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Cinq nouveautés budgétaires pour aider les entreprises
Économie 5 min. 14.10.2020

Cinq nouveautés budgétaires pour aider les entreprises

Trente fois dans son discours sur l'état de la Nation, Xavier Bettel a cité le mot "entreprise". Des mots transformés en euros dans les propositions budgétaires

Cinq nouveautés budgétaires pour aider les entreprises

Trente fois dans son discours sur l'état de la Nation, Xavier Bettel a cité le mot "entreprise". Des mots transformés en euros dans les propositions budgétaires
Économie 5 min. 14.10.2020

Cinq nouveautés budgétaires pour aider les entreprises

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Le projet de budget 2021 du gouvernement prévoit 21,7 milliards d'euros de dépenses. Une somme incluant les mesures de soutien à l'activité économique mais aussi au développement de l'attractivité des sociétés luxembourgeoises.

Etat-providence, le Luxembourg le deviendra encore plus en 2021. Preuve en est, dans la proposition de budget déposée par Pierre Gramegna (DP), près de 48% des dépenses envisagées par le gouvernement seraient dédiés aux prestations sociales, subsides et subventions dans le domaine social. Mais les entreprises n'ont pas été oubliées dans ce «budget extraordinaire», pour reprendre les mots du ministre des Finances.

1./ Chômage partiel prolongé

Déjà, le Premier ministre a confirmé la prolongation de l'accès au chômage partiel au-delà du 31 décembre pour les sociétés en difficulté. Dans son discours sur l'état de la Nation, Xavier Bettel a bien dit qu'il n'était pas question de renoncer à «l'instrument de stabilisation le plus important» actuellement. Il est vrai qu'en sept mois d'application plus intensive que jamais, la mesure a permis d'assurer 375.196 salaires (soit 807 millions d'euros redistribués). Le dispositif ayant déjà bénéficié à 14.810 entreprises du pays. 

Nul doute que sans le recours massif à ce soutien, le nombre de demandeurs d'emploi dépasserait largement son niveau actuel. A savoir : 18.525 chômeurs pris en charge par l'Adem.

2./ De la marge pour les «secteurs vulnérables»

Délai prolongé, également au-delà de la fin 2020 jusque, pour le Fonds de relance. Ce dispositif avait été spécifiquement créé en mai pour soutenir les secteurs les plus en difficulté. La nouvelle soulagera les cafés-restaurants, les acteurs du tourisme, mais aussi les professionnels de l'événementiel dont le chiffre d'affaires est en berne depuis les premières mesures de confinement. Le fonds (doté jusqu'à présent de 200 millions d'euros) sera relancé jusqu'au 31 mars prochain, «dans les mêmes conditions».

Toujours au bénéfice des «secteurs vulnérables», le Luxembourg pourrait demain lancer une nouvelle aide directe. Pour les sociétés durement impactées par les effets de la crise, l'aide viendrait compenser une partie des coûts supportés. Une condition est d'ores et déjà fixée : que les entreprises en question aient subi des pertes de 30% ou plus de leur chiffre d'affaires. 

3./ Entreprenez donc!

Vive les primo-créateurs! Dans un Luxembourg qui se veut toujours innovant et dans l'esprit start-up nation, le soutien à la création d'entreprises reste une priorité. Comme l'horizon économique est loin d'être dégagé, l'Etat se dit prêt à encourager encore un peu plus celles et ceux qui oseront se lancer. Un nouveau régime sera donc instauré pour les créateurs de société l'an prochain. Pas plus de précision pour l'heure, mais les ministres de l'Economie Franz Fayot (LSAP) ou des classes moyennes, Lex Delles (DP), ne devraient plus tarder à dévoiler les contours du coup de pouce.

4./ Attirer des talents

Oui, le coût de la vie est élevé au Grand-Duché. Oui, la flambée de l'immobilier rend délicat l'accès au logement. Oui, la circulation automobile relève parfois de la galère. Mais oui aussi, le Luxembourg offre encore de belles perspectives de carrière. Seulement, il faut convaincre des atouts du petit pays plus de salariés étrangers encore, au-delà même du réservoir de compétences des frontaliers. D'où le souhait exprimé de réviser le régime fiscal accordé aux impatriés, ces femmes et hommes hautement qualifiés qui font le choix de venir résider et travailler au pays, notamment pour la Place financière.


ILLUSTRATION - Zum Themendienst-Bericht vom 06. Juli 2020: Wer bereits im Vorfeld weiß, dass sein Vorgesetzter einen Konflikt besprechen möchte, kann während der Unterhaltung gelassener bleiben. Foto: Christin Klose/dpa-tmn - Honorarfrei nur für Bezieher des dpa-Themendienstes +++ dpa-Themendienst +++
De plus en plus de résidents «sous-compétents»
Une étude du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) démontre que les compétences pour exercer un emploi sont un élément clé de la compétitivité d'un pays.

En plus des déductions fiscales déjà fixées par convention pour attirer et fixer ces talents, Pierre Gramegna compte mettre en place une prime d'impatriation fiscalement avantageuse. Un avantage qu'un impatrié pourra obtenir de la part de son employeur pendant un maximum de 8 ans. 

5./ Primer, c'est conserver

Pour attirer et garder des compétences à leur service, le gouvernement propose d'instaurer dans les entreprises qui le souhaitent la prime participative. Par ce biais, un salarié pourrait participer, avec des avantages fiscaux, au bénéfice de l'entreprise qui l'occupe.

Cette fois, le Premier ministre a déjà dévoilé les contours de la réforme : «Cette prime, exonérée d'impôts à hauteur de 50%, serait néanmoins limitée. D'une part, l'entreprise ne peut pas verser plus que 5% de son bénéfice à cet effet (l'entreprise doit donc être profitable et payer des impôts). D'autre part, la prime ne doit pas dépasser 25% du salaire annuel du salarié».

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