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Rencontre: Emma, la "féministe du quotidien" qui a révélé la charge mentale
Culture 3 min. 22.12.2017 Cet article est archivé

Rencontre: Emma, la "féministe du quotidien" qui a révélé la charge mentale

Emma, ex-ingénieure désormais illustratrice

Rencontre: Emma, la "féministe du quotidien" qui a révélé la charge mentale

Emma, ex-ingénieure désormais illustratrice
AFP
Culture 3 min. 22.12.2017 Cet article est archivé

Rencontre: Emma, la "féministe du quotidien" qui a révélé la charge mentale

Christelle BRUCKER
Christelle BRUCKER
La petite BD sur la charge mentale, vous vous souvenez? Et bien c'est elle! Rencontre avec Emma, ex-ingénieure qui vient de tout plaquer pour faire du dessin à temps plein.

(ChB avec AFP) - Encore inconnue il y a peu, la dessinatrice Emma a fait un carton cette année avec sa BD sur la charge mentale qui pèse sur les femmes. «Féministe», «révolutionnaire», cette ingénieure de 37 ans veut, avec ses dessins, passer des messages et «bousculer» le quotidien.

Dans son petit loft de la banlieue parisienne, entre bouquins, tasses de café vides et jouets d'enfant, Emma profite de sa «nouvelle vie» devant sa tablette graphique.

Originaire de Troyes et installée à Paris depuis 12 ans, elle vient en effet de plaquer son job d'ingénieure informaticienne pour se consacrer entièrement à la BD et l'écriture: «Je suis hyper privilégiée!»

Un succès fulgurant traduit en plusieurs langues

En mai dernier, Emma publie sur les réseaux sociaux une petite BD consacrée à la charge mentale, ce poids invisible lié à l'organisation du quotidien qui concerne en majeure partie les femmes.

Un succès fulgurant: 210.000 partages, des milliers de commentaires saluant son propos, et des traductions en anglais, allemand, italien ou japonais.

«Je n'avais pas du tout anticipé ça», explique-t-elle, peu après la parution de son deuxième album «Un autre regard 2» (Massot éditions). «Souvent mes dessins sur la maternité, les tâches ménagères marchaient mieux, mais cela restait dans un cercle de personnes plutôt politisées et sensibles à ces questions».

C'est dans un article qu'elle découvre ce concept il y a 6 ans: «C'était fou, enfin des mots matérialisaient quelque chose que je vivais mais que mon compagnon ne comprenait pas». A l'époque, la jeune maman le poste sur internet mais ça ne prend pas.

Le partage des tâches, «un thème universel»  

Il faudra donc «faire un dessin» pour que s'impose dans l'actualité le sujet de l'inégale répartition des tâches domestiques. «Un thème universel», souligne Emma, pas mécontente d'avoir suscité quelques discussions dans les foyers. «J'ai même reçu des messages de femmes indiennes qui me parlaient des chaussettes de leur mec à côté du panier à linge!»

Diplômée d'une école d'ingénieur, évoluant dans un milieu professionnel «profondément masculin», cette «féministe du quotidien» a commencé à poster ses dessins sur un blog en 2016 pendant la contestation de la loi Travail.

«Ce que j'aime c'est faire réfléchir sur notre société, dénoncer les injustices, et bousculer, mais je sais que ces messages sont appréciés tant qu'ils sont sur un support un peu mignon et ludique».

Le dessin n'est pour elle qu'«un vecteur»: «Je ne me considère pas comme une dessinatrice», poursuit Emma, qui n'a jamais pris de cours.

«Je le sais que mes dessins sont moches»

Attaquée pour la qualité des illustrations, elle assume: «Je le sais que mes dessins sont moches. On n'achète pas mes livres parce qu'ils sont beaux mais parce qu'ils sont parlants.»

En cette année «riche pour la cause des femmes», elle a été régulièrement sollicitée pour des interventions et a fait la Une du Monde, mais ne lui dites pas qu'elle est une des féministes de 2017, ça la met «mal à l'aise».


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