Changer d'édition

Villa Vauban, cinquième anniversaire: «Privilégier le dialogue autour des collections»
A l'image du contenu, le contenant oscille entre passé et présent.

Villa Vauban, cinquième anniversaire: «Privilégier le dialogue autour des collections»

(Photo: Lex Kleren)
A l'image du contenu, le contenant oscille entre passé et présent.
Culture 4 min. 02.05.2015

Villa Vauban, cinquième anniversaire: «Privilégier le dialogue autour des collections»

Le 2 mai 2010 les visiteurs découvraient une Villa Vauban flambant neuve. Cinq années après sa profonde mutation, Danièle Wagener, la directrice du Musée d'art de la Ville de Luxembourg, explique les raisons du succès.

Interview: Thierry Hick

Le 2 mai 2010 les visiteurs découvraient une Villa Vauban flambant neuve. Cinq années après sa profonde mutation, l'institution a su se tailler une place sur la scène muséale du pays et trouver son public. Danièle Wagener, la directrice du Musée d'art de la Ville de Luxembourg, explique dans un entretien les raisons de ce succès.


Madame Wagener, décrivez-nous le parcours de la Villa Vauban ces cinq dernières années.

Notre travail consiste aujourd'hui encore à promouvoir et faire découvrir nos collections à un public tant local qu'international. Ces collections sont aussi un atout de taille, une monnaie d'échange en quelque sorte, pour l'échange et le prêt d'œuvres de musées étrangers. Ainsi, nous avons eu l'occasion pour des accueils ou des prêts de travailler avec le Rijksmuseum d'Amsterdam, la Hamburger Kunsthalle, l'Hermitage de Saint-Pétersbourg, le Louvre ou le Petit Palais de Paris.

Au-delà de ces partenariats, vos collections ont également tenu une place de choix dans le calendrier de vos expositions. Ne fut-ce pas risqué de miser principalement sur vos trois collections maison?

Afin d'encore mieux connaître notre patrimoine, nous avons mené un vaste travail de recherches, d'analyses et en partie de restauration de nos œuvres. Au-delà de notre cycle «Collections en mouvement», il nous a paru intéressant de confronter et mettre en dialogue nos toiles avec celles de musées partenaires, tel fut par exemple le cas pour notre première exposition «Golden Age Reloaded». 

Danièle Wagener veut fidéliser le public.
Danièle Wagener veut fidéliser le public.
(Photo: Gerry Huberty)

Comment expliquer l'engouement du public pour ces œuvres anciennes?

Il y a l'art et la manière de monter une exposition, il faut un concept capable d'intéresser un large public. Par exemple, en choisissant une thématique appropriée et proposer aux visiteurs une interprétation des œuvres en question. Grâce à notre travail de recherche, nous sommes capables de fournir des informations supplémentaires autour de chaque œuvre exposée, de raconter ses origines, son histoire. Le public, en venant au musée, veut aussi approfondir ses connaissances.

C'est donc pour cette raison que vos expositions s'accompagnent toujours d'un vaste programme de manifestations et d'animations parallèles. Faut-il aujourd'hui emballer la présentation d'art classique avec des attributs modernes pour plaire au public?

Notre but, notre mission est d'offrir un accès à l'art le plus large possible. Il faut fidéliser le visiteur en lui proposant une approche et un vocabulaire adaptés. Le visiteur, quel que soit son âge, pourquoi ne viendrait-il pas plusieurs fois voir une même exposition en participant à différentes manifestations?

Lors de la réouverture de la Villa Vauban, vous annonciez renforcer la collaboration avec les musées de la Grande Région. Qu'en est-il aujourd'hui?

Nos échanges avec les musées de la Grande Région concernent davantage l'échange de connaissances, de collaborations techniques. Il ne fait pas sens de présenter une exposition similaire à Luxembourg, Metz ou Trèves. 

Les collections couvrent une période allant du XVIIe au XXIe siècles.
Les collections couvrent une période allant du XVIIe au XXIe siècles.
(Photo: Tania Feller)

On peut s'étonner que la Villa Vauban s'intéresse à l'art contemporain.

Nos collections couvrent une période allant du XVIIe au XXIe siècles et comportent des œuvres d'artistes luxembourgeois et étrangers. L'art contemporain n'a rien de nouveau pour nous, puisque la Ville de Luxembourg continuer d'acheter des créations d'aujourd'hui. Je veux tout de même préciser que lorsque nous exposons des créations contemporaines nous les mettons toujours face à des œuvres plus anciennes. Une fois encore, c'est la notion de dialogue qui prime. A l'image de notre exposition actuelle «Absence of Subject», qui voit s'associer les photographies d'August Sander et Michael Somoroff. Le même concept a été appliqué pour les expositions «Alt.Macht.Neu» et «Emotions» où des créations contemporaines ont côtoyé nos collections permanentes. Cette discussion entre le passé et le présent s'exprime en outre au travers de notre bâtiment, une fusion entre une partie historique et une annexe contemporaine.

Disposez-vous des moyens financiers nécessaires pour vos ambitions?

Bien sûr, les restrictions budgétaires nous concernent également. Nous avons commencé nos efforts d'économie dès 2009, de ce fait nous n'avons pas de problèmes financiers majeurs aujourd'hui. Nous avons atteint un bon rythme de croisière, ce qui nous permet de poursuivre nos activités en toute sérénité.

Quelle sera la situation de la Villa Vauban dans dix ans?

Le musée doit s'efforcer d'accueillir et de fidéliser encore plus de visiteurs. Et de continuer à mettre en avant nos collections. Il reste du travail à accomplir. J'aimerais aussi poursuivre nos partenariats internationaux en présentant une fois par an une exposition d'envergure. En été, le parc adjacent à la galerie devra davantage devenir un point de rencontre et inciter le visiteur à venir au musée. Un autre projet me tient très à cœur: un musée pour enfants. L'idée est d'adapter en été une partie de nos salles pour les enfants: ajuster la hauteur des œuvres exposées, trouver les mots justes, adapter nos propos à leur imagination ou à leur univers pour leur faciliter la compréhension de l'art. Nous travaillons actuellement à ce projet


Sur le même sujet

Les musées: refuges contre la chaleur
Si de grandes chaleurs sont attendues sur le Luxembourg pour cette fin de semaine, les musées de la ville offrent la garantie de pouvoir passer quelques heures au frais tout en se cultivant.
Véritables lieux de fraîcheur, ils offrent la garantie de pouvoir passer quelques heures loin de la chaleur.
Réouverture du MNHA: [Vidéos]: Changement de cadre
Cela fait cinq ans que le Musée national d'histoire et d'art 
était partiellement fermé suite à une grosse secousse dans le quartier qui avait endommagé 
les maisons Wiltheim. Pour sa réouverture ce week-end, il nous réserve quelques surprises. 
Et notamment la place offerte à l'art contemporain luxembourgeois.
MNHA
Villa Vauban: Sosthène Weis et les Maîtres anciens
La galerie d'art municipale de Luxemburg Villa Vauban propose pour les fêtes de fin d'année une double exposition. Aux côtés des aquarelles de Sosthène Weis le visiteur découvrira quelques peintures, gravures et sculptures  d'anciens maîtres.
Lorenzo Nencini: Bacchus