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Chez les gros employeurs: Pour les Big Four aussi c'est la rentrée
Économie 5 min. 17.09.2015 Cet article est archivé

Chez les gros employeurs: Pour les Big Four aussi c'est la rentrée

L'Induction day d'EY à la chambre de Commerce, cette semaine

Chez les gros employeurs: Pour les Big Four aussi c'est la rentrée

L'Induction day d'EY à la chambre de Commerce, cette semaine
Anouk Antony
Économie 5 min. 17.09.2015 Cet article est archivé

Chez les gros employeurs: Pour les Big Four aussi c'est la rentrée

Les grands cabinets d'audit ouvrent traditionnellement peu leurs portes lors d'événements internes. Le «Luxemburger Wort» a néanmoins humé le parfum de rentrée lors de la journée d'intégration de l'un d'entre eux.

Ernst & Young Luxembourg a accueilli en ce début de semaine à la Chambre de Commerce quelque 160 nouveaux collaborateurs, issus de 50 nationalités différentes. Et pour cette journée d’intégration, la société d’audit a fait les choses en grand.

La présence de huit partners, les présentations d’Alain Kinsch managing partner d’EY Luxembourg, d’Olivier Lemaire Associé People Leader, ainsi que l’intervention de Véronique de la Bachelerie administrateur délégué de SGBT Luxembourg en «guest star», ont permis aux nouveaux employés d’appréhender leur nouvel environnement de travail, de faire connaissance avec leurs nouveaux collègues et de découvrir les fondamentaux de la vie économique du Grand-Duché.

"Un cinquième cycle" selon Kinsch

Une entreprise comme EY représente pratiquement un cinquième cycle de formation pour les étudiants, ce qui implique que nous investissons beaucoup dans la formation permanente », a précisé Alain Kinsch.

Lors de son intervention le managing partner a évoqué différents aspects de l’entreprise, tant techniques que relationnels. Alain Kinsch a également parlé de la culture d’entreprise et a souligné les bons moments qu’ils allaient vivre ensemble, sans occulter l’investissement nécessaire dans le travail. «La vie est faite de joies et de réussites, mais aussi de frustrations. Il en va de même dans une entreprise!», a prévenu Alain Kinsch. 

Faire découvrir l'ADN

Olivier Lemaire a rappelé que cette journée d’intégration était organisée une fois par an et qu’elle était suivie de plusieurs semaines de formation. «L’objectif de cette journée est de faire découvrir l’ADN d’EY et ainsi prendre connaissance de la culture de l’entreprise basée sur l’entrepreneuriat, l’expertise technique et l’aspect global et mondialisé d’EY», explique-t-il. A ce jour EY Luxembourg emploie 1.150 personnes.

Les nouveaux arrivés apprécient la communication. Hélène, précédemment entrepreneure dans le domaine de la communication et du marketing, fait remarquer qu'elle n'avait jamais été accueillie de cette manière par un employeur. «C’est une très bonne façon de prendre contact avec l’entreprise et de découvrir ses nouveaux collègues», estime-t-elle. Anne Sophie, tout en appréciant le déroulement de la journée, attend d’en savoir plus sur EY pour adapter son comportement à son nouvel emploi.

"Curieux de voir la suite"

Remy Baptiste qui arrive en stage dans l’entreprise est particulièrement intéressé par l’accompagnement offert aux collaborateurs pour leur permettre d’évoluer dans leur vie professionnelle. «A cet égard, il me parait très intéressant de commencer sa carrière par EY», souligne-t-il. Pour sa part, Moussa est curieux de savoir ce que l’entreprise attend de ses collaborateurs. Tous ont en tout cas semblé apprécier la communication mise en place lors de cette journée d’intégration.

Et chez les autres Big Four

Les chiffres d'embauches de jeunes diplômés peuvent donner le tournis. Tout le moins à l'échelle luxembourgeoise. 240, 160 et 230. Voici combien de nouvelles recrues fraîchement sorties des études, les autres firmes du Big Four (respectivement Deloitte, KPMG et PwC) accueilleront entre la fin septembre et le début octobre.

Mais comparer les montants ne fait pas vraiment de sens. Ce qui importe surtout, c'est le turnover pratiqué par ces cabinets où il apparaît presque évident pour un jeune diplômé d'école de commerce ou de gestion de faire ses premiers pas. Les groupes rechignent traditionnellement à communiquer le nombre de personnes qui partent et arrivent. Certaines ont bien voulu s'y risquer et parlent d'une proportion entre 20 et 30 % en précisant que le chiffre était en ligne avec la moyenne du marché et qu'il dépendait du contexte économique général.

Des règles du jeu connues de tous

Les règles du jeu sont de toute façon connues des deux côtés, chez l'employeur et l'employé. Pour Rebecca Lehmann, directrice des ressources humaines chez Deloitte, les jeunes diplômés y trouvent leur compte. Ils acquièrent dans la firme des formations, de l'expérience et une rigueur professionnelle. «Nombre d'entre eux considèrent Deloitte comme un tremplin pour leur carrière et le départ d’une partie est intégré dans le modèle stratégique de la firme», indique la DRH. «Par ailleurs, nous maintenons des liens forts avec ceux qui ont choisi de quitter la firme pour d’autres sociétés ou entités du réseau dans le monde» précise-t-elle.

Du pain bénit pour la firme

Pour la firme, cette main d'oeuvre qualifiée fait figure de pain bénit tant celle-ci donne cœur à l'ouvrage pour faire ses preuves. Les cabinets d'audit y voient également un réservoir de jeunes talents dans lequel elles n'hésitent pas à puiser pour alimenter la hiérarchie. Mais cela a un coût. La DRH doit travailler à plein régime durant toute l'année pour chasser dans les universités et des formations doivent être organisées une fois les jeunes recrutés. Chez PwC, on estime qu'au «cours de leur première année, ces jeunes talents bénéficient de plus d’un mois de formation».

L'événement de rentrée ne représente que la partie émergée de l'iceberg, mais génère – pour un temps au moins – un sentiment d'appartenance. «Afin qu’ils se sentent à l’aise dès les premières heures, ils sont chaleureusement accueillis par notre managing partner, Georges Bock. Ils suivent ensuite un programme de formation complet combinant les aspects techniques et soft skills selon leur nouveau métier», témoigne Géraldine Hassler, directrice des ressources humaines chez KPMG. Chez Deloitte, les jeunes diplômés ont eux le plaisir de se former une semaine en Turquie cette année.

Gérard Karas et Pierre Sorlut


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