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Retour sur sa carrière: Johnny Hallyday: les mille facettes d'un musicien caméléon
Culture 3 3 min. 06.12.2017

Retour sur sa carrière: Johnny Hallyday: les mille facettes d'un musicien caméléon

De la période yéyés avec banane blonde et fine cravate, au blouson en cuir du blues rock, en passant par les extravagantes peaux de bêtes des années 1980, Johnny Hallyday a connu de multiples métamorphoses vestimentaires et musicales.

De la période yéyés avec banane blonde et fine cravate, au blouson en cuir du blues rock, en passant par les extravagantes peaux de bêtes des années 1980, Johnny Hallyday a connu de multiples métamorphoses vestimentaires et musicales.

Le 'king' des yéyés

En 1959, Johnny Hallyday publie son premier 45 tours, qui porte la mention «Américain de culture française». Chemise à rayures et déhanchements torrides, Johnny chante des rocks tout juste débarqués des Etats-Unis. Des influences qui lui vaudront plus tard le surnom d'«Elvis français».

Avec Sylvie Vartan, sa première épouse.
Avec Sylvie Vartan, sa première épouse.
AFP

En 1961, son nouveau manager Johnny Starck lui impose des chansons à mélodie pour élargir son public. Le jeune blouson noir, gueule d'amour et bagarreur, devient «l'idole des jeunes». En 1965, son mariage avec Sylvie Vartan fait du jeune couple le roi et la reine incontestés des yéyés.

Le hippie

Johnny s'était moqué des prémices du «flower power» en 1966 avec son «Cheveux longs, idées courtes». Mais quelques années plus tard, le rockeur monte tant bien que mal dans le train hippie. 

Il interprète «San Francisco», hymne à la non-violence, puis chante que «Jésus-Christ est un hippie» sur un texte de l'écrivain Philippe Labro. C'est l'époque où le blouson noir porte pantalons scintillants, colliers de fleurs et chemise à jabot.

Hamlet

En 1976, Johnny publie «Hamlet», un concept-album inspiré par la tragédie shakespearienne et très marqué par le rock progressif. 

Le double album, qui comporte des titres comme «Ophélie, Oh folie», «L'asticot roi» et «To be or not to be», est enregistré avec un orchestre de 150 musiciens. Mais c'est un échec commercial et l'idée d'en faire un spectacle est rapidement abandonnée.

Mad Max

Au début des années 80, Johnny troque la tragédie classique pour le futur post-apocalyptique. Du 14 septembre au 11 novembre 1982, il investit le Palais des Sports de Paris pour un spectacle baptisé «Le Survivant», une vision rock de la fin du monde en 1997. 

Le spectacle est inspiré du film de science-fiction de George Miller «Mad Max», sorti trois ans plus tôt. Orages électriques, montagnes de voitures calcinées, zombies surgissant des entrailles ouvertes du plateau, le show utilise les derniers trucages à la mode.

Johnny Hallyday, qui s'est mis au bodybuilding, porte une tenue faite de peaux de bêtes, mais aussi un total look cuir, avec clous et chaînes. Yeux maquillés, nuque longue, il se glisse aussi dans des vestes satinées colorées, à l'esprit plus disco.

L'intello

Nathalie Baye, que Johnny rencontre en 1982, change en profondeur son image, lui conseillant de modifier son apparence et de s'essayer au costume-cravate. Elle convainc Jean-Luc Godard de l'engager dans son film «Détective» (1984), sélectionné au festival de Cannes.

Nathalie Baye influe aussi sur la musique, le mettant en relation avec Michel Berger, qui lui écrit «Quelque chose de Tennessee», en référence à l'écrivain américain Tennessee Williams. Le milieu intellectuel commence à le regarder différemment et l'émission culte «Les enfants du rock» lui consacre un portrait américain.

Le retour aux sources

Les années 1990 sont marquées par le gigantisme de ses concerts, au Parc des Princes et au Stade de France. L'époque est aux vestes en cuir sans manches, tatouages et santiags, chemises et pantalons brillants.

En 2009, Johnny frôle la mort après une opération du dos. Sorti de plusieurs jours de coma, il fait un grand ménage dans son entourage. 

Après un album - raté - de transition piloté par -M-, il assure vouloir tourner définitivement le dos à la «variétoche». Salués par la critique, ses deux derniers albums adoptent un ton résolument blues rock sur des textes mélancoliques évoquant le temps qui passe.

Il renoue également avec deux complices des débuts, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, pour les concerts des «Vieilles Canailles». 

S'inspirant du «Rat Pack», trio réunissant dans les années 50 aux Etats-Unis Frank Sinatra, Dean Martin et Sammy Davis Jr, les trois compères optent pour des costumes classiques et la sobriété du noir et blanc.

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