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CNN venue vanter le Luxembourg
Économie 5 min. 15.10.2016 Cet article est archivé
Suite à l'annonce Space Resources

CNN venue vanter le Luxembourg

Interview with Richard Quest (CNN), Foto Lex Kleren
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Interview with Richard Quest (CNN), Foto Lex Kleren
Lex Kleren
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CNN venue vanter le Luxembourg

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
La chaîne info américaine était en tournage ce vendredi à Luxembourg. Son présentateur vedette Richard Quest, rencontré par la rédaction, explique pourquoi.

Interview: Pierre Sorlut

Nous avons rencontré le journaliste de CNN Richard Quest vendredi matin sur le pont du Grund. Avec son équipe, ils effectuaient les premières prises de vue dans le cadre du tournage d'un reportage sur l'initiative gouvernementale d'exploration des astéroïdes. La chaîne info, une référence aux Etats-Unis, s'intéresse aux projets novateurs de la «vieille Europe». Le programme Space Resources initié par le vice-premier ministre Etienne Schneider a attiré l'attention du journaliste américain, lui-même une petite star dans son domaine. Le reportage sera diffusé fin octobre.

Monsieur Quest, vous arrivez de New York pour enquêter sur le Luxembourg. Pouvez-vous nous expliquer la démarche?

Nous réalisons une série de reportages qui s'appelle Europe 2020 et dans laquelle on présente des projets qui paraissent aujourd'hui révolutionnaires. Il est toujours très difficile de traiter de sujets futuristes. Souvent cela paraît comme un reportage naïf sur des gadgets. Alternativement on garde l'impression que cela ne va jamais se produire. Il faut choisir l'histoire qui capte l'imagination, mais qui reste plausible. C'est pourquoi celle de l'exploitation des ressources spatiales nous a paru idoine.

Elle vous a semblé une évidence?

Il fallait peut-être y voir un signe, mais quand l'initiative a été annoncée il y a quelques mois, je travaillais sur le sujet. Donc j'avais une vague idée de ce dont on parlait. Sans cela, cela m'aurait paru étrange. Je pense que plus d'une paire d'yeux ici se sont écarquillées quand cela a été évoqué. Mais il faut suspendre le scepticisme un instant. Dans le cadre d'un autre reportage, nous avons vu hier à Londres, des robots. On a maintenant ces robots qui servent la nourriture. Tu regardes ça et tu te dis, 'houlala ceci est un gimmick' mais il faut suspendre son jugement, car c'est clairement l'avenir. Qu'on aime ça ou non, c'est ce qui va se produire.

Dans quels pays vous rendez-vous pour produire votre série?

Nous allons demain à Stockholm et peut-être nous rendrons-nous en Finlande ou en Islande avant la fin de la semaine pour étudier la société sans liquide, 'comment on fait pour passer la journée sans dépenser un cent, en utilisant les mécanismes cashless?'. Stockholm est à la pointe en ce domaine.

Et dans quelles circonstances avez-vous entendu parler de l'initiative luxembourgeoise Space Resources?

En faisant des recherches tout simplement. Nous cherchions des grandes idées qui ont une chance de se réaliser. Pas seulement des projets de science-fiction, de vraies idées comme ici avec quelqu'un qui montre les muscles derrière. Mon niveau de connaissance scientifique ne me permet pas de juger personnellement la plausibilité de l'initiative, mais les gens qui s'impliquent sont sérieux et clairement dévoués à la cause. Voilà pourquoi on peut y croire.

Le Luxembourg tout seul s'est placé sur la carte et a planté son drapeau.

Que dit-on de l'initiative dans l'industrie américaine de l'espace?

Nous n'avons pas enquêté de ce côté.

Ici, on serait intéressé de savoir ce que les Etats-Unis savent du Grand-Duché?

Vous connaissez déjà la réponse à cette question. Je pense que la plupart des Américains ne pourraient pas placer le Luxembourg sur une carte.

Le Luxembourg des affaires n'est-il pas connu aux Etats-Unis? Même pas pour les controverses?

Pour rester sur cette initiative, c'est très spécifique. Elle cible très précisément quelque chose. Le Luxembourg lui-même a décidé de grandir dans ce domaine. Personne d'autre. C'est le Luxembourg tout seul qui s'est placé sur la carte, qui a planté son drapeau. Après si on parle aux gens dans l'industrie 'est-ce qu'ils connaissent le Luxembourg?', ils arriveront certainement à voir de quoi on parle. Le savoir-faire est peut-être là-bas aux Etats-Unis, mais l'argent est ici.

Les gens qui travaillent dans ce dossier repoussent les frontières. Cela va prendre du temps.

Pensez-vous que le petit Luxembourg a une chance de succès dans l'aventure spatiale face au géant américain?

Il faut se demander quel est le rôle du Luxembourg dans l'histoire. C'est un facilitateur, un initiateur, un coordinateur, un financier. De ce point de vue il n'est pas en compétition avec les Etats-Unis. Il ne va ni construire tous les engins ni les envoyer dans l'espace. Je pense que l'intelligence du Luxembourg est de se positionner à la bonne place de l'architecture du marché.

Connaissez-vous SES?

La société de satellites? Oui. J'ai utilisé leurs satellites à plusieurs occasions. (Il rigole)

L'initiative Space Resources est souvent comparée à celle des satellites dans les années 1980. Est-ce que ça vous paraît pertinent?

Non. (Il sourit) Parce que SES s'est lancé dans une industrie des satellites qui a l'époque était déjà mature. Là nous parlons d'exploration. Le premier engin tentera de ramener de l'eau de l'espace. Je ne suis pas un expert en la matière, mais pour SES on peut dire que le Luxembourg a sauté sur un train en marche. Là c'est complètement neuf. Là, si cela se réalise, les futures générations diront que l'idée du Luxembourg de se positionner de la sorte était géniale. Je pense que je ne le verrai pas de mon vivant, j'ai 54 ans. Quel risque prend le Luxembourg au fond? Presque aucun. Un peu de capital financier tout au plus... Les gens qui travaillent dans ce dossier repoussent les frontières. Cela va prendre du temps. Il faudra 5 ou 7 ans avant de réaliser les premières explorations. Il faudra ensuite rationaliser ces tentatives. Il faudra du temps pour ramener le platine des astéroïdes. Nous serons probablement tous les deux morts.


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