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A 150 ans, Paul Wurth souffle un bon bilan
Économie 4 min. 12.05.2020

A 150 ans, Paul Wurth souffle un bon bilan

2019 aura notamment vu Paul Wurth remettre à neuf entièrement ce haut fourneau de l'usine NLMK, en Russie.

A 150 ans, Paul Wurth souffle un bon bilan

2019 aura notamment vu Paul Wurth remettre à neuf entièrement ce haut fourneau de l'usine NLMK, en Russie.
Photo: DR
Économie 4 min. 12.05.2020

A 150 ans, Paul Wurth souffle un bon bilan

Patrick JACQUEMOT
Patrick JACQUEMOT
A défaut de pouvoir célébrer son jubilé, épidémie oblige, le spécialiste luxembourgeois en ingénierie industrielle se console en dévoilant son bilan 2019. Une année marquée par la progression du chiffre d'affaires de 12,8%.

Mieux vaut toujours disposer de réserve, surtout en ces temps de crise. Et Paul Wurth, mardi à l'heure de présenter son bilan 2019, pouvait donc se satisfaire d'avoir engrangé 479,2 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'an passé et d'avoir vu ses bénéfices nets (légèrement) progresser par rapport à 2018. S'établissant eux à 14,4 millions d’euros au terme d'une année pourtant délicate. D'où ce commentaire sobre :  «Un bon cru 2019 aide à atténuer l’impact du choc économique global actuel».

Cette «bonne performance» était loin d'être gagnée au fil des douze mois de 2019  qui a vu l'ensemble de l'industrie sidérurgique être malmenée. Comme pour ArcelorMittal (qui y a laissé un déficit de deux milliards d'euros), le groupe Paul Wurth a vu d'un œil inquiet se multiplier les tensions commerciales internationales, des restructurations de longue haleine se poursuivre et surtout le marché connaître toujours des surcapacités persistantes. Au final, le volume des nouvelles commandes a finalement atteint 426 millions d'euros à fin 2019.

Dans le domaine de ses activités traditionnelles de haut fourneau et de cokerie, le groupe a en effet connu un excellent début d'année. Parmi les commandes remarquables, on retiendra celle pour deux nouveaux hauts fourneaux placée par le groupe turc Erdemir.

En Russie, pour le compte de l'usine Severstal,les équipes de Paul Wurth auront suivi la construction d'une nouvelle cokerie.
En Russie, pour le compte de l'usine Severstal,les équipes de Paul Wurth auront suivi la construction d'une nouvelle cokerie.
Photo : DR

Cette dynamique s'est poursuivie avec la signature de contrats pour la réfection d'une installation de traitement de gaz et de coproduits de cokerie en Afrique du Sud et pour la modernisation des systèmes d'injection de charbon pulvérisé dans une installation de hauts fourneaux au Brésil. Sans oublier plusieurs projets de réfection de hauts fourneaux notamment en Europe, ou la fourniture d'ingénierie et d'équipements à des cokeries chinoises.

Le savoir-faire du groupe Paul Wurth lui a également permis d'obtenir d'importants contrats en Russie. Avec, par exemple, la mise en service d'un haut fourneau auprès de NLMK, après sa reconstruction complète intégrant conception et technologies maison. Même pays, mais côté Sibérie orientale cette fois, le groupe a mis en service un premier système à vent chaud de conception Paul Wurth dans l'usine ZSMK d'Evraz. Du côté des cokeries, le premier coke a été poussé avec succès de la batterie de fours à coke reconstruite de JFE Steel au Japon. 

Au Luxembourg aussi

En parallèle à ces activités industrielles, Paul Wurth Geprolux, l'entité du groupe active en construction civile, a connu «une très bonne année» . Avec environ 50% de plus de commandes enregistrées que par le passé. Cette fois, c'est plus du côté du Luxembourg et ses chantiers qu'en revient le mérite. En effet, Geprolux intervient par exemple sur la construction de la nouvelle ligne de tram, ou la gestion de projet du futur Centre national de secours pour les pompiers du CGDIS ou le complexe scolaire et sportif qui doit ouvrir à Belval.

L'élan de Paul Wurth, national et international, a bien évidemment été coupé par l'épidémie de covid-19. De quoi mettre sur pause nombre de projets mais aussi l'approvisionnement en matières premières ou le service de maintenance proposé aux clients faute de déplacements possibles des équipes. 


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