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10 ans d'existence: Nouvelles ambitions pour l'ILA
Économie 3 min. 17.06.2015

10 ans d'existence: Nouvelles ambitions pour l'ILA

La conférence de l'ILA a marqué symboliquement le passage de témoin entre Marie-Jeanne Chèvremont-Lorenzini, présidente sortante, et Raymond Schadeck. (Photo: Guy Jallay)

10 ans d'existence: Nouvelles ambitions pour l'ILA

La conférence de l'ILA a marqué symboliquement le passage de témoin entre Marie-Jeanne Chèvremont-Lorenzini, présidente sortante, et Raymond Schadeck. (Photo: Guy Jallay)
Guy Jallay
Économie 3 min. 17.06.2015

10 ans d'existence: Nouvelles ambitions pour l'ILA

Une commission spéciale PME, un centre de recherche sur la gouvernance, un rôle consultatif renforcé, ... L'Institut luxembourgeois des administrateurs (ILA) affiche de nouvelles ambitions pour ses dix ans d'existence.

(ndp).- ILA. Raymond Schadeck connaît. Il connaît très bien même, puisque cela fait déjà plusieurs années qu'il est administrateur, membre du comité de direction et président de la commission formation. C'est donc tout naturellement qu'il a accepté de prendre la présidence de l'Institut luxembourgeois des administrateurs à partir du 1er juillet prochain. «L'institution étant encore jeune, il reste encore beaucoup à faire», a observé le futur président.

L'ILA, qui a célébré hier ses dix ans d'existence lors d'un événement au domaine thermal de Mondorf, compte à ce jour quelque 950 membres, allant de la grande entreprise cotée à l'administrateur indépendant. Créée en avril 2005 à l'initiative de Patrick Zurstrassen et sept autres dirigeants d'entreprises luxembourgeoises, l'association est aujourd'hui dirigée par un conseil d'administration composé de 19 membres dont 32 % de femmes, «sans avoir jamais imposé de quotas», a précisé Marie-Jeanne Chèvremont-Lorenzini, la présidente sortante. «Nous avons aussi lancé un processus de certification il y a cinq ans et nous comptons aujourd'hui 52 membres certifiés», a-t-elle ajouté.

Les PME en ligne de mire

Souvent perçu comme un institut qui représente les membres de la place financière, l'ILA a pour ambition de «changer cette perception», a déclaré M. Schadeck. Dans cette perspective, il vient de mettre sur pied une commission spécialement dédiée aux PME et propose de mieux prendre en compte les soparfis, les organisations sans but lucratif et le secteur public. Raymond Schadeck souhaite aussi se pencher sur les délégations du personnel, qui sont parfois une source de frictions au sein des conseils d'administration. «Force est de constater que tous les acteurs n'ont pas toujours compris quel est leur objectif et pourquoi certains raisonnent de façon différente que les représentants des actionnaires p. ex. Notre ambition n'est pas d'éduquer l'un ou l'autre groupe, mais de faire comprendre qu'il peut y avoir au sein d'un conseil un grand mix d'intérêt général».

L'ILA entend par ailleurs mettre l'accent sur la recherche dans le domaine de la gouvernance. Les fonds récoltés à l'occasion de la cérémonie de célébration des dix ans seront doublés par ceux du Fonds national de la recherche (FNR) pour financer deux thèses dans le domaine de la recherche sur la gouvernance. L'idée à terme étant «de créer au Luxembourg un centre de recherche dédié à la gouvernance».

Si l'ILA est aujourd'hui reconnu comme l'association de référence pour les administrateurs à Luxembourg, il souhaite encore mieux faire entendre sa voix. «Nous ne sommes pas toujours sollicités sur toutes les questions ou projets législatifs qui nous concernent», a observé le dirigeant, qui souhaite créer le réflexe de cette consultation. Pour «influencer la gouvernance du futur», il ne faut pas non plus perdre de vue les directives européennes. Alors que la limitation des mandats au sein des banques systémiques fait toujours débat aujourd'hui, «nous disposons d'une certaine marge de manoeuvre à Luxembourg, mais elle est relativement faible face au projet de directive européenne», a déploré M. Schadeck.

Gouvernance des filiales

Pour contribuer au développement de la place financière luxembourgeoise, l'ILA s'est aussi penché sur la gouvernance des filiales de groupes. «Nous avons regardé ce que dit la loi, ce qu'expriment les principes généraux et comment cela est appliqué en pratique», a expliqué Tom Loesch, membre du groupe de travail ILA sur la gouvernance interne. «Le problème de la gouvernance des filiales est un vrai problème au Luxembourg par l'envergure que la place financière a prise. Il existe aujourd'hui une grande variété de types de sociétés qui ont été constituées sur les trente dernières années par des maisons mère», a-t-il expliqué.

Au niveau du droit des sociétés, la notion d'intérêt des groupes n'existe pas au Luxembourg, a précisé l'expert. Il existe néanmoins le concept de droit de la société ou «l'intérêt social», si bien que l'administrateur se trouve souvent dans une situation où il doit répondre à des intérêts différents. L'étude s'est ainsi penchée sur les bonnes pratiques à appliquer pour gérer certains conflits au sein des conseils et a formulé des recommandations à l'égard des administrateurs.


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