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Quand appli rime avec... anti-gaspi
Économie 4 min. 26.08.2021
Consommation

Quand appli rime avec... anti-gaspi

La jeune entrepreneuse Ilana Devillers a déclaré la guerre aux déchets avec sa start-up F4A. Après une offensive au Luxembourg, elle vise l'étranger.
Consommation

Quand appli rime avec... anti-gaspi

La jeune entrepreneuse Ilana Devillers a déclaré la guerre aux déchets avec sa start-up F4A. Après une offensive au Luxembourg, elle vise l'étranger.
Photo: Alain Piron
Économie 4 min. 26.08.2021
Consommation

Quand appli rime avec... anti-gaspi

F4A s'est imposée tout naturellement auprès de consommateurs luxembourgeois soucieux d'éviter le gâchis alimentaire et désireux de faire des économies. Maintenant, la start-up veut populariser son application à l'international.

(pj avec Thomas KLEIN) Au Grand-Duché, le gâchis alimentaire pèserait 70.000 tonnes par an. Soit environ 124 kg de nourriture par habitant qui finiraient à la poubelle. Et si chaque famille a sa part de responsabilité dans ce gaspillage, les rebuts des supermarchés et autres restaurants constituent le plus gros du volume. Ces établissements devant se débarrasser d'aliments dont la date de péremption est dépassée. Voilà qui a heurté Ilana Devillers, en 2016, alors qu'elle étudiait à Strasbourg.


Santos More, carries bananas at a banana farm.
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Un dîner avec un camarade d'université a suffi. «Après avoir mangé, il m'a mise au défi de deviner d'où venaient les ingrédients du repas. Lorsque j'ai appris qu'il les avait repêchés dans la benne à ordures, j'ai naturellement été choquée», sourit-elle aujourd'hui.

Mais l'idée était née : pourquoi ne pas créer une société qui permettrait d'utiliser plus efficacement ces surplus de nourriture? Parfait pour l'étudiante en droit qui menait aussi un master en entrepreneuriat et innovation à l'Université du Luxembourg.

Situation juridique du secteur alimentaire, réglementations  en matière de santé et de sécurité alimentaire, entretien avec des directeurs de grandes surfaces, questionnaires auprès des consommateurs : Ilana Devillers a avancé pas à pas, avant de lancer la start-up F4A (Food for all) en 2018. Le projet tenant dans une application qui permet aux consommateurs de trouver près de chez eux des aliments dont la date d'expiration est proche et qui bénéficient donc d'une réduction. Moins de gâchis, des économies : que demander de plus?

En trois ans, la société a réussi à consolider ses partenariats avec des enseignes comme Delhaize ou Pall Center. Ils alimentent en permanence l'application avec des données réactualisées et de nouvelles promotions. Huit magasins ont même implémenté une interface faisant le lien entre l'app et leur propre système de gestion des stocks. 

Pour assurer cette collaboration, F4A a su faire preuve de persuasion. Pointant du doigt le fait que ce mode de gestion des invendus de dernière minute servait les intérêts commerciaux des distributeurs. «Et certains directeurs étaient vraiment heureux que nous ayons une solution à leur proposer pour minimiser les quantités de nourriture à jeter», assure Ilana Devillers. Avec l'expérience, l'équipe a même développé un programme permettant aux distributeurs de mieux appréhender l'arrivée en fin de vie commerciale de certains produits, et cela afin de réduire le risque de devoir jeter ces biens.

Désormais, la start-up se considère avant tout comme une entreprise technologique. La preuve : parmi ses 17 employés actuels, neuf sont des programmeurs. Résultat : l'application (gratuite) ne cesse de s'améliorer, notamment en offrant une expérience utilisateur plus personnalisée. Cela correspond notamment à l'envoi de conseils de cuisine ou de recettes en fonction des produits achetés. De quoi ravir les quelque 17.000 usagers de l'application au Luxembourg.  

L'app propose non seulement offres promotionnelles mais aussi des recettes.
L'app propose non seulement offres promotionnelles mais aussi des recettes.
Photo: Alain Piron

A l'avenir, F4A entend se rapprocher des restaurateurs, cantines et hôteliers du pays. Eux aussi pourront faire des offres via l'application avec des aliments ou plats cuisinés dont la date de fin de conservation approche. 

Et même si elle veut encore être discrète sur le sujet, la fondatrice de la start-up reconnaît qu'elle envisage que l'appli trouve son utilité au-delà du Grand-Duché. 

«Le gaspillage alimentaire est un problème partout, non? Nous avons donc une stratégie d'expansion pour les dix prochaines années et souhaitons être présents à long terme sur les marchés américains et asiatiques», avance Ilina Devillers. La faim d'entreprendre ne l'a visiblement pas quittée. 

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