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Carlos Ghosn de nouveau inculpé au Japon
Économie 4 min. 22.04.2019 Cet article est archivé

Carlos Ghosn de nouveau inculpé au Japon

Carlos Ghosn de nouveau inculpé au Japon

Photo: AFP
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Carlos Ghosn de nouveau inculpé au Japon

Carlos Ghosn, magnat de l'automobile déchu, a été de nouveau inculpé ce lundi au Japon pour des accusations de détournement de fonds de Nissan. Il a aussitôt déposé une demande de libération sous caution.

(AFP) – Le tribunal de Tokyo a confirmé cette quatrième mise en examen de l'ancien PDG de Renault-Nissan, pour abus de confiance aggravé, à l'issue de sa garde à vue, ce qui déclenche une nouvelle période de détention provisoire. Par la voix d'un porte-parole, M. Ghosn s'est dit «innocent», promettant de «se défendre vigoureusement contre ces accusations sans fondement».


This picture taken on March 6, 2019 shows former Nissan Chairman Carlos Ghosn leaving his lawyer's office in Tokyo. - Nissan shareholders are expected to eject Carlos Ghosn from its board on April 8, as the detained former chairman fights multiple charges of financial misconduct that have landed him in custody. (Photo by Kazuhiro NOGI / AFP)
Carlos Ghosn révoqué après 20 ans de règne
Les actionnaires de Nissan, réunis lundi à Tokyo, ont voté la révocation du mandat d'administrateur de Carlos Ghosn, coupant ainsi tout lien avec celui qui a sauvé et dirigé le groupe pendant près de deux décennies et se trouve aujourd'hui en prison.

Depuis sa ré-arrestation le 4 avril à son domicile de Tokyo, un mois à peine après avoir quitté la prison, l'illustre suspect de 65 ans était interrogé sur des transferts d'argent émanant du groupe nippon à un distributeur de véhicules du constructeur à Oman. Au total, 5 millions de dollars parmi les fonds transférés ont été utilisés à des fins d'enrichissement personnel, selon le bureau des procureurs.

Carlos Ghosn est à nouveau incarcéré au centre de détention de Kosuge au nord de Tokyo.
Carlos Ghosn est à nouveau incarcéré au centre de détention de Kosuge au nord de Tokyo.
Photo: AFP

Le 8 avril, les actionnaires de Nissan, réunis à Tokyo, avaient voté la révocation du mandat d'administrateur de Carlos Ghosn, coupant ainsi tout lien avec celui qui a sauvé et dirigé le groupe pendant près de deux décennies et se trouve  en prison.

«Une faute totalement inacceptable»

La décision de renvoyer M. Ghosn devant le tribunal a été prise «après avoir réuni suffisamment d'éléments pour obtenir un verdict de culpabilité», a déclaré le procureur-adjoint, Shin Kukimoto, lors d'une conférence de presse. Dans un communiqué, Nissan a annoncé une action en justice, «réclamant des sanctions d'une sévérité appropriée» face à «une faute totalement inacceptable».

Ce qui aurait dû se régler en conseil d'administration est devenu une affaire judiciaire.


Carlos Ghosn à sa sortie de la prison de Kosuge ce mercredi matin.
Carlos Ghosn verse 8 millions et sort de prison
Carlos Ghosn, patron déchu de Renault et Nissan, a été libéré mercredi de la prison de Kosuge à Tokyo, après plus de 100 jours passés en détention sur des accusations de malversations financières.

De l'avis des experts, il s'agit des éléments les plus graves reprochés à M. Ghosn à ce jour, cinq mois après l'interpellation initiale qui a scellé sa chute, le 19 novembre dans la capitale japonaise.

D'après des sources proches du dossier, la somme qui aurait été détournée a été injectée via une société au Liban dans un fonds contrôlé par son fils Anthony aux Etats-Unis, Shogun Investments LLC. Une partie de cet argent aurait également contribué à l'achat d'un luxueux bateau, d'un coût de 12 millions d'euros, baptisé «Shachou» (prononcer "shatchô", patron en japonais).

Appel à Trump

L'épouse de Carlos Ghosn a été entendue à ce sujet par la justice japonaise, en tant que dirigeante de la compagnie «Beauty Yachts», enregistrée dans les Iles vierges britanniques, qui a effectué la transaction. Carole Ghosn avait déjà pris la parole depuis le début de l'affaire pour dénoncer les conditions de détention de son mari mais elle a accentué son offensive médiatique ces dernières semaines, en appelant aux plus hautes autorités politiques.

D'abord rentrée en France, sous le choc de l'arrestation de Carlos Ghosn à l'aube «par plus d'une dizaine de membres du bureau des procureurs», elle a adressé un message au président Emmanuel Macron. Puis, après un aller-retour express à Tokyo pour son audition par les enquêteurs, elle est partie aux Etats-Unis dont elle détient la nationalité, demandant cette fois à Donald Trump d'intervenir.

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, doit rencontrer les deux chefs d'Etat cette semaine au cours d'une tournée dans six pays, en amont de l'organisation du G20 dans l'archipel.

«La vraie histoire»

«Des courriels révèlent la vraie histoire (...): le ministre japonais de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (Meti) travaillait avec des dirigeants de Nissan pour bloquer la fusion de Nissan et Renault souhaitée par Carlos et préserver l'autonomie de Nissan à tout prix», assure Carole Ghosn dans une tribune publiée mi-avril par le Washington Post.

«Ce qui aurait dû se régler en conseil d'administration est devenu une affaire judiciaire». Une théorie du «complot» martelée par Carlos Ghosn depuis le début. Le naguère tout-puissant PDG, qui a hissé Renault-Nissan-Mitsubishi Motors au sommet, avait déjà été inculpé deux fois pour déclarations inexactes de revenus sur les années 2010 à 2018 et une autre fois déjà pour abus de confiance.


Nissan affirme que Carlos Ghosn «a reçu une rémunération totale de 7.822.206 d'euros.
Nissan réclame son dû à Carlos Ghosn
Nissan, à l'origine de l'enquête qui a fait tomber le tout-puissant Carlos Ghosn, veut récupérer ce qui lui a été «volé», à commencer par plusieurs millions d'euros qui ont été, selon le constructeur japonais, indûment versés à son ex-patron via une filiale néerlandaise.

Il est notamment accusé d'avoir tenté de faire couvrir par le constructeur des pertes sur des investissements personnels lors de la crise de 2008. M. Ghosn avait été relâché le 6 mars après 108 jours dans le centre de détention de Kosuge (nord de Tokyo) - où il est de nouveau incarcéré - moyennant le versement d'une caution d'un milliard de yens (8 millions d'euros).

Il avait été assigné à résidence, contre l'avis du parquet, car le tribunal avait alors écarté les risques de destruction de preuves et de fuite. Une situation qui n'a, selon ses avocats, pas changé. Le principal d'entre eux, Me Junichiro Hironaka, s'est dit lundi confiant dans une libération de son client, «afin de préparer une bonne défense» pour le procès, attendu dans plusieurs mois.


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(FILES) This file photo taken on May 11, 2012 shows the-president and CEO of Japanese auto giant Nissan, Carlos Ghosn, gesturing as he answers questions during a press conference at their headquarters in Yokohama, suburban Tokyo. - Former Nissan boss Carlos Ghosn said on January 8, 2019 he had been "wrongly accused and unfairly detained" at a high-profile court hearing in Japan, his first appearance since his arrest in November rocked the business world. (Photo by TORU YAMANAKA / AFP)