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ArcelorMittal dans l'embarras avec l'aciérie Ilva
Économie 2 min. 12.08.2019

ArcelorMittal dans l'embarras avec l'aciérie Ilva

ArcelorMittal dans l'embarras avec l'aciérie Ilva

Photo: AFP
Économie 2 min. 12.08.2019

ArcelorMittal dans l'embarras avec l'aciérie Ilva

Les remous politiques en Italie pourraient avoir des conséquences sur le chantier d'assainissement de la polluante usine Ilva, rachetée en novembre dernier par le géant sidérurgique.

(AFP) - Un auvent géant, le plus grand au monde, est en cours d'installation au-dessus de l'aciérie ex-Ilva, de Tarente dans le sud de l'Italie. Un chantier titanesque pour le groupe sidérurgique européen ArcelorMittal qui a entrepris d'assainir et relancer l'usine la plus polluante du pays. Ce site des Pouilles est au cœur d'une bataille juridique pour ou contre sa fermeture. Selon des experts cités par le parquet, sur 11.500 décès recensés à proximité entre 2004 et 2010, 7.500 avaient été causés par des maladies cardio-respiratoires et des cancers imputables aux émissions toxiques des hauts fourneaux. 

En reprenant en novembre 2018 cette aciérie, la plus grande d'Europe, ArcelorMittal a promis d'y investir 2,4 milliards d'euros sur cinq ans dont la moitié pour la ramener à des normes environnementales acceptables d'ici 2024. 


Wegen massiver Umweltverstöße war das Werk ILVA vor einigen Jahren unter staatliche Verwaltung gestellt worden.
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Mais le Parlement italien, sous l'impulsion du Mouvement Cinq Etoiles (M5S) et Luigi Di Maio, a révoqué en juin l'«immunité pénale et administrative» dont disposait l'usine, avec obligation de fermeture le 6 septembre 2019.

Le directeur financier d'ArcelorMittal, Aditya Mittal, était alors convaincu que le gouvernement allait adopter une «nouvelle législation pour rétablir l'immunité». Mais avec la crise politique en cours, rien n'est garanti désormais.

Du plomb dans l'aile

A l'hiver dernier, le contrat de gouvernement passé entre les deux principales forces politiques italiennes, le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) et la Ligue (extrême droite), prévoyait la fin des émissions polluantes sur ce site. Le nouvel exécutif étudiait alors la possibilité de renforcer les exigences environnementales.

La coalition politique ayant du plomb dans l'aile, ArcelorMittal pourrait donc devoir jeter l'éponge alors que ses projets incluent un dispositif tout neuf de transport des matériaux et de nouvelles tours pour la fabrication d'acier.

Un record mondial

La poussière rouge et noire encore présente autour du site émane d'énormes tas de charbon et minerai de fer atteignant 20m de haut, qui s'étendent sur l'équivalent de 56 terrains de football. Des travaux sont en cours pour les recouvrir d'une toiture de 480 mètres de long sur 250m de large et 80m de haut. 

Composée de 20.000 tonnes d'acier, ce sera «la plus grande structure de ce type au monde» avec «l'objectif de garantir zéro émissions de poussière», explique Henri-Pierre Orsini, chargé du plan d'assainissement qui prévoit de réduire aussi les rejets de métaux, dioxines et eaux polluées.


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