de chiffres d’affaires mensuels prévus pour 2019, nous sommes très confiants. Notre idée, c’est plutôt de rencontrer nos clients, pour mieux comprendre leurs besoins et remettre un peu d’humain dans ces échanges», explique le patron de Passbolt devant son stand rose. Tout comme les huit autres entreprises luxembourgeoises au Web Summit 2018, c’est sa première participation.

Créer des synergies

Pour la Chambre de commerce et d’industrie du Luxembourg, partenaire de l’événement, les entreprises du Grand-Duché s’intéressent désormais à cette nouvelle vitrine au bord du Tage pour leurs produits. Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de commerce, explique: «Le Web Summit est immense, avec de nombreux exposants. Il est intéressant de pouvoir offrir une visite ,clefs en main‘ à nos entreprises.

Mais c’est aussi une opportunité pour faire connaître l’écosystème luxembourgeois au reste du monde. Il est en pleine évolution, se diversifie et la création de la ,house of start-ups‘, l’incubateur, inauguré en juin dernier à Luxembourg, le montre bien». Le soutien aux start-ups est davantage logistique que financier, l’objectif étant de faciliter les rencontres. «Nous avons programmé des , b2b ‘ avec des industriels portugais. Il s’agit de créer des synergies. Le Portugal, c’est une très belle ouverture vers l’Afrique, mais aussi le Brésil. De plus, ici, à Lisbonne, il y a de plus en plus de gens qualifiés dans ces secteurs pointus, portugais ou internationaux. Alors que les pays du nord de l’Europe sont en pénurie de main-d’œuvre», ajoute Carlo Thelen.

Dans les pavillons, le bruit est assourdissant: applaudissements des intervenants, animations sur les stands d’entreprises de grande dimension, les allées et venues des visiteurs… la ruche transpire la curiosité. Au stand d'Ujet, Margot Wesolowska a le sourire. La jeune femme et ses collègues sont littéralement assiégés par les visiteurs, les journalistes et même les investisseurs. La start-up luxembourgeoise construit des scooters électriques, uniques en Europe. Les engins high-tech truffés d’électronique et au design moderne attisent l’intérêt. «Nous venons d’entrer dans notre phase commerciale élargie. Et après un salon à Paris au printemps dernier, il nous a semblé indispensable de venir à Lisbonne. L’affluence est telle que nous ne pouvons pas le regretter. C’est un salon très porteur, et fréquenté par notre cible privilégiée: les jeunes urbains, fous de high-tech et passionnés de mobilité. L’idéal pour nous», se réjouit la jeune femme.

Le Luxembourg montre un écosystème en évolution, non plus seulement tourné vers la finance (fintech). Les exposants luxembourgeois se disent ravis des conditions et de l’organisation du sommet du web de Lisbonne. Un petit bémol toutefois, l’affluence record cette année. A ce rythme de progression, le Web Summit va atteindre rapidement les 100.000 visiteurs, soit un cinquième de la population de la capitale. Mais tout a été prévu: le nouveau contrat de dix ans passé avec Lisbonne prévoit l’obligation d’élargir la superficie du salon de l’informatique.

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