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Stéphane Bern sous le charme de Garbo
Culture 2 min. 25.10.2019

Stéphane Bern sous le charme de Garbo

Elle a brillé sur les écrans et s'est éclipsée de la vie mondaine: Garbo se révèle au gré de 65 lettres mises aux enchères.

Stéphane Bern sous le charme de Garbo

Elle a brillé sur les écrans et s'est éclipsée de la vie mondaine: Garbo se révèle au gré de 65 lettres mises aux enchères.
Photo: ARD/Degeto
Culture 2 min. 25.10.2019

Stéphane Bern sous le charme de Garbo

Notre chroniqueur évoque la divine actrice, et sa face sombre: une solitude crépusculaire qui a poursuivi la star d'Hollywood jusqu'à ces derniers jours. Preuve qu'une star peut aussi être une étoile noire.

On l’appelait «le Sphinx suédois». Greta Garbo, l'actrice insaisissable d'Hollywood des années 1930, reste pour tous les cinéphiles un mystère impénétrable. Née Greta Lovisa Gustafsson en 1905 à Stockholm, celle que l’on surnommait aussi «la divine» a bâti sa légende, construit un mythe, se murant dans son silence, et refusant d’apparaître en public même pour les premières de films. 

Federico Fellini dira d’elle qu’«elle fut la fondatrice d'un ordre religieux appelé cinéma», laissant en héritage des chefs-d’œuvre du 7ème Art comme «la reine Christine», «Anna Karenine», «Mata Hari», «Marie Walewska», «Le Roman de Marguerite Gaultier» ou le classique «Grand Hôtel» de 1932 dans lequel elle prononce sa célèbre phrase : «Je veux être seule».


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Nul ne pouvait alors imaginer à quel point cette réplique lui allait comme un gant, tant elle cultivait la solitude en se protégeant du monde et des autres. Mais jusqu’à l’extrême! Pour autant, lors d’une de ses rares interviews, elle avait pris ses distances avec cette phrase : «Je n’ai jamais dit que je voulais être seule, j’ai dit que je voulais qu’on me laisse tranquille. Cela fait une différence». Pas sûr. 

A l’occasion d’une vente aux enchères organisée par Swann Auction Galleries, une liasse de 65 lettres intimes ont été rendues publiques et révèlent la personnalité complexe de l’actrice, la face sombre de cet astre solaire, et, surtout, son effroyable solitude. Ces feuilles, griffonnées au crayon et en lettres majuscules, ont toutes été écrites à sa grande amie l'actrice et écrivain autrichienne Salka Viertel, scénariste de ses films, sur une période de 40 ans entre 1932 et 1973.


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Ce témoignage d'introspection unique de la grande Garbo aurait dû rapporter jusqu'à 60.000 dollars mais le lot n’a pas trouvé preneur. Même chez les collectionneurs cinéphiles ou les amateurs de memorabilia. Dans une lettre écrite à Viertel en 1937, lors d'un voyage en Suède, Garbo déclare : «Je sais que je suis une personne impossible… Je ne vais nulle part, je ne vois personne». Elle ajoute qu'elle a fait de même à Hollywood, constatant avec amertume «C’est difficile et triste d’être seul, mais il est parfois encore plus difficile d’être avec quelqu'un…».

Au fil des lettres écrites à sa confidente Salka Viertel - laquelle vivait alors en Suisse près de son fils Peter Viertel, marié à l’actrice écossaise Deborah Kerr - la fille du balayeur de rues de Stockholm devenue une icône du cinéma à Hollywood, ne cesse de regretter le climat nordique de sa terre natale et de jeter un regard critique sur la machine à rêves américaine.

 Être ou avoir été

Ces lettres apportent du crédit au mythe de Garbo qui quitta la scène publique à l’âge de 36 ans, en 1941, jusqu’à sa mort à 84 ans, le 15 avril 1990. «La femme aux deux visages» voulait partir en pleine gloire, à l’apogée de son art.

«J’étais Greta Garbo», répondit-elle à un passant qui lui demandait des années plus tard dans une rue de New-York si elle était bien la star qu’il croyait reconnaître. Être ou avoir été, telle était bien la question que se posait cette star, forcément seule comme le sont toutes les figures de proue.


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