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100ème anniversaire de la Fedil: «Nous sommes une organisation libre»
Économie 4 min. 26.01.2018

100ème anniversaire de la Fedil: «Nous sommes une organisation libre»

Du beau monde pour les 100 ans de création de la Fedil jeudi soir.

100ème anniversaire de la Fedil: «Nous sommes une organisation libre»

Du beau monde pour les 100 ans de création de la Fedil jeudi soir.
Chris Karaba
Économie 4 min. 26.01.2018

100ème anniversaire de la Fedil: «Nous sommes une organisation libre»

Partenaire, médiateur et souvent précurseur: la Fedil accompagne les entreprises luxembourgeoises et l'essor du pays depuis 100 ans. Un centenaire fêté dignement hier.

Par Nadia Di Pillo

Des centaines de convives, un invité de renom et un décor sublime. C'est en grande pompe que la Fedil a choisi de fêter son centième anniversaire. La soirée, qui s'est déroulée hier à Luxexpo The Box, a permis de souligner les succès de l'organisation patronale mais aussi les défis qui l'attendent dans le futur.

C'est en 1918 que tout a commencé et plus précisément le 19 décembre: l'organisation patronale voit le jour grâce à l'initiative de Paul Wurth et au soutien de 54 entrepreneurs qui répondent à son appel. La création de la Fedil s'inscrit aussi dans un contexte politique très particulier: la fin de l'union douanière avec l'Allemagne et le début d'une implication beaucoup plus active par les acteurs politiques dans le monde économique. «C'est un changement de paradigme fondamental que les fondateurs de la Fedil vont réussir à intégrer dans leur stratégie et leurs objectifs», a souligné le président de la Fedil Nicolas Buck.

Une autre date clé importante dans l'histoire de la Fedil est l'année 1973. Car c'est à son initiative que le gouvernement réunira pour la première fois les partenaires sociaux pour débattre des mesures à mettre en place à la suite de la première crise pétrolière. «Ce n'est qu'en période de crise que cet instrument a vraiment fait ses preuves», selon Nicolas Buck.

Le Premier ministre Xavier Bettel a lui aussi vanté le modèle social luxembourgeois. «Il n'est pas toujours facile pour un gouvernement d'avoir des partenaires de négociation forts. Mais en fin de compte, ma préférence va à un partenaire fiable, plutôt qu'à un partenaire faible», a-t-il déclaré. 

Le succès qu'a connu le partenariat lancé en 2015 entre les entreprises et la réforme de l'Adem en est une parfaite illustration. Trois ans après l'annonce du projet, l'objectif de 5.000 emplois n'est pas seulement atteint, mais a aussi été largement dépassé. A 100 ans, la Fedil reste le premier point de contact pour le gouvernement sur les sujets touchant de près ou de loin l'industrie. 

«Quand ça devient sérieux, nous nous serrons toujours les coudes. En temps de crise, les Luxembourgeois ont toujours su où se situe l'intérêt supérieur du Grand-Duché», a déclaré Xavier Bettel.

Le Premier ministre a souligné l'importance de maintenir au Luxembourg «une industrie forte, innovante et compétitive». «Je peux vous assurer que le gouvernement est à vos côtés», a-t-il assuré insistant sur le fait que l'industrie est «un secteur d'avenir». 

Selon Xavier Bettel, il n'y a pas lieu de parler de désindustrialisation au Luxembourg. «L'emploi dans l'industrie affiche un niveau stable sur les vingt dernières années». Et si l'industrie n'a peut-être pas le même poids dans le PIB que dans le temps, «grâce aux importants efforts de productivité, elle a connu une croissance tout à fait impressionnante». 

Rien qu'en 2016, le ministère de l'Economie a annoncé la création de 450 emplois industriels et des investissements à hauteur de 500 millions d'euros. «Le gouvernement a fait un effort considérable pour créer un environnement favorable aux entreprises en général et aux entreprises du secteur digital en particulier».

Améliorer la perception de l'industrie

Pour Nicolas Buck, le grand mérite de la Fedil aura été, tout au long de son histoire, de replacer l'entreprise comme «le garant de la richesse du pays», tout en adoptant une attitude constructive et ouverte par rapport aux changements profonds qui façonnent la société. 

Le président de la Fedil a rendu un hommage appuyé aux anciens dirigeants de l'organisation qui ont contribué à asseoir la légitimité de la Fedil comme un partenaire fiable et à assurer son indépendance. «Cette indépendance est le garant de son développement futur. Nous sommes une organisation libre. La liberté est la première de nos valeurs.»

Après avoir remercié toute la communauté industrielle pour sa contribution au succès de l'organisation, Nicolas Buck a tourné son regard vers le futur et les prochains défis à relever. 

Plusieurs priorités essentielles vont remplir l'agenda de la Fedil: il s'agira d'aider et d'assister les entreprises technologiques et internationales, de s'orienter vers un mix énergétique durable et de favoriser un cadre légal et financier pour soutenir le déploiement d'investissements immatériels.

Il s'agira aussi, comme dans le passé, d'améliorer la perception du public vis-à-vis de l'industrie. «Nous ne sommes malheureusement pas perçus comme étant un secteur employant des personnes hautement qualifiées. Et pourtant, l'industrie demeure un secteur hautement productif, qui investit dans la recherche, dans les connaissances qui permettent de développer de nouveaux produits et services.»

L'autre enjeu crucial pour la Fedil est l'accès aux terrains pour le développement de projets industriels. Nicolas Buck a demandé aux responsables politiques «de mettre ces terres à disposition et de garantir des délais de constructions plus courts». 

L'exemple récent de Google a montré de façon frappante que les procédures sont assez contraignantes. Il faudra aussi attirer davantage de talents techniques et scientifiques d'ici à 2030. 

«Nous avons besoin d'un nombre plus important d'informaticiens, physiciens, chimistes, ingénieurs et mathématiciens». Pour développer ces compétences, il faut renforcer la promotion de l'industrie auprès des jeunes et continuer à attirer des talents en dehors des frontières.

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