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Tel qu’il fut, reste et restera
Culture 2 min. 24.10.2016 Cet article est archivé
"Gainsbourg, Gainsbarre...Faut voir"

Tel qu’il fut, reste et restera

Un homme qui se protégeait en s'inventant dans les médias à l'image 
d'un artiste-enfant 
terrible?
"Gainsbourg, Gainsbarre...Faut voir"

Tel qu’il fut, reste et restera

Un homme qui se protégeait en s'inventant dans les médias à l'image 
d'un artiste-enfant 
terrible?
Photo: Bohumil Kostohriz
Culture 2 min. 24.10.2016 Cet article est archivé
"Gainsbourg, Gainsbarre...Faut voir"

Tel qu’il fut, reste et restera

Vesna ANDONOVIC
Vesna ANDONOVIC
Au Théâtre des Capucins, Hervé Sogne et ses partenaires, chanteurs, danseurs et musiciens, invitent le public à retrouver l’univers de «Gainsbourg-Gainsbarre». Mais pourquoi est-ce une réussite?

par Stéphane Gilbart - Un spectacle consacré à Serge Gainsbourg, Hervé Sogne en rêvait depuis longtemps. Il l’a enfin concrétisé sous la forme bienvenue d’une espèce de comédie musicale qui organise une rencontre avec le chanteur-compositeur-interprète dans quelques-unes de ses nombreuses facettes.

Le rideau s’ouvre sur une de ces émissions télévisées de variétés qui eurent leur succès dans les années soixante-dix: un immense rideau pailleté, un grand escalier blanc orné d’ampoules clignotantes, un piano blanc avec un pianiste en habit blanc (une scénographie de Christian Klein).

Hervé Sogne entre en scène : il s’est fait la tête – et le nez – de Gainsbourg; il en a adopté la gestuelle; il en a les intonations. Premières interventions: on reconnaît Bambou, la mère de Lulu. Charlotte, sa fille avec Jane Birkin, suit.

Pas de défilé de copies

Une question se pose alors: va-t-on simplement assister à un défilé de copies conformes, à un spectacle de pure imitation, de banal cabaret? Eh bien non! Tout se met en place. La représentation va trouver son rythme et justifier sa raison d’être.

Sa cohérence fait la réussite du spectacle.
Sa cohérence fait la réussite du spectacle.
Photo: Bohumil Kostohriz

Ce qui emporte l’adhésion et fait la réussite du spectacle, c’est sa cohérence, c’est la pertinence et la convergence de ses moyens scéniques.

Il y a bien un défilé des égéries-créatures-créations de Serge Gainsbourg: après Bambou et Charlotte, France Gall, Jane Birkin ou Brigitte Bardot. Mais incarnées par des comédiennes-chanteuses (Xenia Katina, Désirée Ottaviani, Joëlle Lahr, Jeanne Serikbayeva, Lea Sevenig), si vraies dans leurs apparences, elles ne sont pas que des clones scéniques, elles deviennent symboliques des étapes et des thématiques musicales d’un parcours.

Il en a rêvé, il l'a fait: Hervé Sogne est Gainsbourg.
Il en a rêvé, il l'a fait: Hervé Sogne est Gainsbourg.
Photo: Bohumil Kostohriz

Entre Serge l’excentrique
et Serge l’introverti

Des séquences d’interviews ponctuent les séquences chantées, mettant en évidence certains éléments fondateurs du chanteur. Deux danseurs (Mamadou Cissé et Albino Gomis) concrétisent dans leurs pas la multiplicité des inspirations de Gainsbourg – dont un époustouflant numéro de break-dance.

Un élément essentiel dans la caractérisation du spectacle est sa musique en direct, aux superbes atmosphères, avec les interventions du pianiste Rudi Schubert et de la poly-saxophoniste Nadine Kauffmann: revisitant, personnalisant les partitions de Gainsbourg, ils sont tous deux de réels interprètes à part entière; la représentation leur doit beaucoup.

Quant à Hervé Sogne, le maître d’œuvre de ce spectacle maîtrisé, il s’identifie absolument à ce personnage qu’il voulait assumer, humainement et musicalement. Grâce à lui, Gainsbourg-Gainsbarre est bien apparu tel qu’il fut, tel qu’il reste et tel qu’il restera.

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Représentations au Théâtre des Capucins les 24 et 28 octobre à 20 heures. Réservations au tél. 47 08 95-1 ou sur www.luxembourgticket.lu.