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Stéphane Bern en pince pour Maggie Smith
Culture 3 min. 03.01.2020

Stéphane Bern en pince pour Maggie Smith

Les plus jeunes ont apprécié le jeu de la comédienne dans Harry Potter.

Stéphane Bern en pince pour Maggie Smith

Les plus jeunes ont apprécié le jeu de la comédienne dans Harry Potter.
Photo : Jaap Buitendijk/Focus Features/d
Culture 3 min. 03.01.2020

Stéphane Bern en pince pour Maggie Smith

Stéphane BERN
Stéphane BERN
Théâtre, cinéma, séries TV: la comédienne britannique a excellé sur scène comme sur les écrans. A 85 ans, elle reste une légende dans l'art de la comédie joyeuse ou ténébreuse. Cela valait bien un coup de chapeau de la part de notre chroniqueur.

Il y a quelques mois, le quotidien The Daily Telegraph s’interrogeait en titre : «Maggie Smith est-elle la meilleure actrice britannique?». La question n'est pas sans fondement, car cette vénérable et redoutable interprète, qui a fêté ses 85 ans samedi dernier, entre dans la catégorie de "trésor national". Sa carrière dépasse de loin les rôles qui lui ont valu une renommée planétaire à l’âge de la maturité.

C'est elle qui incarne le professeur Minerva McGonagall dans la saga Harry Potter et la comtesse veuve Violet Crawley de la série à succès Downton Abbey. «Maggie a la qualité de pénétrer chaque ligne avec une ingéniosité et une dimension que parfois le texte ne mérite pas», confie l'auteur. En plus de 60 ans d'expérience, Miss Smith a tout accompli, surtout au théâtre, où elle a commencé dans des comédies légères et s'est consacrée à des tragédies.


Stéphane Bern fan de «Downton Abbey»
Notre chroniqueur revient sur l'avant-première du film imaginé par Julian Fellowes et qui fait suite à la série à succès du même nom. Et ne lésine pas sur les compliments.

Au chapitre des prix et récompenses, aucun ne manque, et cela comprend deux Oscars - pour Les meilleures années de Miss Brodie, en tant qu'actrice principale en 1970, et California Suite, en tant que secondaire en 1979 - un Tony Award, cinq Baftas, trois Golden Globes et quatre Emmy Awards.

En outre, en 1990, la reine Elizabeth II l'a investie en tant que Dame commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique et, en 2014, lui a accordé une nomination encore plus exclusive dans l'Ordre comme Compagnon d'Honneur (distinction qu'elle partage, encore une fois, avec Judi Dench et l'écrivain JK Rowling).

Malgré son âge avancé, 85 ans, Maggie Smith n'a pas l'intention de prendre sa retraite. Elle reviendra, en février, au théâtre avec un monologue puis sera à l’affiche du film A Boy called Christmas. Mais elle se désole que le succès de la série télévisée Downton Abbey lui ait fait perdre à jamais l'anonymat dont elle avait pu jouir jusque-là. «Je suis allée seule au théâtre, visiter des galeries... Et maintenant je ne peux plus. C'est effrayant et tout cela à cause de la télévision», se lamente-t-elle.

Le pire, pour cette grande dame des arts, c’est la vogue des selfies! «Avant, ce n'étaient que des autographes, mais maintenant tout le monde veut des photos. Vous commencez à vous sentir comme toutes ces personnes qui croyaient que les photographies vous enlevaient l'âme», a-t-elle admis dans The Times, se demandant ce que les gens pouvaient bien faire ensuite de ces photos où l’on apparaît si moche...

Nouveau titre de gloire

Le plus paradoxal encore est que, dans un récent entretien, Maggie Smith a avoué qu'en tant qu'actrice, aucune des deux sagas qui l’avaient fait connaître internationalement n'était entièrement satisfaisante : «Je n'avais pas l'impression de vraiment jouer».

Mais elle confesse un sens aigu de l’autocritique. «Je rends probablement tout le monde fou parce que je veux toujours continuer à rejouer les scènes et tourner une autre prise, car je n'ai jamais l'impression que ça va», dit encore celle qui ne regarde jamais ses films. Ni les récompenses, ni les honneurs ne suffisent à la satisfaire dans sa quête d’excellence. Avec humilité et humour, elle plaisante sur son nouveau titre de gloire. «Quiconque a vécu assez longtemps est une icône. Une icône assez poussiéreuse...»


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