De plus en plus d'entreprises dans la Nordstad
De plus en plus d'entreprises dans la Nordstad
(JT avec AA) - Des petites entreprises artisanales aux multinationales, plus de 36.000 sociétés étaient établies sur le territoire au 1er janvier 2019. Soit 10.000 de plus qu'il y a dix ans, selon une récente enquête du Statec.
Sans surprise, elles sont concentrées autour de la capitale et la région environnante, avec une croissance notable dans le nord du Grand-Duché. Pour profiter des installations qui se multiplient, les communes se livrent une compétition fiscale acharnée.
Confirmant sa position de leader incontesté, la Ville de Luxembourg tire à nouveau son épingle du jeu dans la course à l'attractivité. En effet, selon une étude publiée en 2018 par le Liser sur le développement territorial, la capitale et la région située entre Bertrange et Contern concentrent à elles seules plus de la moitié des emplois du pays.
A l'opposé du pays, dans l'extrême-nord, les choses bougent aussi. A la frontière avec la Belgique, c'est la commune de Weiswampach qui se démarque. La commune de 1.900 habitants affiche aujourd'hui plus de 4.000 emplois, creusant l'écart avec d'autres villes du nord comme Clervaux ou Wiltz. Un essor qui s'explique notamment par la bonne santé du centre commercial Massen Wemperhardt et l'installation de nombreuses sociétés d'audit et d'investissement.
Selon Henri Rinnen (DP), maire de Weiswampach depuis 1995, ce sont également les prix bas de l'immobilier local et le peu d'obstacles administratifs à l'installation qui ont attiré les investisseurs, en particulier belges et allemands.
Bien que la cadence ne soit pas la même, le moteur de l'emploi tourne également dans la vallée des Sept châteaux. Avec son Ecoparc à Windhof, où 2.000 personnes travaillent, la petite commune de Koerich, située à 15 kilomètres au nord-ouest de la capitale, a créé un bassin économique attractif. Depuis 2009, des centaines de nouvelles entreprises se sont également installées à Sanem et Hesperange.
Si l'emplacement, le prix du terrain et le type d'activité de l'entreprise jouent également un rôle dans le choix du lieu d'implantation, la fiscalité est la clef de la bataille que se livrent les communes du pays pour attirer les sociétés. «Une véritable concurrence existe autour de l'Impôt commercial communal (ICC)», affirme ainsi Antoine Decoville, coauteur de l'étude du Liser sur le développement territorial.
Concrètement, la plus forte densité d'entreprises se trouve dans les communes où l'ICC est le plus faible. Ce n'est donc pas un hasard si la capitale, où des dizaines de milliers d'entreprises se pressent, a les taux d'imposition les plus bas.
Cette compétition communale peut également faire des dégâts, préviennent les chercheurs du Liser. «Lorsque des communes construisent des centres commerciaux au milieu de nulle part, elles créent les problèmes de demain : des centres-villes vides, plus de trafic automobile, une dépendance à l'égard de la voiture et une négligence des écosystèmes», énumèrent Antoine Decoville et Valérie Feltgen.
Quand la création de ces nouvelles zones résidentielles s'accompagne d'investissements insuffisants dans les infrastructures, il en résulte un «accès insuffisant aux écoles, aux centres culturels et autres équipements publics», poursuivent-ils.
Le tableau que dépeint le Statec est néanmoins à prendre avec précaution, l'organe statistique n'intégrant pas les sociétés de type holding, les cabinets d'avocats et autres gestionnaires de fonds de placement dans ses données pour des raisons techniques. Un angle mort de taille, les holdings représentant à elles seules, toujours selon le Statec, plus de 45.000 entités à travers le pays.
