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Pour percer à l'étranger, les groupes doivent apprendre à s'exporter: «Venir d'un petit pays, c'est exotique»
Culture 3 min. 20.11.2014 Cet article est archivé

Pour percer à l'étranger, les groupes doivent apprendre à s'exporter: «Venir d'un petit pays, c'est exotique»

Giovanni Trono de Music:LX.

Pour percer à l'étranger, les groupes doivent apprendre à s'exporter: «Venir d'un petit pays, c'est exotique»

Giovanni Trono de Music:LX.
Photo: Gerry Huberty
Culture 3 min. 20.11.2014 Cet article est archivé

Pour percer à l'étranger, les groupes doivent apprendre à s'exporter: «Venir d'un petit pays, c'est exotique»

Music: LX réalise la promotion des musiciens luxembourgeois à l'étranger. Grâce à ce bureau d'export de nombreux artistes commencent à s'y faire un nom. Giovanni Trono, project manager, évoque le parcours du combattant pour percer en terre inconnue: de l'envie au financement en passant par le talent.

INTERVIEW: SOPHIE KIEFFER

Music: LX réalise la promotion des musiciens luxembourgeois à l'étranger. Grâce à ce bureau d'export de nombreux artistes commencent à s'y faire un nom. Giovanni Trono, project manager, évoque le parcours du combattant pour percer en terre inconnue: de l'envie au financement en passant par le talent.

Pourquoi Music: LX choisit de pousser un artiste plutôt qu'un autre sur les marchés étrangers?

Nous observons une sélection naturelle. Tout dépend du niveau des artistes et de leur volonté de s'exporter et de se professionnaliser. Leur niveau est important, car ils seront confrontés à des groupes étrangers au niveau professionnel. Ils doivent pouvoir se démarquer pour sortir du lot. Sans ce potentiel, s'exporter n'a aucun sens. Nous sommes attentifs au retour des professionnels internationaux pour savoir quel groupe a le plus grand potentiel sur leurs marchés.

Est-ce que les professionnels vous contactent pour trouver des groupes ou est-ce vous qui les placez?

Au début, nous l'avons fait. Mais la situation est en train de s'inverser. Nous recevons de plus en plus de demandes de festivals ou de labels. Notre rôle reste compliqué: nous devons travailler de manière pro-active et continuer à contacter les gens. La notoriété d'un groupe à l'étranger joue beaucoup.

Y a-t-il un genre musical plus demandé que les autres?

Je ne pense pas. Le metal et le hardcore sont des scènes indépendantes et actives qui s'organisent entre-elles. Il est facile de les intégrer. C'est plus difficile avec la pop. Il y a beaucoup de groupes et la concurrence est rude.

Comment se passe le financement des tournées ou des déplacements à l'étranger ?

Un groupe qui veut se professionnaliser doit être conscient qu'il va devoir investir de l'argent. Celui-ci peut venir du label – pour les groupes qui en ont un – ou d'une agence de booking. Or il y en a de moins en moins car l'industrie musicale est en crise. Les groupes luxembourgeois disposent de diverses structures d'aide s'ils n'ont pas les moyens : il y a nous, le Focuna, la Sacem, le ministère de la Culture... Sinon, il reste le sponsoring privé ou les donations.

Quel pourcentage de groupes arrive à s'exporter à l'étranger ?

Difficile à dire. Au Luxembourg, il doit y avoir plus de 300 groupes. Cette année, il y avait plus de 70 groupes actifs à l'exportation. C'est beaucoup mais il manque des labels ou des bookers qui se chargeraient de les exporter. Avec la crise du disque, personne ne veut prendre le risque d'investir. Un groupe ne peut pas vivre de notre petit marché. Il est obligé de s'exporter.

Comment la scène musicale luxembourgeoise est-elle perçue à l'étranger?

La perception a changé. En 2011, quand nous avons commencé, les gens s'étonnaient qu'il n'y ait pas que des banques au Luxembourg. A présent, ils nous citent des noms de groupes. L'image s'améliore. Il y a de plus en plus de bons groupes. Cela se remarque à l'extérieur. Venir d'un petit pays n'est pas forcément un handicap. A l'étranger, c'est perçu comme quelque chose de nouveau, d'exotique.


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