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Un secteur sous surveillance
Culture 4 min. 03.10.2018 Cet article est archivé

Un secteur sous surveillance

Le film «Sawag» d'Adolf El Assal a reçu une aide à la production de 2.635.527 euros.

Un secteur sous surveillance

Le film «Sawag» d'Adolf El Assal a reçu une aide à la production de 2.635.527 euros.
Laurent Ludwig
Culture 4 min. 03.10.2018 Cet article est archivé

Un secteur sous surveillance

Thierry HICK
Thierry HICK
L'exercice se répète en cette période de l'année: le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Film Fund) présente son bilan annuel. Comme chaque année, le constat est le même: le secteur se porte bien. Malgré les questions et les critiques.

Guy Daleiden, le directeur du Film Fund peut se réjouir: le secteur du film au Luxembourg est toujours en expansion, les projets, aussi variés soient-ils, ne manquent pas.

Les producteurs de cinéma, venus assister en nombre hier au Casino Luxembourg à la présentation du bilan 2017 du Film Fund, se félicitent eux aussi du chemin parcouru. Leurs revendications, qui ont rythmé la semaine dernière la cérémonie du Lëtzebuerger Filmpräis sont mises en sourdine. Une réunion de travail avec les responsables du Film Fund dans la foulée devait aborder l'épineuse question du rallongement de l'enveloppe financière pour l'octroi d'aides sélectives. Aujourd'hui, de quelque 34 millions, le chiffre de 50 millions est souhaité.

Guy Daleiden ne cesse de répéter à qui veut l'entendre: «Ce n'est pas à moi de décider. C'est au ministre de tutelle de faire un choix. Je ne vois pas l'avenir avec les yeux d'un homme politique ou d'un producteur de cinéma.»

Le ministre des Médias et Communication Xavier Bettel ne s'est pas encore clairement exprimé sur la question. L'audit du secteur audiovisuel qu'il a commandé n'a pas encore apporté les réponses aux questions que tout le monde se pose.

Autres critiques soulevées hier au cours de la conférence de presse: le mode de travail du Film Fund et de son Comité de sélection. Une fois encore, Guy Daleiden, énervé, répond: «Nous avons une loi et des règles internes qui règlent notre travail, que nous faisons en toute transparence. Nous sommes contrôlés et nous contrôlons le travail du secteur pour être certain que les conditions et critères que nous appliquons dans l'attribution d'aides soient effectivement mis en œuvre». Présent hier matin au Casino Luxembourg, Nicolas Steil, qui d'habitude ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de défendre le secteur, a expliqué les contraintes et les engagements qui sont d'usage dans son travail de producteur de cinéma.

Guy Daleiden avait à peine présenté son bilan, que le député Félix Eischen (CSV) s'adressait comme en 2017 avec une question parlementaire à Xavier Bettel pour avoir quelques explications quant au fonctionnement du Film Fund.

La dernière du président Jean-Louis Scheffen

Jean-Louis Scheffen quitte son poste de président du Comité de sélection. Avant de passer en revue les chiffres-clé de l'année 2017 (voir encadré ci-contre), il a lui aussi profité de l'exercice pour rappeler les principes de fonctionnement de son comité. «Pour être retenu, un film doit non seulement avoir un intérêt artistique, mais doit aussi avoir un impact économique et contribuer au développement du patrimoine socio-culturel et historique. Bien sûr, les cinq membres du comité de sélection ne sont que des êtres humains, les choix sont forcément subjectifs mais pris en âme et conscience.»

Un comité de sélection nouvellement constitué ne se réunira qu'en décembre «pour des raisons budgétaires», selon le président sortant. Ledit comité ayant déjà presque distribué l'ensemble de son budget, les dernières aides allouées cette année devraient être réduites au minimum.

Comme déjà annoncé l'année passée, la modification du système de points déterminant le montant d'aides allouées est toujours à l'étude.

Guy Daleiden a ensuite poursuivi son exposé en rappelant les deux axes du Film Fund: développement et promotion.

Dans ce deuxième domaine de nombreux résultats ont pu être enregistrés en 2017. Outre la participation au Luxfilmfest, le cinéma «made in Luxembourg» a renforcé sa présence à l'international.

Des accords de production ont été signés ou reconduits avec des partenaires chinois, canadiens et japonais. Les collaborations au niveau européen – convention européenne révisée du Conseil de l'Europe sur la coproduction cinématographique, Eurimages, Desk Europe Créative – Media – ont été poursuivies et développées.

Des initiatives auxquelles viennent s'ajouter les participations à de nombreux festivals, accompagnées de nominations et prix.

www.filmfund.lu


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