Brexit

Bettel défend ses services financiers auprès de Barnier

4.4.2017 Luxembourg, ville, Xavier Bettel et Michel Barnier, visite de Michel Barnier photo Anouk Antony
4.4.2017 Luxembourg, ville, Xavier Bettel et Michel Barnier, visite de Michel Barnier photo Anouk Antony

(pso) - Face au négociateur en chef Michel Barnier, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a insisté ce mardi sur le maintien d'un cadre réglementaire commun et la non-sélectivité des libertés dans le cadre des négociations avec le Royaume-Uni pour sa sortie de l'UE. «Le level playing field reste la position la plus importante et il n'y aura pas de cherry picking», a insisté le chef de l'exécutif devant l'hôtel de Bourgogne avant d'aller déjeuner avec celui qui a été désigné par la Commission européenne pour parler au nom des 27 Etats membres fidèles à l'Union européenne. «La Grande-Bretagne, on ne veut pas la punir, mais on ne veut pas la privilégier non plus par rapport à d'autres», a martelé M. Bettel.

Quelques jours après la mise en œuvre de la procédure de divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, le négociateur en chef de l'UE entame une deuxième tournée des capitales afin de collecter «les directives de négociations dans le détail». «Nous serons prêts à commencer effectivement cette négociation à la fin du mois de mai», a indiqué le Français devant la presse internationale qui avait suivi sa trace dans le centre-ville de la capitale ce mardi matin. Après avoir rencontré le ministre des Affaires étrangères Jean Asselborn en ses nouveaux locaux, M. Barnier s'est rendu à la Chambre pour s'entretenir avec les députés. Les parlements nationaux auront à ratifier l'accord de libre-échange qui sera signé «à l'issue de la deuxième étape des négociations», a-t-il expliqué.

La communauté d'affaires rencontrée

Parmi les doléances du Luxembourg pour l'établissement du cahier des charges de la négociation figure notamment la volonté de ne pas dissocier les quatre libertés de circulation fondamentales (biens, capitaux, services et personnes) du marché intérieur de l'UE duquel le Royaume-Uni veut (justement) se scinder. La place financière luxembourgeoise s'est en partie bâtie sur la possibilité de délivrer des services et de faire circuler des capitaux dans l'Union depuis le Grand-Duché en vertu du passeport européen. Le Royaume-Uni devrait, selon toute vraisemblance, être privé de ce passeport une fois sorti de l'UE et ses services financiers ne pourraient alors pas rester en compétition avec les opérateurs résidant en Europe.

«Pour avoir été commissaire en charge des services financiers, je connais l'importance de la place financière de Luxembourg qui est une des principales au monde et en Europe», a commenté M. Barnier. «Je rencontrerai aussi la communauté économique ici à Luxembourg, qui est très importante, ainsi que les syndicats, car on ne peut pas réussir cette négociation dans le secret» a-t-il complété avant de se rendre à son déjeuner de travail.