Changer d'édition

«Utiliser au maximum les possibilités que nous offre ce lieu»
De son bureau de directeur à la scène de concerts, John Rech va devoir gérer son emploi du temps et se fixer de nouvelles priorités.

«Utiliser au maximum les possibilités que nous offre ce lieu»

Photo: Guy Jallay
De son bureau de directeur à la scène de concerts, John Rech va devoir gérer son emploi du temps et se fixer de nouvelles priorités.
Culture 5 min. 28.02.2019

«Utiliser au maximum les possibilités que nous offre ce lieu»

Thierry HICK
Thierry HICK
John Rech succède à Danielle Igniti à la tête du centre culturel «opderschmelz». Il veut une continuité dans la programmation, tout en apportant une teinte nouvelle avec son équipe. Interview.

Danielle Igniti a fait ses cartons depuis quelque temps. Elle a cédé sa place ce 1er mars à un ancien collègue de travail, qui connaît la maison comme sa poche. Vendredi, John Rech, par ailleurs chanteur du groupe Dreamcatcher et dessinateur de bande-dessinée, a pris la direction du centre «opderschmelz» de Dudelange. Nous l'avons rencontré quelques jours avant sa prise de fonction.

Succéder à Daniel Igniti ne doit pas être une mince affaire. Dans quel état d'esprit êtes-vous avant de reprendre la direction du centre «opderschmelz»?

Chacun a son propre caractère, chacun apporte son propre élan. De mon côté, je suis content de pouvoir continuer de construire ce que nous avons réussi à bâtir tout au long des années. Mon travail va s'inscrire dans la continuité, même si je vais y apporter non seulement mes accents, mais aussi ceux de toute une équipe.


Interview Danielle Igniti au centre Culturel op der Schmelz, a Dudelange, Luxembourg, le 29 Janvier 2015. Photo: Chris Karaba
Danielle Igniti rejoint le CA du Mudam
Le conseil de gouvernement vient de nommer Danielle Igniti au Conseil d'administration du Mudam

Bien connaître la maison, est-ce un réel avantage?

Sans hésitation, un avantage. Cette année j'en suis à ma 26e Fête de la musique, j'ai donc débuté bien avant l'ouverture de notre centre en décembre 2007. Notre maison, dont je connais l'histoire depuis le début, est complexe, tant du point de vue des lieux que de la technique et de la logistique. Notre service culturel se partage avec le Centre national de l'audiovisuel à parts égales la gestion du bâtiment. Il importe de pouvoir utiliser au maximum les possibilités que nous offre ce lieu.

Quelle griffe allez-vous donner au centre «opderschmelz»?

Notre équipe va aussi évoluer, cela va créer une nouvelle dynamique et des idées nouvelles. Nous devons maintenir le haut niveau de qualité que nous avons atteint. Nous avons une réputation à défendre.

N'avez-vous pas peur que le travail administratif vous empêche de monter régulièrement sur scène?

Certains font du jogging lors de leur temps libre, moi des concerts. Je vais continuer de monter sur scène, c'est évident. Mais, peut-être moins souvent qu'avant. Faudra voir ce qui sera réalisable dans le futur. Ensuite, chacun dans l'équipe aura de nouvelles responsabilités.

Le jazz va-t-il continuer à tenir le haut de l'affiche?

Cela fait maintenant près de 30 ans que nous organisons des concerts de jazz à Dudelange. Nous arrêter maintenant serait complètement idiot. On veut maintenir notre force. La scène jazz du Luxembourg, que nous avons accompagnée, sait bien que nous n'allons pas abandonner ce volet de notre programmation, qui désormais sera piloté par Patricia Jochheim.

On connaît votre passion pour la musique. Qu'en est-il des autres volets de la programmation?

En plus de dix années de fonctionnement nous avons noué de bons contacts avec des agents de concerts et avons une vaste expérience dans de nombreux domaines. En ce qui me concerne, j'ai largement appris et découvert beaucoup de choses. Je suis quelqu'un de curieux. Ensuite, la programmation d'un centre comme le nôtre est une fois encore un travail d'équipe.

Vous parlez beaucoup de votre équipe...

J'ai toujours privilégié le travail en groupe. Cela a été notre force, dans le passé, cela l'est au présent et le sera dans le futur. Je ne peux concevoir une direction seule. J'ai joué au basket et dans des groupes de musique: dans les deux cas, c'est l'esprit d'équipe qui compte. Je n'ai jamais fonctionné autrement.

Les deux galeries d'art communales de Dudelange seront-elles toujours reliées au centre?

Absolument. Marlène Kreins est en train de planifier l'agenda pour les années à venir. Il faut un peu de temps pour mettre les choses en place. Nous allons profiter de cette année de transition pour mettre en évidence les collections de la Ville de Dudelange et célébrer le centenaire du décès du peintre Dominique Lang.

Comment comptez-vous fidéliser votre public?

On y travaille sans cesse. Heureusement, depuis quelques mois nous avons deux personnes qui s'occupent de la promotion de notre affiche pour atteindre notre public cible. Offrir de la qualité reste finalement notre meilleure publicité pour fidéliser le spectateur.

Quelle est la place d'«opderschmelz» dans la ville, la région et dans le pays?

Cela dépend des programmes. Un spectacle scolaire sera forcément plus local, voire régional, – au Luxembourg la différence est souvent limitée – un concert de jazz s'adressera à un public plus national, un festival aura une portée plus large encore.


28.11.2017 Luxembourg, Dudelange, Danielle Igniti, 10 Joër Opderschmelz,  photo Anouk Antony
Les 10 ans du centre culturel opderschmelz : «Une mission de service public»
Jeudi soir, le centre culturel opderschmelz de Dudelange souffle ses dix bougies. Le temps de faire le point avec la maîtresse des lieux: Danielle Igniti.

Disposez-vous toujours des dix pour cent du budget total de la commune pour la culture? Un luxe, non?

Ils sont garantis. C'est évident, un programmateur veut toujours plus... Par rapport au reste du monde on est des privilégiés. Ne l'oublions pas! Mais au-delà de la seule question d'argent, nous avons une totale liberté dans nos choix artistiques. Ceci est encore plus important. On ne va pas inviter André Rieu parce que quelqu'un nous l'impose. Je peux aussi refuser des choses. Les Chippendales ne viendront jamais à Dudelange. Cela ne correspond pas à notre mission culturelle.

Votre grand-père Louis Rech a été bourgmestre de Dudelange pendant 20 ans. Avec votre nom – Rech – était-ce obligatoire de vous lancer en politique? De mauvaises langues disent que votre nomination est politique.

La politique et ma nomination sont en fait deux choses séparées. Quand j'étais plus jeune et qu'on me demandait mon nom, je répondais toujours «John!». Je n'ai jamais été le petit-fils de ou le fils de – mon père n'a pas fait de politique. Sinon, j'aurais choisi un chemin moins long et moins compliqué. Je suis membre du LSAP depuis l'âge de 15 à 16 ans. Si je me suis présenté aux élections l'année passée, c'est avant tout pour faire passer un message. Au lieu de critiquer un manque d'intérêt pour la politique, il faut s'engager et ne pas avoir peur de défendre ses idées, ses opinions et ses convictions.

Dernière question: comment se portera votre centre dans dix ans?

J'aurai 58 ans. J'espère que nous aurons réussi à maintenir la qualité que nous avons aujourd'hui. Et que notre équipe s'identifiera toujours avec notre maison avec le même enthousiasme.  

Suivez-nous sur Facebook, Twitter et abonnez-vous à notre newsletter de 17h.


Sur le même sujet