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Des congés supplémentaires qui coûtent cher
Économie 2 min. 30.04.2019 Cet article est archivé

Des congés supplémentaires qui coûtent cher

Le CEO de l'ABBL, Serge de Cillia et le président, Guy Hoffmann.

Des congés supplémentaires qui coûtent cher

Le CEO de l'ABBL, Serge de Cillia et le président, Guy Hoffmann.
Photo: Guy Jallay
Économie 2 min. 30.04.2019 Cet article est archivé

Des congés supplémentaires qui coûtent cher

Sophie WIESSLER
Sophie WIESSLER
L'instauration de deux jours de congé supplémentaires pour cette année au Luxembourg est loin de faire l'unanimité. L'Association des banques et banquiers a ainsi souligné la perte financière liée à cette nouvelle loi, surtout pour la Place.

Avec l'instauration de deux jours de congé supplémentaires pour cette année 2019, le Luxembourg entre dans le top 3 des pays européens les plus généreux, avec 37 jours non travaillés par an.


Place financière Luxembourg - photo : Pierre Matgé
Débat autour des congés légaux sur la Place
Une semaine après l'adoption à la Chambre d'un jour de repos légal supplémentaire, la question de l'application de la mesure pose question. Notamment dans le secteur financier où l'ABBL et l'ACA regrettent que «la politique de l'arrosoir soit une nouvelle fois utilisée».

Un constat qui est loin de faire l'unanimité. Ainsi, l'Association des banques et banquiers (ABBL), s'est exprimée à ce sujet lundi matin, déplorant le fait que les salariés de la Place bénéficient déjà de davantage de congé que le minimum légal.

L'ABBL a donc proposé que cette nouvelle législation ne soit proposée qu'aux salariés de moins de 50 ans, qui comptabilisent déjà 38,5 jours par année actuellement.

Une proposition qui s'appuie sur le recul de 3% du bénéfice net des banques, tablant à 3,6 milliards d'euros, selon le président de l'association, Guy Hoffmann: la Place serait «profitable mais pas rentable», a-t-il ajouté.

Des congés qui coûtent cher

L’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL) mais aussi la Chambre de commerce appuient cet argument, calculs à l'appui. 

«Nous avons pris pour base les chiffres de 2016: coût du travail, nombre d’équivalents temps plein... Et le résultat est que chaque journée de travail non prestée coûtera 100 millions d’euros aux entreprises luxembourgeoises du secteur privé», explique ainsi Nicolas Simons, économiste à l’UEL, à nos confrères du Paperjam.


Illu - Finanzplatz - Place financiere - Luxembourg - Photo : Pierre Matge
Les syndicats de la Place «déterminés» sur les congés
Quelques jours après la sortie de l'ABBL et de l'ACA dénonçant la mise en oeuvre d'un 26e jour de repos légal «dans des secteurs régis par une convention collective de travail ayant plus de 25 jours», Aleba, OGBL et LCGB veulent «faire entendre raison» aux organisations patronales.

Deux jours de congé supplémentaires coûteraient ainsi 200 millions d'euros pour ce secteur. Une addition salée, «qui ne tient pas compte de l’activité dans l’enseignement privé, la santé ou l’action humaine», ajoute Nicolas Simons.

Le secteur public moins touché

Sans compter les «ruptures au niveau de la production chez certains, des "ponts", mais aussi des pertes au niveau des ventes, des contraintes dans la gestion des stocks et des flux», énumère-t-il.

Selon la Chambre des métiers, 1,36 million d’heures de production seront perdues pour le seul secteur de l’artisanat. Le seul secteur qui s'en sortirait le mieux est celui du public. La fiche financière déposée à la Chambre indique en effet que «le jour de congé n’aura pas d’impact sur le budget de l’État».

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