Changer d'édition

ArcelorMittal renonce à mettre la main sur Ilva
Économie 2 min. 04.11.2019

ArcelorMittal renonce à mettre la main sur Ilva

ArcelorMittal ne souhaite pas être propriétaire de ce site portant atteinte à la santé des riverains.

ArcelorMittal renonce à mettre la main sur Ilva

ArcelorMittal ne souhaite pas être propriétaire de ce site portant atteinte à la santé des riverains.
Photo: AFP
Économie 2 min. 04.11.2019

ArcelorMittal renonce à mettre la main sur Ilva

Les administrateurs du site italien viennent de recevoir un préavis de retrait et de résiliation du contrat de rachat du groupe par le géant de l'acier basé au Luxembourg.

(pj) L'aciérie de Tarente, la plus grande d'Europe, n'intéresse plus ArcelorMittal. S'il avait fait part de son intention de racheter le site et le groupe Ilva, voilà un an, l'industriel a renoncé à cette reprise pour laquelle il se disait pourtant prêt à investir 2,4 milliards d'ici 2024. 

Le préavis de retrait et de résiliation du contrat de rachat du groupe italien a été envoyé dimanche. Il fait suite à la suppression par le Parlement italien d'une «protection juridique nécessaire à la mise en oeuvre du plan environnemental» pour le site de Tarente «sans risque de responsabilité pénale», a précisé un communiqué d'ArcelorMittal.


ArcelorMittal dans l'embarras avec l'aciérie Ilva
Les remous politiques en Italie pourraient avoir des conséquences sur le chantier d'assainissement de la polluante usine Ilva, rachetée en novembre dernier par le géant sidérurgique.

Depuis des années, le site constitue une source de pollution industrielle majeure et identifiée des autorités italiennes. Les rejets toxiques des hauts-fourneaux étaient même soupçonnés d'être à l'origine de nombreux cancers dans cette partie du Sud de l'Italie.

ArcelorMittal souhaitait certes miser de grosses sommes sur l'amélioration de ces émanations, mais attendait en retour de ne pas être visé par de possibles accusations de mise en danger de la vie d'autrui ou d'atteinte à l'environnement. Une demande qui a donc été retoquée. 

Seulement, plusieurs jugements pris par le tribunal pénal de Tarente menaçaient bien la continuité du fonctionnement des hauts-fourneaux du site et risquaient de rendre «impossible la mise en œuvre du plan industriel, l'exploitation de l'usine de Tarente et, d'une manière générale, l'exécution de l'accord» de rachat.

Opposition politique

En 2015, Ilva avait été nationalisé après avoir enregistré quelques difficultés financières. Deux ans plus tard, ArcelorMittal avait été retenu en juin 2017 pour la reprise du groupe, pour la somme de 1,8 milliard d'euros, et avait reçu l'accord de la Commission européenne, sous conditions, en mai 2018. Ce n'est qu'en novembre de la même année, que l'acquisition a été finalisée le 1er novembre.

Cependant, la volonté du groupe sidérurgiste avait dû affronter une violente opposition politique menée notamment de la part de l'ex-ministre italien du Développement économique, Luigi Di Maio alors chef de file du Mouvement 5 étoiles. Cette fois, il était question de garantir les emplois par l'industriel.

L'achat d'Ilva par ArcelorMittal avait eu des conséquences en Belgique mais aussi au Luxembourg. Afin d'éviter d'être hors-la-loi du fait d'une position monopolistique, l'aciériste avait dû revendre sept de ses sites. A commencer par celui de Dudelange, depuis passé sous le pavillon de Liberty.


Sur le même sujet

L'Italie entame un bras de fer avec ArcelorMittal
Au lendemain de la décision du géant de l'acier d'annuler son rachat du groupe Ilva, le chef du gouvernement italien a assuré que l'Italie serait «inflexible» sur les engagements pris par le groupe sidérurgique sur l'avenir de l'aciérie.
Au sud de l'Italie, l'usine Ilva de Tarente est «réputée» pour être source de pollution.
«Pas de changement» pour les 300 ouvriers de Dudelange
ArcelorMittal a officiellement vendu son site de Dudelange au groupe britannique Liberty House, à la fin du mois de juin. Un rachat qui n'inquiète pas outre mesure les syndicats, qui vont tout de même engager des discussions pour éclaircir certains détails.
Das ArcelorMittal-Werk in Bissen zählt mehr als 350 Mitarbeiter.
Dudelange: Liberty House peine à rassurer
Liberty House a-t-elle une stratégie industrielle pour Dudelange, qui produira de l'acier Usibor que pendant deux ans après son rachat? La visite-éclair de quatre directeurs au Luxembourg, lundi, n’a pas levé les inquiétudes.
Wirtschaft- ArcelorMittal in Düdelingen, Dudelange. Foto: Chris Karaba
Ilva: Schneider mobilise les voisins
Suite à la décision de la Commission d’autoriser l’acquisition d’Ilva par ArcelorMittal, le ministre de l’Economie, Etienne Schneider, a mené, en marge de la réunion du Conseil «Compétitivité», hier à Bruxelles des consultations avec le ministre de l’Economie allemand, Peter Altmaier, et avec la secrétaire d’Etat à l’Economie française, Delphine Gény-Stephann.