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2,5 milliards d'euros de prêts pour les entreprises
Économie 4 min. 18.04.2020 Cet article est archivé

2,5 milliards d'euros de prêts pour les entreprises

L'opposition a exhorté le gouvernement à autoriser les petits commerces à réouvrir.

2,5 milliards d'euros de prêts pour les entreprises

L'opposition a exhorté le gouvernement à autoriser les petits commerces à réouvrir.
Photo: Lex Kleren
Économie 4 min. 18.04.2020 Cet article est archivé

2,5 milliards d'euros de prêts pour les entreprises

Ce samedi, le Parlement a adopté un projet de loi visant à venir en aide aux entreprises. L'opposition se félicite de ce vote mais estime que le gouvernement peut encore faire mieux.

(DH avec Michèle Gantenbein) - C'est à une large majorité (48 voix pour, 2 abstentions) que le Parlement a adopté le projet de loi visant à épauler les entreprises pour traverser la crise sanitaire. La loi, votée ce samedi en fin de matinée, prévoit des garanties pour des prêts bancaires d'un montant total de 2,5 milliards d'euros, 85% étant de la responsabilité de l'Etat, alors que 15% de la garantie revient à la banque qui accorde le prêt. D'autre part, la loi prévoit une rallonge jusqu'à trois milliards d'euros pour permettre à l'Etat de financer des dépenses liées à la crise, telles que le chômage partiel.

Les garanties de l'Etat font partie intégrante du plan de stabilisation doté de 8,8 milliards d'euros que le gouvernement souhaite utiliser pour maintenir les entreprises à flot. A titre de comparaison, cela correspond à peu près à 14% du produit national brut (PNB). Mais pour comprendre au mieux les rouages des aides votées ce samedi, les garanties adoptées par l'Etat doivent être considérées à moyen terme, pour une période de six ans au maximum. En l'espèce, elles doivent permettre aux entreprises de relever la tête au cours de cette période.

 Pas de «double peine»

Pour ce qui est de la pratique, les prêts sont accordés par les banques qui ont conclu une convention avec l'Etat. Outre six banques luxembourgeoises qui ont signé une convention, deux banques chinoises ont manifesté leur intérêt, selon le ministre des Finances Pierre Gramegna (DP). Mais les sociétés dont l'activité principale consiste dans la promotion, la détention, la location et le négoce d'immeubles et les sociétés de participation financière sont exclues des nouvelles dispositions. 

De même, les entreprises qui ont connu des difficultés financières avant le 1er janvier 2020 sont également exclues. Pour ce faire, le gouvernement s'est appuyé sur les lignes directrices de la Commission européenne et ce point n'a pas été l’objet de critiques de la part de l'opposition.


Comment sauver l'économie du pays... en trois points
Les ministres des Finances, de l'Economie et des Classes moyennes ont présenté, mercredi soir, leur plan pour aider les entreprises du pays à passer la crise. Soit 8,8 milliards d'euros répartis entre dépenses d'urgence, report de paiement et aides au crédit.

Simone Beissel, députée DP et échevine de la capitale, a également partagé le point de vue de l'opposition selon lequel les entreprises qui avaient eu des difficultés financières avant le 1er janvier 2020, par exemple à cause du tramway et d'autres chantiers de construction, ont été punies deux fois, en étant exclues des dispositions désormais adoptées. Franz Fayot (LSAP), le ministre de l'Economie, a ainsi déclaré qu'il n'était pas interdit que les banques puissent examiner au cas par cas, et, si nécessaire, accordent un prêt. «Ce n'est pas différent avec les autres mesures de secours», a indiqué Franz Fayot.

Dans le détail, le montant du prêt ne devra pas dépasser 25% du chiffre d'affaires de 2019. En ce qui concerne les start-up, le montant du prêt ne devra pas dépasser le double des charges salariales annuelles, charges sociales comprises. Lors de la création d’une entreprise en 2020, l'estimation des coûts salariaux des deux premiers exercices servira de base de référence, comme l'a expliqué le rapporteur André Bauler (DP).

Le coup de pouce des banques

D'autre part, les prêts peuvent être combinés avec d'autres mesures du plan de stabilisation. Un exemple, les prêts sont également accordés à des entreprises disposant déjà de lignes de crédit qui ont été suspendues pour quelques mois. Un élément confirmé ce 18 avril par le ministre des Finances Pierre Gramegna qui a indiqué que les banques avaient suspendu plus de 8.000 versements de prêts bancaires. «Les banques ont approuvé plus de 95% des demandes», a souligné le ministre. Ce qui, pour les établissements bancaires, représente un coût d'un peu plus de 2,5 milliards d'euros.

Nous allons constamment surveiller la situation  

L'opposition a accueilli l'adoption de la loi comme un pas dans la bonne direction, mais doute que cela suffise réellement à éviter une catastrophe économique majeure. «Nous allons constamment surveiller la situation et y apporter des améliorations dans les prochains mois si nécessaire», a assuré Franz Fayot (LSAP), le ministre de l'Economie.

L'opposition a en outre critiqué les frais de crédit (de 2 à 3%) que les entreprises devront verser à l'Etat en échange de sa garantie. Mais «l'Etat ne fait pas d'affaires, il agit pour le bien de l'économie nationale», a répliqué Pierre Gramegna.

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