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Après Cash investigation: Rothschild renie son ancien directeur
Économie 2 min. 07.04.2016

Après Cash investigation: Rothschild renie son ancien directeur

La banque privée Edmond de Rothschild au Limpertsberg.

Après Cash investigation: Rothschild renie son ancien directeur

La banque privée Edmond de Rothschild au Limpertsberg.
Gerry Huberty
Économie 2 min. 07.04.2016

Après Cash investigation: Rothschild renie son ancien directeur

Pierre SORLUT
Pierre SORLUT
La banque Edmond de Rothschild cherche à se dissocier des agissements de son ancien directeur général Marc Ambroisien.

(pso) Au lendemain de la diffusion à la télévision française du magazine Cash Investigation consacré aux «Panama Papers», le Luxembourg financier retient davantage la partie concernant la filiale luxembourgeoise de la banque suisse Edmond de Rothschild. Il n'était alors plus question d'évasion fiscale. L'établissement en question «aurait aidé à blanchir dans les paradis fiscaux la fortune suspecte d'un de ses clients», disent les journalistes. Son nom: Khadem Al Qubaisi.

Cet homme d'affaires émirati est soupçonné d'avoir détourné plusieurs centaines de millions d'euros dans le cadre de transactions entre le fonds souverain d'Abu Dhabi (IPIC), qu'il gérait jusqu'à l'année dernière, et son homologue malaisien, 1MDB. 472 de ces millions ont atterri en 2012 sur le compte d'une société offshore ouvert dans ladite banque luxembourgeoise, en provenance d'une société immatriculée dans les Iles Vierges Britanniques, indique-t-on dans le reportage.

Instruction du parquet

En fait, quatre versements effectués en 2012 et un en 2013 font l'objet d'une instruction judiciaire ouverte la semaine dernière par le parquet luxembourgeois, lequel dit disposer d'indices concrets arrivant de Suisse. Pour l'heure cependant, le procureur d'Etat ne vise personne. A l'inverse des journalistes français qui ciblent l'ancien directeur général d'Edmond de Rothschild (Europe), Marc Ambroisien.

Marc Ambroisien à sa nomination en 2012.
Marc Ambroisien à sa nomination en 2012.
Marc Wilvert


Celui-ci pourrait être accusé de complicité dans une opération de blanchiment pour ne pas avoir envoyé de déclaration de soupçon sur l'origine des fonds incriminés à la cellule de renseignement financier.

Selon nos informations, celle-ci n'a reçu de déclaration de soupçon en provenance de la banque que «tardivement», soit après le départ de son directeur général en septembre de l'année dernière.

Celui-ci s'est d'ailleurs effectué en bons termes puisque l'établissement d'origine suisse communiquait fin août que Marc Ambroisien «avait choisi de poursuivre sa carrière de manière indépendante tout en restant proche du groupe». Les mots émanent d'un communiqué dont on ne voulait pas retrouver la trace hier dans les locaux du Boulevard Emmanuel Servais.

On se contentait ainsi de faire savoir que le sujet était «connu de la banque» et que celle-ci collaborait pleinement avec la justice». Marc Ambroisien, nous dit-on encore, «n'exerce plus aucune fonction au sein du groupe». Contacté par le «Luxemburger Wort», l'intéressé n'a pas donné suite. Selon Paperjam, il était arrivé à la banque en 1997 (en provenance de l'administration fiscale française!) et y avait créé le département d'ingénierie financière. Il a accédé aux pleins pouvoirs en 2012.



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