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Steven Wilson: Le prince aux pieds nus
Steven Wilson

Steven Wilson: Le prince aux pieds nus

Photo: Pierre Matgé
Steven Wilson
Culture 6 2 min. 01.02.2019

Steven Wilson: Le prince aux pieds nus

Un millier de fans a fait le pèlerinage de Belval pour applaudir Steven Wilson, l’ancien leader de Porcupine Tree.

Par Jacques Feis

 Le matériel entassé devant nous fait de la petite scène du Rockhal Club un véritable capharnaüm. Une bonne dizaine de guitares et de basses attendent sagement d’être prises en main, des claviers de tous les types (analogique, électronique, digital) s’empilent les uns à côté des autres, le sol est jonché de pédales à effets.

A lui seul, l’imposant kit de batterie pourrait remplir une chambre d’étudiant… «Mais ce n’est pas de la frime, tu verras : le mec utilise tous ses toms et la moindre cymbale», nous glisse un connaisseur. D’ailleurs, dans la salle, il n’y a que des connaisseurs, pas le moindre curieux. Un bon millier de fans, venus d’un peu partout, de Bastogne, de Longuyon ou de Forbach, au mépris des conditions météo, pour applaudir Steven Wilson et son groupe.

Pour le commun des mortels, Steven Wilson est «l’artiste britannique le plus successful dont vous n’avez jamais entendu parler», comme le qualifia un jour le Daily Telegraph. Mais pour ceux qui ont fait le pèlerinage d’Esch-Belval, cet homme de 51 ans est un prince, un héros absolu. L’ancien leader de Porcupine Tree, et de quantité de projets et partenariats musicaux les plus divers, évolue aux confins du progressive rock et du metal. Et comme il aime aussi brouiller les pistes, il ne rechigne pas à taper dans l’électronique, le «noise», voire la dance.

L’élégance de chauffeurs routiers britanniques

Sur scène, il ne fait pas de chichis : simple t-shirt noir, pantalon noir qui a déjà connu des jours meilleurs. Pas de chaussures : Steven Wilson joue pieds nus, comme toujours… Les quatre musiciens qui l’accompagnent ont l’élégance de chauffeurs routiers britanniques, ceux qu’on croisait au bar du ferry quand les gens prenaient encore le ferry pour l’Angleterre. Le batteur pourrait être chauffeur de taxi. Une fois n’est pas coutume, personne n’arbore de tatouages sur le moindre centimètre carré de peau.

Le public est à l’avenant: les barbes grises et les têtes blanches sont très largement majoritaires. Certains fans ont pris la peine de se munir d’earplugs. Car Wilson et sa bande jouent fort, très fort. Comme tous les groupes britanniques. Et comme ils ne sont plus tout jeunes non plus, ils s’offrent même un petit entracte après sept morceaux. Puis ils remettent la gomme pour de bon. Neuf chansons plus tard, et trois autres en guise de rappel, il est déjà l’heure de rentrer et d’affronter la neige fraîche qui n’a cessé de tomber tout au long de la soirée.