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«Allo, je suis au boulot»
Économie 3 min. 22.08.2016 Cet article est archivé
Vie de bureau (7)

«Allo, je suis au boulot»

Passer un appel depuis son GSM sur son lieu de travail est devenu très fréquent. Mais cela pose parfois de grosses difficultés de confidentialité.
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«Allo, je suis au boulot»

Passer un appel depuis son GSM sur son lieu de travail est devenu très fréquent. Mais cela pose parfois de grosses difficultés de confidentialité.
Shutterstock
Économie 3 min. 22.08.2016 Cet article est archivé
Vie de bureau (7)

«Allo, je suis au boulot»

Linda CORTEY
Linda CORTEY
Le téléphone portable a facilité les appels personnels au bureau. Si les entreprises ne songent plus à les interdire, ces appels nécessitent une intimité qu'il est souvent difficile à trouver sur son lieu de travail.

Par Linda Cortey

Les appels personnels au bureau? Une habitude pour certains, un tabou pour d’autres. Surtout quand on travaille dans un espace ouvert. «C’est un thème très délicat quand on travaille en ,open 
space‘», confirme un internaute sur la page Facebook du Wort. 
«Si urgence... il faut vite trouver une salle de réunion vide!», poursuit une autre internaute.

Si la situation reste délicate pour beaucoup, des entreprises prennent en compte le besoin de passer des appels personnels. Ce n’est plus perçu comme une perte de productivité mais comme une flexibilité accordée aux employés. «Nos employés s’investissent beaucoup dans leur boulot. Sur la journée, la vie professionnelle et personnelle se mélangent», note Paul Schilling, «head of human resources» de Deloitte Luxembourg. «De ce fait, nous ne voulons pas instaurer des limites entre les deux. Si je dois appeler une administration ou si j’ai un parent à l’hôpital, je peux le faire dans la journée».

Rester à son bureau ou trouver 
un espace de discrétion

Encore faut-il proposer des espaces adaptés à ces pauses particulières. Le problème se pose quand on travaille dans de grands espaces ouverts. Une organisation du travail très répandue au Luxembourg. Deux attitudes des salariés sont possibles. Rester à son bureau pour téléphoner, au risque de s’attirer les foudres de ses collègues. Ou trouver un espace de discrétion. Les «open space» traditionnels intègrent rarement ce genre d’espaces. D’où les difficultés exprimés par les internautes.

Les plus chanceux sont alors ceux qui travaillent dans les nouveaux espaces collectifs qui apparaissent dans les nouveaux bâtiments, notamment au Kirchberg. S’ils font la part belle aux «open space», ces immeubles intègrent tous beaucoup plus de salles de réunion. Des espaces de toute taille, où il est plus facile pour un collaborateur de s’isoler quelques minutes pour un appel personnel. Des salles de la taille d’une cabine téléphonique ont ainsi été installées dans le nouveau siège de BNP Paribas.

Pour une entreprise, faciliter les appels personnels, c’est aussi montrer qu’elle est ouverte aux évolutions du travail et aux demandes de ses jeunes collaborateurs pour qui l’usage du téléphone portable est une évidence. «Avec la nouvelle génération qui entre en entreprise, une entreprise qui ne sera pas ouverte à cela aura du mal», estime Paul Schilling. «On est en face d’une génération qui est fort demandeuse de cette approche du travail.»

Fixer des règles
pour éviter les conflits

Mais attention à sous-estimer le risque de conflit que peuvent générer les appels personnels au bureau. Le rapport à l’intimité est une donnée qui peut varier en fonction de la culture de chacun et en fonction de la personnalité. Avec des collaborateurs qui viennent de pays et de cultures différentes, le besoin de codifier les règles est plus fort, souligne Ingrid de Saint-Georges, chercheuse en communication professionnelle à l’Université du Luxembourg.

«Le rapport au bruit est différent d’une culture à l’autre», rappelle la chercheuse. «Dans une structure très multiculturelle, il peut être utile pour une entreprise d’expliciter les codes de conduite car ils ne sont pas forcément compris de tous». La place laissée à la vie privée dans le cadre professionnel fait partie de ces marqueurs culturels. Pas besoin d’aller au bout de la planète pour sentir la différence. Les pays du nord de l’Europe ont par exemple tendance à laisser moins de place à la vie privée dans l’espace professionnel que ce qui se pratique au Luxembourg.


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