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Apple fait encore grincer l'Union européenne
Économie 3 min. 16.06.2020

Apple fait encore grincer l'Union européenne

La firme de Tim Cook fait face aux reproches de plateformes comme Rakuten ou Spotify qui lui reprochent d'abuser de sa domination.

Apple fait encore grincer l'Union européenne

La firme de Tim Cook fait face aux reproches de plateformes comme Rakuten ou Spotify qui lui reprochent d'abuser de sa domination.
Photo : AFP
Économie 3 min. 16.06.2020

Apple fait encore grincer l'Union européenne

La Commission européenne croise de nouveau le fer avec la Silicon Valley: elle a annoncé mardi l'ouverture de plusieurs enquêtes contre Apple, accusé de pratiques anticoncurrentielles.

(AFP) - Une pomme de discorde existe toujours entre la Commission européenne et Apple. Voilà près de quatre ans, l'exécutif européen avait déjà frappé un grand coup contre la firme, en la sommant de rembourser à l'Irlande 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux indus. Apple s'est aussitôt insurgé mardi: il a jugé que les plaintes des entreprises à l'origine des enquêtes ouvertes par Bruxelles sont «infondées», accusant les plaignants de vouloir «profiter de la situation sans payer». 

Ce nouveau front ouvert par l'UE survient quelques mois avant des propositions de Bruxelles très attendues de réformes du droit européen qui permettraient de limiter la puissance des géants américains de l'internet. Apple, mais aussi Amazon, Google et Facebook sont en effet accusés par nombre de leurs petits concurrents d'être des «gatekeeper» ou «contrôleurs d'accès» qui, du fait de leur hégémonie, les empêchent de se développer, voire de survivre.


(FILES) In this file photo taken on November 21, 2019 (FILES) the Google and YouTube logos are seen at the entrance to the Google offices in Los Angeles, California. - YouTube said May 26, 2020 it was investigating the removal of comments critical of the Chinese Communist Party from the video-sharing platform, saying the filtering appeared to be "an error." (Photo by Robyn Beck / AFP)
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La première enquête lancée mardi fait suite à une plainte du suédois Spotify, qui accuse Apple d'abuser de sa position dominante sur le marché de la musique en ligne. Spotify reproche notamment à la firme américaine, propriétaire à la fois du système d'exploitation iOS et de l'App Store, d'imposer un droit de 30% aux services de musique en ligne qui vendent leur abonnement via sa boutique, enchérissant d'autant son coût pour les utilisateurs.

Dans le cadre de cette première investigation, Bruxelles mentionne également la plainte d'un distributeur de livres électroniques/livres audio, mécontent des règles des applications de l'App Store. L'exécutif européen ne nomme toutefois pas cette entreprise, qui selon Financial Times serait Kobo, filiale de livres électroniques du japonais Rakuten.

Une concurrence faussée

«Les applications mobiles ont fondamentalement changé la façon dont nous accédons au contenu. C'est Apple qui fixe les règles applicables à la distribution des applications aux utilisateurs d'iPhones et d'iPads», constate la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, chargée de la concurrence, Margrethe Vestager. Or, avertit-elle, «il faut veiller à ce que les règles d'Apple (en tant que "gatekeeper") ne faussent pas la concurrence sur les marchés où cette entreprise est en concurrence avec d'autres développeurs d'applications, par exemple avec son service de diffusion de musique en continu Apple Music ou avec Apple Books». 

La seconde enquête ouverte mardi par l'exécutif européen porte sur les modalités, conditions et autres mesures imposées par Apple pour l'intégration de son service de paiement Apple Pay dans les applications commerciales et les sites web commerciaux sur les iPhones et les iPads. Grâce à Apple Pay, les détenteurs d'iPhone ou d'Apple Watch peuvent régler directement leurs achats chez les commerçants, en appliquant leur appareil sur le même terminal que celui des cartes visa sans avoir besoin de taper de code.


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Depuis ce mardi, le mode de paiement créé par le géant américain est actif au Grand-Duché, annonce BGL BNP Paribas, seule banque offrant ce service à ses clients. Cette dernière précise que le nouveau service sera gratuit.

Or, et c'est là qu'est le problème en termes de concurrence: Apple réserve l'utilisation de son antenne NFC (Near Field Communication, technologie permettant d'échanger des données à moins de 10 centimètres, entre deux appareils équipés de ce dispositif) à Apple Pay. Par conséquent toute banque souhaitant utiliser cette technologie sur un iPhone doit passer par Apple Pay, moyennant des frais.


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