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«Des défis d'une envergure inédite»
Économie 3 min. 26.06.2020

«Des défis d'une envergure inédite»

C'est en date du 9 juillet que Pierre Gramegna saura s'il prend ou non la tête de l'Eurogroupe.

«Des défis d'une envergure inédite»

C'est en date du 9 juillet que Pierre Gramegna saura s'il prend ou non la tête de l'Eurogroupe.
Photo: Gerry Huberty
Économie 3 min. 26.06.2020

«Des défis d'une envergure inédite»

Déjà en lice à la fin de l'année 2017, Pierre Gramegna brigue à nouveau la présidence de l'Eurogroupe alors que l'Europe va devoir gérer une récession historique. Rencontre avec le ministre des Finances qui évoque aussi l'impact du covid-19 sur le secteur bancaire et les scénarios de l'après-crise.

(DH avec Nadia Di Pillo)Dernier des trois candidats à la présidence de l'Eurogroupe à se dévoiler, avec la promesse de «rassembler en étant à l'écoute de tous ses collègues», Pierre Gramegna (62 ans) entend «apporter plus de convergence et de consensus» à un moment où l'Europe fait face à «des défis d'une envergure inédite».

En effet, suite à la crise économique générée par la pandémie de covid-19, les Européens peinent à trouver un accord sur un plan massif de relance. Un plan d'action quasiment à l'arrêt lors du confinement et qui a laissé les deux fronts qui s'opposent sur les mesures à adopter face à face. Pour mémoire, quatre pays, dits «frugaux», que sont les Pays-Bas, l'Autriche, la Suède, et le Danemark demeurent très réservés sur ce projet de relance. A contrario, les pays du Sud, Italie et Espagne en tête, les grands bénéficiaires de ce plan qui prévoit un grand emprunt européen, poussent à l'adoption de cette mesure.


German Chancellor Angela Merkel arrives to address a joint press conference with French President Emmanuel Macron, who attends via video link, at the Chancellery in Berlin, Germany, on May 18, 2020 on the effects of the novel coronavirus COVID-19 pandemic. (Photo by Kay NIETFELD / POOL / AFP)
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Dans ce contexte, Pierre Gramegna rappelle, qu'en seulement deux mois, l'Eurogroupe a réussi à mettre sur pied cette aide financière qui représente 540 milliards d'euros. «Cette somme se compose de 200 milliards d'euros que la Banque européenne d'investissement peut donner comme cautionnement aux entreprises, de 240 milliards d'euros que le Mécanisme européen de stabilité a accordé aux Etats membres et enfin de 100 milliards d'euros du système SURE», un système de financement du chômage partiel à travers la Commission européenne.

La situation apparaît inédite mais le ministre luxembourgeois y décèle pourtant «une chance unique pour la zone euro de sortir plus forte et plus unie». A condition, toutefois, de gérer au mieux la sortie de crise, la première de ses préoccupations s'il est élu le 9 juillet.

Pierre Gramegna
Pierre Gramegna
Photo: Gerry Huberty

La crise sanitaire a impacté toute l'économie. Les banques n'y ont pas échappé. Mais, à la différence de la crise de 2008, Pierre Gramegna affirme que les fondements du secteur financier demeurent robustes. «Les banques aujourd'hui en Europe, et sur la place financière luxembourgeoise en particulier, sont beaucoup plus solides qu'il y a douze ans», assure-t-il. Alors, qu'à l'époque, les banques rencontraient des difficultés de liquidité, «ce problème ne se pose pas pour l'instant». 

Et pour preuve de la bonne santé des établissements bancaires, il indique «qu'aujourd’hui les banques sont une partie de la solution de la crise». A ce jour, selon le ministre des Finances, «des moratoires à hauteur de plus de 3,5 milliards d'euros ont été accordés et le taux d’acceptation dépasse 95 %» pour offrir six mois de répit à toutes les entreprises avec «des taux d’intérêts majoritairement entre 1,5% et 3%».


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Par ailleurs, le ministre des Finances est d'avis que les mouvements d'OPA, de rachats et de consolidation vont s'accélérer. De même, «la digitalisation et la finance soutenable, qui étaient déjà des priorités du gouvernement, vont être encore plus importantes aujourd'hui et demain».

Pour rappel, le 9 juillet, les ministres des Finances des 19 pays ayant adopté la monnaie unique devront désigner le successeur du Portugais Mario Centeno à la majorité simple (soit 10 votes pour). L'Espagnole Nadia Calviño (51 ans), l'Irlandais Paschal Donohoe (45 ans) et Pierre Gramegna sont en lice. 

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Lok , Coronavirus , Baustellene wieder offen , Post Gare Jallay/Luxemburger Wort