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Ce que propose le syndicat Aleba pour les futures élections sociales
Économie 5 min. 23.11.2018 Cet article est archivé

Ce que propose le syndicat Aleba pour les futures élections sociales

Le secrétaire général de l'Aleba, Laurent Mertz.

Ce que propose le syndicat Aleba pour les futures élections sociales

Le secrétaire général de l'Aleba, Laurent Mertz.
Guy Jallay
Économie 5 min. 23.11.2018 Cet article est archivé

Ce que propose le syndicat Aleba pour les futures élections sociales

Nadia DI PILLO
Nadia DI PILLO
Lutter contre l'outsourcing, négocier une convention collective pour les fonds d'investissement, instituer le temps partiel en tant que droit... L'Aleba dévoile son programme pour les élections sociales du 12 mars 2019.

A quelques mois des prochaines élections sociales, le plus grand syndicat de la place financière livre ses propositions en matière d'emploi, de contrats collectifs, de mieux-être ou encore d'équilibre vie privée-vie professionnelle. Il entend ainsi présenter des engagements concrets à travers cinq grands thèmes déclinés en de très nombreuses mesures.

«C'est un programme ambitieux sur le plan national et local, qui a fait l'objet de beaucoup de réflexions du côté de l'Aleba et de ses organes dirigeants. Il est à notre sens extrêmement concret» commente le secrétaire général de l'Aleba, Laurent Mertz.

Digitalisation et formation

Le premier chapitre est consacré à l'emploi. Le syndicat, disposant de la représentativité sectorielle dans le secteur financier, entend défendre sans concession l'emploi dans le secteur financier en luttant contre l'outsourcing. «Il y a beaucoup de discussions au sein des entreprises – que ce soit au niveau du secteur informatique ou d'autres services bancaires – concernant le transfert d'une partie du personnel dans d'autres firmes, alors qu'il n'y a pas toujours de garantie de protection dans ces entreprises», explique le président de l'Aleba Roberto Scolati.

Dans le même temps, le syndicat réaffirme son opposition aux conventions d'entreprises qui sont «de plus en plus nombreuses» à être négociées dans les banques et qui, selon le syndicat, visent à «contourner la législation sur les plans sociaux, les licenciements collectifs et les contrats multiparties».

Le syndicat veut s'assurer que chaque salarié ait un droit à la formation, continue ou de reconversion, conformément à ce qui a été retenu dans la convention collective du secteur bancaire signée en juillet dernier.

«Les défis de la digitalisation bouleversent le monde du travail et le numérique continue à apporter des changements dans nos vies privées et professionnelles, ce qui fait que nous allons nous retrouver dans une situation que l'humanité n'a jamais connue jusqu'alors. Cette nouvelle révolution exige de tous les salariés de s'adapter aux nouveaux visages du marché, mais pour cela il faudrait aussi que le salarié puisse disposer de réels moyens pour maintenir son poste, respectivement pour se former afin de réduire les écarts entre les compétences qu'il a déjà acquises et celles qui sont encore nécessaires pour pouvoir prétendre à une bonne employabilité», déclare le responsable juridique Safouane Jaouid.

L'Aleba veut ainsi permettre aux salariés d'accéder à un panel de formation qui «prenne en compte les besoins réels des salariés» et qui «ne se limite pas uniquement aux formations obligatoires». Elle désire aussi que l'employé puisse connaître au préalable le montant alloué par année pour les formations.

Les fonds d'investissement aussi

Parmi les principales mesures proposées par l'Aleba on trouve notamment la négociation, pour le secteur des fonds d'investissement, d'une première convention collective de travail inspirée de celle des banques. «Le Luxembourg est fier d'être un leader mondial en matière de fonds d'investissement et l'Aleba s'étonne que ce secteur ne soit pas mieux encadré, respectivement qu'il n'y ait pas de convention collective de travail digne et attractive», affirme Safouane Jaouid.

Pour l'Aleba, il importe de «ne pas oublier les anciens salariés du secteur des banques et assurances qui ont migré vers les fonds d'investissement pour permettre à ce secteur d'être l'un des plus dynamiques de l'économie luxembourgeoise». Pour l'Aleba, «il reste inconcevable que ces salariés du secteur des fonds d'investissement ne puissent pas bénéficier des avantages dont ils avaient l'habitude auparavant.»

D'une manière générale, le syndicat estime nécessaire d'élargir le secteur financier aux fonds d'investissement, aux cabinets de conseil ainsi qu'aux professionnels du secteur financier (PSF). «Le secteur financier doit être traité comme un seul secteur. Il n'est pas correct que les entreprises qui peuvent être considérées comme faisant partie du secteur financier comme les PSF, les fiduciaires, les cabinets d'avocats ou les Big Four ne soient pas dans la nomenclature qui considère qu'elles soient comprises dans le secteur financier.»

Dans le même temps, l'Aleba propose de négocier pour les actuels salariés «hors convention» ou faux cadres (estimés à plus de 10.000 salariés), la mise en place d'une convention collective.

Sport et transports en commun

L'Aleba souhaite en outre lutter contre le mobbing dans le secteur financier et faire reconnaître le burn out comme maladie professionnelle. Parmi les propositions innovantes, on notera la volonté de faire reconnaître la pratique d'un sport durant les heures de travail comme temps de travail.

Enfin, l'Aleba propose de discuter de la prise en charge intégrale des frais de transport en commun par l'employeur. «On ne va pas imposer cela en tant que tel. Nous notons juste que l'utilisation des transports en commun progresse tout comme l'offre. Elle sera la solution au problème de mobilité et c'est pourquoi nous demandons qu'au niveau de chaque entreprise il y a ait une discussion sur la prise en charge intégrale voire partielle des frais des transports en commun par les directions», déclare Laurent Mertz, qui estime qu'«il y a aussi une responsabilité au niveau des entreprises» de s'engager en faveur de la mobilité verte.

Temps partiel et télétravail

Dans un projet qui se veut pragmatique, l'Aleba propose d'instituer le temps partiel en tant que droit, de soutenir toutes les initiatives qui visent la nouvelle employabilité, à savoir le télétravail, le travail à distance, la flexibilisation des horaires ou encore la gestion des âges en entreprise.

Le syndicat propose de renforcer le droit au congé parental et au congé sans solde et assure qu'il faut «institutionnaliser le don de congés pour enfants gravement malades ou pour des proches aidants». Le syndicat propose enfin de promouvoir davantage la parité femmes-hommes dans les organes de représentation du personnel.

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