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Pedro Almodóvar signe un nouvel hymne aux femmes
Culture 1 3 min. 04.12.2021
Cinéma

Pedro Almodóvar signe un nouvel hymne aux femmes

Janis (Penélope Cruz, à d.) et Ana (Milena Smit) se sont retrouvées autour d’un événement commun, mais pas forcément heureux pour les deux femmes.
Cinéma

Pedro Almodóvar signe un nouvel hymne aux femmes

Janis (Penélope Cruz, à d.) et Ana (Milena Smit) se sont retrouvées autour d’un événement commun, mais pas forcément heureux pour les deux femmes.
Photo: Pathé Films
Culture 1 3 min. 04.12.2021
Cinéma

Pedro Almodóvar signe un nouvel hymne aux femmes

Thierry HICK
Thierry HICK
Le réalisateur madrilène avec «Madres Paraleles» bâtit une passerelle entre le présent et le passé.

Pedro Almodóvar, dans sa longue filmographie, est depuis toujours attiré par la gent féminine. Avec Madres Paralelas, le cinéaste espagnol franchit une nouvelle étape et confirme l’éternelle imprévisibilité de ses propos.

La photographe Janis, la quarantaine, partage sa chambre d’hôpital avec Ana, une jeune adolescente. Toutes deux sont sur le point d’accoucher. Janis a eu une relation passagère avec Arturo, un anthropologue; Ana a été violée par un groupe d’ados. Les deux femmes ont un vécu distinct, et pourtant aujourd'hui elles partagent une aventure commune: être deux mères parallèles et célibataires. Après l’heureux événement, elles se perdent de vue. 

La magie Almodóvar

Dès les premiers instants, la magie Almodóvar opère. En à peine cinq minutes, le décor est planté et les personnages présentés. S’ensuit alors la narration de la vie des deux femmes. Le cinéaste explique, documente, dresse les portraits respectifs de ces deux femmes. Son regard est sans heurts, d’une infinie bienveillance et d’une tendresse, soumise à toutes les épreuves de la vie. 

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Pedro Almodóvar affiche un respect infaillible et n'essaie en rien d’enjoliver des situations parallèles et souvent compliquées. La quadragénaire plaquée par le père de sa fille d’une part, l’adolescente violée et délaissée par sa famille déchirée d’autre part, finissent par se retrouver et s’aimer. Jusqu'au jour où l’impensable devient réalité. Le choc est brutal, sans appel pour Janis et Ana.

La caméra d'Almodóvar observe et reste un témoin privilégié. La richesse des détails mis en lumière, l’angle des prises de vue, le rythme, la finesse des dialogues sont savamment dosés pour assurer la nécessaire empathie avec les deux protagonistes. Aucune exagération des traits ne vient troubler les portraits de Janis et d'Ana. 

Retrouvailles avec Penélope Cruz 

Pedro Almodóvar réussit avec brio à confier tous ses rôles à des femmes d’âge mûr et de conditions différentes. Et comme d’habitude le réalisateur madrilène confie les rênes de son drame à son actrice fétiche, Penélope Cruz, qui ici, dans la peau de Janis est criante de vérité. 

A ses côtés, la jeune actrice espagnole Milena Smit, qui avec son personnage d’Ana, forme un contrepoint plus que judicieux à la tête d’affiche. Cette égalité obtenue illumine le film. 

Un seul homme parvient à se démarquer et à finalement prendre en main le flux de la narration réservé aux dames: Arturo, campé par Israel Elejade, jusque-là le père ingrat, ouvre la porte au deuxième chapitre de «Madres Paralelas». 

Le passé franquiste de l'Espagne refait surface.
Le passé franquiste de l'Espagne refait surface.
Photo: Pathé Films

Une page sombre de l'histoire espagnole 

Alors que Janis et Ana sont deux femmes des temps bien présents en quête d’identité et de sens à donner à leurs vies respectives, Pedro Almodóvar aborde sans détour une page sombre de l’histoire de son pays, l’Espagne. Le passé franquiste est aujourd'hui encore une plaie béante pour de nombreux Espagnols. 


Clint Eastwood à pleurer dans «Cry macho»
L’histoire est banale, sa mise en images reste bancale. Clint Eastwood (40 films réalisés) met en scène Clint Eastwood (90 rôles joués) sauf que le résultat est décevant.

Le réalisateur se penche sur les charniers humains qui n’ont pas encore livré leurs secrets. Et donne la parole à Arturo, qui va organiser l’excavation de la tombe commune proche du village d’enfance de Janis. Ce deuxième sujet, amorcé au début dans un premier temps avant de conclure Madres Paraleles, vient s’incruster dans l’histoire de ces deux mères. 

Loin d’un collage fortuit, cette juxtaposition thématique et judicieuse donne encore plus de relief et de profondeur aux personnages principaux et secondaires, que le réalisateur, avec toute la retenue nécessaire, accompagne jusque dans les moindres recoins de leur âme. Une réussite sur toute la ligne. 

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