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A reprise des chantiers, protection renforcée
Économie 4 min. 17.04.2020 Cet article est archivé

A reprise des chantiers, protection renforcée

Les contrôles se multiplieront dans les jours à venir sur les chantiers de construction.

A reprise des chantiers, protection renforcée

Les contrôles se multiplieront dans les jours à venir sur les chantiers de construction.
Photo Archives : Getty Images
Économie 4 min. 17.04.2020 Cet article est archivé

A reprise des chantiers, protection renforcée

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
Si, dès le 20 avril, le secteur de la construction redémarre au Luxembourg, le ministre du Travail a redit combien il comptait sur les chefs d'entreprise et les salariés pour que la sécurité sanitaire soit privilégiée.

Certes, sur les chantiers publics comme privés, il faut désormais rattraper les cinq semaines d'arrêt liées à l'épidémie de covid-19. Et le contre-la-montre reprend ce 20 avril. Mais attention, prévient Dan Kersch (LSAP), «le monde du travail n'est plus le même qu'avant». Entendez, ouvriers comme patrons, que désormais des règles d'hygiène et de sécurité plus strictes encore doivent s'appliquer. 

De la fermeté, le ministre du Travail n'en avait pas que dans le ton de sa voix, ce vendredi. Il en aura aussi dans la veille scrupuleuse à ce que le premier redémarrage de l'activité économique se déroule de la meilleure façon que ce soit. Aussi prévient-il : «Police, Douanes, Inspection du travail (ITM) et fonctionnaires de la Santé auront différentes compétences pour contrôler». Voilà chacun prévenu, l'Etat luxembourgeois entend mettre en place une reprise de «façon responsable».

Alors oui, les administrations iront vérifier si les règles de distanciation sont bien appliquées; si des protections sont effectivement à disposition des ouvriers; si les postes ont bien été aménagés pour éviter tout risque de contamination; si le nettoyage des locaux comme des surfaces de travail est une réalité; si les équipements de protection sont bien stockés, nettoyés (si besoin) ou détruits. «Ce ne sont pas là que des recommandations, a bien insisté le ministre socialiste. Ces mesures constituent le nouveau socle d'un règlement de crise» complétant les textes existants.

Le code du travail restant dans la base, Dan Kersch n'a d'ailleurs pas manqué de s'appuyer dessus pour rappeler à chacun ses responsabilités. Un petit rappel, par exemple, de l'article 312.1 pour que les employeurs n'oublient pas qu'ils ont l'«obligation de garantir la santé et la sécurité à tout moment et de manière absolue» de leur personnel. Une lecture de l'article 313 pour que les salariés gardent à l'esprit qu'ils doivent veiller sur eux-mêmes et leurs collègues s'il y a danger.

A celles et ceux qui vont remettre le bleu de travail, lundi, le ministre du Travail a également voulu rappeler une option offerte par le droit. Article 312-4 du code du travail: chaque salarié a la possibilité de refuser un travail s'il estime qu'une mise en danger est avérée. Si la situation devait se traduire par un licenciement de la personne, la mesure serait considérée comme abusive. Un rappel à avoir à l'esprit sans doute, et qui fait écho à un propos récent du Premier ministre Xavier Bettel (DP): «L'économie ne primera pas sur la santé»...

Mais le ministre du Travail se veut confiant. Déjà parce que l'ensemble des conditions de reprise n'ont pas été posées d'autorité par le gouvernement mais acceptées par l'ensemble des partenaires sociaux, syndicats comme patronats et chambre consulaire. Au passage, le ministre du Travail a salué l'initiative prise par la Chambre des métiers de distribuer 600.000 masques aux artisans (et à leurs employés) qui s'apprêtent à reprendre le chemin des chantiers.  

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