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35 heures par semaine? «De la poudre aux yeux»
Économie 3 min. 07.07.2022
L'industrie est inquiète

35 heures par semaine? «De la poudre aux yeux»

«Les représentants d’entreprises sont effrayés par les tentatives politiques de jeter de la poudre aux yeux de l’électeur avec l’idée d’une baisse généralisée du temps de travail», assure Michèle Detaille, présidente de la Fedil.
L'industrie est inquiète

35 heures par semaine? «De la poudre aux yeux»

«Les représentants d’entreprises sont effrayés par les tentatives politiques de jeter de la poudre aux yeux de l’électeur avec l’idée d’une baisse généralisée du temps de travail», assure Michèle Detaille, présidente de la Fedil.
Photo: Chris Karaba
Économie 3 min. 07.07.2022
L'industrie est inquiète

35 heures par semaine? «De la poudre aux yeux»

Simon MARTIN
Simon MARTIN
La Fedil, la voix du secteur industriel luxembourgeois, ne cache pas son inquiétude vis-à-vis de l'inflation galopante, du manque de main-d'oeuvre et de la sécurité d’approvisionnement en énergie.

Nous vous parlions il y a peu de cette pétition qui connaît un véritable succès depuis son lancement au Luxembourg. Celle-ci vise «une semaine de 35 heures de travail à temps plein» et a récolté près de 5.600 signatures à l'heure d'écrire ces lignes. C'est bien plus que les 4.500 paraphes nécessaires pour organiser un débat à la Chambre. Mais avant cela, la commission des pétitions devra encore officiellement valider ces signatures.


Lokales,Mobilität,Auto,Zug,Tram,Bus,öffentlicher Transport.Foto: Gerry Huberty/Luxemburger Wort
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Pour l'auteur de la pétition, la baisse des horaires de travail «permettrait une augmentation de la productivité horaire des salariés et un accroissement du sentiment de bien-être général». Au sein des instances politiques, on estime que le débat sur la question doit être mené. Pas pour la Fedil, la fédération d'entreprises multisectorielle, au niveau de l'industrie luxembourgeoise.

Lors de la dernière réunion qui a eu lieu lundi dernier, la voix de l'industrie luxembourgeoise est revenue sur cet épineux sujet, n'hésitant pas à avoir un avis très tranché sur la question. En effet, pour la Fedil, la semaine de 35 heures n'est rien d'autre que l'arbre qui cache la forêt. Pour l'institution, il existe en effet des problèmes plus graves à régler pour l'instant, à commencer par le manque sérieux de main-d'oeuvre dans plusieurs secteurs. «Le Conseil d’administration de la Fedil s’est exprimé en faveur d’une étude sérieuse et approfondie de tous les éléments influençant la disponibilité de main-d’œuvre», précise-t-elle dans un communiqué.

De la «poudre aux yeux»

L'institution n'hésite pas à parler d'enfumage politique concernant ce débat tournant autour de la réduction du temps de travail. «Les représentants d’entreprises sont effrayés par les tentatives politiques de jeter de la poudre aux yeux de l’électeur avec l’idée d’une baisse généralisée du temps de travail, déphasée par rapport aux réalités du fonctionnement du marché de l’emploi», assume Michèle Detaille, présidente de la Fedil.


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Parmi les autres thèmes abordés, on notera la sécurité d’approvisionnement en énergie, et plus particulièrement les plans de délestage en cas de pénurie de gaz naturel. «Aux yeux de la Fedil, il est indispensable qu’une mobilisation des potentiels d’économie d’énergie soit entreprise dans tous les secteurs et que les potentiels de substitution au gaz soient rapidement autorisés et entièrement utilisés avant d’envisager des coupures de fournitures aux dépens de l’industrie». René Winkin, directeur de la Fedil, a résumé l'enjeu en ajoutant que «des interruptions de production se répercuteraient bien au-delà des secteurs visés par d’éventuelles coupures. Il faut être conscient qu’elles rajouteraient aux pénuries et flambées de prix que nous subissons déjà aujourd’hui.»

Peur d'une pression inflationniste

Avec un taux d’inflation qui poursuit son augmentation historique, il apparaît que la vague des répercussions des hausses de prix importées est loin d'être terminée. Dans ce contexte, la Fedil partage l’inquiétude exprimée par les principales organisations économiques internationales de se voir confrontées à une pression inflationniste plus généralisée et plus persistante pouvant résulter d’une spirale prix-salaires. «Elle souscrit entièrement aux efforts politiques visant à atténuer les répercussions de l’inflation moyennant un mix de mesures ciblées, socialement efficaces et bien temporisées pour certaines, lorsqu’elles risquent de nous entraîner dans des cercles vicieux.» 

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