15 projets prioritaires sur le rail

3,8 milliards d'euros sur dix ans, effort sans précédent

L'investissement le plus stratégique est la construction de deux voies entre Luxembourg et Bettembourg, au carrefour de tous les trains
L'investissement le plus stratégique est la construction de deux voies entre Luxembourg et Bettembourg, au carrefour de tous les trains
MDDI / CFL

par Thierry Labro

Il n'y a aucun doute: la présentation des investissements de l'Etat et des CFL pour les dix années jusqu'à 2023 est doublement "politique". Le premier "slide" des quinze projets montre qu'ils passeront de 1,36 milliard d'euros sur la période 2003-2013 - donc jusqu'au changement de majorité gouvernementale - à 3,8 milliards d'ici à 2023.

Soit près de trois fois plus. Le document cible le début de chaque période, 80,4 millions en 2003 et 163 millions dix ans plus tard, soit deux fois plus. En quatre ans de son arrivée au ministère des Transports jusqu'aujourd'hui, François Bausch, attaché à appuyer sur tous les leviers de la mobilité en même temps, aura fait passer le montant annuel des investissements du rail à 399 millions d'euros.

Le grand show de lundi après-midi dans la Rotonde de Bonnevoie devant 500 des 4.300 employés, est l'occasion pour le ministre de rappeler aux employés des CFL, entreprise détenue à 94% par l'Etat, qu'il compte sur eux. Dans les années 1970, c'était loin d'être aussi évident et on parlait même de fermer certaines lignes comme celle du Nord.  

Le directeur général des CFL, Marc Wengler, présente les priorités des investissements des Chemins de fer à 500 de ses 4.300 employés réunis aux Rotondes
Le directeur général des CFL, Marc Wengler, présente les priorités des investissements des Chemins de fer à 500 de ses 4.300 employés réunis aux Rotondes
Anouk Antony

Pour quoi faire cet effort? En dix ans, de 2005 à 2015, le nombre de voyageurs a augmenté de 60% et atteint 22,5 millions de personnes. Là encore, la présentation n'est pas anodine.

Au rang des priorités, la numéro 1, l'European Train Control System semble modeste avec ses 33 millions d'euros pour équiper le réseau (c'est le cas depuis 2014) et le matériel roulant d'ici la fin de l'année, mais il est fondamental pour la sécurité des voyageurs car il permet de contrôler la vitesse des trains et on a souvent parlé de son rôle dans les accidents à la frontière franco-luxembourgeoise. Celui de février entre un train de fret et un train de passagers avait fait un mort, et il avait fait écho à l'accident de Zoufftgen en 2006, bien que le Luxembourg soit devenu le premier pays complètement équipé depuis octobre dernier.

A l'été prochain, il sera complété par le Global System for mobile communication - Railway, système de communication moderne à 51,1 millions d'euros, qui posera les bases d'une meilleure information des personnels puis des clients des CFL, et qui va nécessiter la pose de 83 pylônes en béton.

Autres Galeries

Bettembourg - Sandweiler/Contern: deux axes stratégiques

D'un point de vue budgétaire, l'investissement le plus stratégique sera consacré, d'ici 2024, à la construction de la nouvelle ligne à deux voies de sept kilomètres entre Luxembourg et Bettembourg, sur une partie sensible des chemins de fer luxembourgeois, au carrefour des TGV, des TER de frontaliers et des trains de fret appelés à augmenter. Les 292 millions d'euros sont à mettre en relation avec l'extension de la gare de Luxembourg, où une première nouvelle voie sera opérationnelle en décembre 2019 et trois voies supplémentaires d'ici octobre 2021, avec deux nouveaux quais (les cinquième et sixième).

Les projets 5 et 6 s'attachent au nord de la gare de Luxembourg, avec d'un côté les 215 millions d'euros prévus pour la mise à double voie d'ici 2019 du tronçon Luxembourg-Sandweiler-Contern et de l'autre les 247 millions d'euros dans la construction des 242 mètres du second viaduc de la Pulvermühle.

Mais le plus gros poste budgétaire, 400 millions d'euros, est occupé par la modernisation et l'extension du matériel roulant. Depuis 2010, 29 automotrices   (10 TER2N et 19 KISS à deux niveaux) ont été mise en service dans un parc de 82 qui offrent 9.000 places assises. D'ici 2019, deux autres seront livrées et 34 rames dans le cahier des charges pour 2025 qui font passer le total de places assises à 16.000, avec une option sur vingt rames supplémentaires.

La communication au coeur des priorités

Ces automotrices seront compatibles avec les réseaux frontaliers et, les clients apprécieront, offriront le WiFi, des prises électriques et USB, un système de surveillance. Car, c'est l'autre aspect de ce plan d'investissement inégalé, il faudra aussi compter sur une nouvel horaire en décembre et une meilleure information des voyageurs, le plus près possible du temps réel. 

Cela passera par différentes adaptations comme la nouvelle centrale d'exploitation mise en service l'an prochain,  les 25 millions d'euros pour Auris, le système d'information des voyageurs, une nouvelle application mobile et un nouveau site internet des CFL, ainsi que Railtab, qui permettra au personnel embarqué de mieux contrôler et de mieux informer les voyageurs.

Un saupoudrage géographique

La présentation montre aussi clairement l'intention du ministre d'essayer de n'oublier personne. Si la suppression de dix passages à niveaux sur 122 semble relativement modeste, il faut la mettre en perspective avec le programme de modernisation de douze gares d'ici 2024 et la création de six park and ride:

  • Ettelbruck 14,4 mio 430 places, 
  • Mersch 17 mio 400 places, 
  • Wasserbillig 42,3 mio 400 places, 
  • Rodange 43,5 mio 1.600 places, 
  • Bascharage-Sanem 15 mio 400 places, 
  • Troisvierges 12,5 mio 400 places
En décembre, les CFL lanceront leur service de carsharing
En décembre, les CFL lanceront leur service de carsharing
MDDI / CFL

Enfin comme cela avait déjà été annoncé, les CFL se lanceront aussi dans la diversification de leurs activités traditionnelles en proposant à partir de décembre un service de partage de voiture dans vingt-et-un point du nord au sud et d'est en ouest, et visent les usagers des transports publics, les ménages qui n'ont qu'un besoin temporaire d'une deuxième voiture, les expatriés souvent sans voiture ou les entreprises privées.