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Stéphane Bern d'humeur critique
Culture 3 min. 06.09.2019

Stéphane Bern d'humeur critique

Le prince Harry et son épouse Meghan Markle veulent nous inciter à voyager plus éthique et durable. Mais sont-ils de bons exemples?

Stéphane Bern d'humeur critique

Le prince Harry et son épouse Meghan Markle veulent nous inciter à voyager plus éthique et durable. Mais sont-ils de bons exemples?
Photo: AFP
Culture 3 min. 06.09.2019

Stéphane Bern d'humeur critique

Notre chroniqueur revient sur l'initiative du prince Harry d'Angleterre en faveur de déplacements plus «verts». Sauf que son altesse va maintenant devoir se montrer plus rigoureuse dans ses propres voyages, et ce n'est pas gagné...

Par Stéphane Bern

«Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais» : telle pourrait être la morale du lancement, par le prince de Galles Harry, de l’initiative «Travelyst». Il s'agit d'un nouveau partenariat avec les principales agences de voyages pour faire du tourisme une industrie plus éthique et durable. Personne ne peut contester la préoccupation du duc de Sussex pour l'environnement, mais il a tenu à le rappeler à l’occasion de son déplacement officiel (en avion) à Amsterdam. 

Car en lançant «Travelyst» -contraction entre voyage (travel) et catalyseur (catalyst)- le fils cadet du prince de Galles prend le risque d’être lui-même l’objet de violentes critiques s’il ne se montre pas exemplaire. 

Nous partageons une responsabilité vis-à-vis de notre planète et de nous-mêmes

Avec fougue et conviction, le prince Harry a exposé son projet en s’alliant à Booking, Tripadvisor, Skyscanner et Ctrip, certaines des grandes marques du secteur, ainsi que Visa, la grande société de paiement, pour créer «Travelyst», qui, selon lui est « une initiative globale qui s’efforcera de changer l’impact des voyages pour du mieux.

Notre objectif est de susciter l'étincelle d'un mouvement qui transforme l'avenir des voyages, plaçant les communautés au cœur des solutions. Nous croyons au pouvoir et à l'importance des voyages, mais nous partageons également une responsabilité vis-à-vis de notre planète et de nous-mêmes ».


TOPSHOT - Swedish climate activist Greta Thunberg looks on during a meeting in the garden of the Hotel de Lassay ahead of a visit of the French National Assembly, in Paris, on July 23, 2019. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)
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Pour présenter l'initiative, le prince a parlé de ses propres expériences de voyages autour du monde et comment cela l’a inspiré pour bâtir son projet. «Au fil des années, j’ai eu l’insigne privilège de travailler autour du globe pour représenter ma grand-mère la reine, à travers le Commonwealth et au-delà.

Ce rôle m’a donné une perspective des enjeux auxquels la planète est confrontée, et l’opportunité de rencontrer diverses franges de communautés, les écouter me décrire leurs problématiques comme leurs idées de solutions » a-t-il expliqué, s’exposant à quelques questions intrusives sur sa manière de voyager. 

Ibiza, Elton John, etc

Cet été, le prince et son épouse, Meghan Markle, ont voyagé dans quatre avions différents pendant onze jours, à la fois très polluants et coûteux. Ainsi, les ducs de Sussex se sont envolés pour Ibiza au début du mois d’août dans un avion à réaction de 19 places qui coûtait 22.000 euros et émettait six fois plus de carbone qu'un vol commercial.

Puis, ils se sont rendus à Nice chez Elton John, par un autre avion privé tout aussi polluant.

Compenser l'émission carbone

Face aux questions de la presse, le prince a affirmé utiliser « à 99% » des avions commerciaux pour ses déplacements et compenser l’empreinte carbone des autres vols en jets privés… que le Daily Mail s’est empressé de recenser plus nombreux. 

Il a expliqué qu’il continuerait à avoir recours à des vols privés «pour assurer la sécurité de sa famille» mais qu’il compenserait l’émission de carbone. «Nous pouvons tous faire mieux, et, bien que personne ne soit parfait, nous avons tous une responsabilité sur notre impact environnemental » a-t-il concédé en guise de mea culpa. Dommage que personne ne lui ait dit qu’il y avait dix TGV par jour pour voyager de Londres Saint-Pancras jusqu’à Amsterdam. 

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